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Gentle13

 

Nouveau blog, nouvelle idée. Un blog qui résumera l'ensemble des personnages et des sites auxquels je me suis référé pour mon blog passion poésie. Sur se site je décrirais en détail si du moins j'ai toutes les informations sous la main, la vie, les œuvres des poètes et écrivains présentaient sur passionpoésie. D'abord je commencerais par les sources sans toutefois dévoiler la totalité des renseignements qui me sert à créer mes articles, eh ! Oui autrement mon blog n'aurait plus lieu d'être.

 

PassionPoésie

 
Lundi 19 mai 2008
Un deuxième livre pour la route histoire de ne pas rester sur sa faim littéraire, j'arrête là pour ne pas non plus vous donner une indigestion même si la lecture est un plaisir, voire une passion.
Amicalement
Gentle13


Fulgurante Résine


Dans une poésie du regard porté sur cette terre languedocienne et du Larzac, aux paysages faits de rugosités, d’âpreté, de pierres indissociables, de torrents tortueux, Claude Albarède nous invite à la lecture d’un recueil où il écrit la signifiance de ces paysages. Nous y sentons la chaleur, l’aridité, l’odeur des pins, etc. Son écriture est à la mesure de cette terre :


Même en brûlant les pierres
ne devineront pas
le secret du silence

Ni source ni lumière

Mais l’ossuaire
de l’immortel

On en retire une sensation forte d’intensité féconde, comme si cette poésie traduisait l’énergie vitale qui sourd de la roche, de la terre et des arbres. On se frotte les yeux, a-t-on bien lu ? Mais oui ! Le mirage continue et s’amplifie. Nous y sommes, nous ne faisons plus qu’un avec ce que dit la poésie.


Rythme entier d’un torrent
dans le chaos qui l’exprime
avec l’effacement des sources
malgré la soif incrustée

Contre l’été le torrent se travaille
comme s’il était promis à renaître !

Claude Albarède nous fait partager ce qu’il entend, ce qu’il sent, ce qu’il ressent en faisant image signifiante de ce qu’il perçoit et nous y croyons, nous le voyons, le sentons, le ressentons. Merveilleux voyage que cette lecture de Fulgurante Résine avec des photos de Gaetano Amalfi. Les photos résonnent magnifiquement avec cette écriture. Le livre refermé, le regard reste tourné vers la mémoire de ce qui a été lu.

 












Editions des Vanneaux





par gentle13 publié dans : anthologie
Lundi 19 mai 2008
Je vous conseille vivement ce livre que je viens de découvrir sur le net, vous allez comprendre pourquoi en lisant l'article. L'humour est là, dans ces quelques lignes, cela mérite une petite halte dans l'univer Serge Wellens.
Bien à vous
Gentle13

Serge Wellens 
Poète, né en 1927 à Aulnay-sous-Bois (Seine Saint-Denis) de parents artistes de cirque, Serge Wellens fut libraire, et lié d’amitié dans les années 50 avec les poètes de l’École de Rochefort (Cadou, Manoll, Bérimont, Rousselot…). Il vit depuis plusieurs années près de La Rochelle.

C’est avec plaisir que je viens chroniquer un livre sur l’écriture de Serge Wellens qui, pour moi, est un poète important. Né d’un père qui exerçait le métier d’homme aquarium – en habit de soirée, armé d’une minuscule épuisette, il pêchait et avalait de nombreux poissons rouges, vidait une trentaine de chopes de whisky, et soudain agacé par la musique, entamait d’un grand coup de dents le disque qui tournait sur le phonographe, enfin, après avoir bu d’un trait un grand verre de pétrole, il crachait, au lieu du feu attendu, les poissons qui réapparaissaient dans l’épuisette, puis dans l’aquarium – et d’une mère (Miss Diana) qui jouait de la mandoline ou de l’éventail à sept mètres de hauteur, sur une chaise en équilibre dont les deux pieds arrière plantés dans des goulots de bouteilles tenaient sur une barre aplatie et légèrement creusée d’un « trapèza Washington » comme sur un fil de funambule. Tout cela ne s’invente pas. C’est de l’extraordinaire au quotidien.
François Huglo nous retrace le parcours de Serge Wellens, ses débuts dans l’écriture, ses rencontres et ses amitiés. Puis nous analyse sa poésie.
L’écriture de Serge Wellens est simple et forte à la fois, car toujours pertinente pour le lecteur :


C’est toujours derrière la porte
que le poème a lieu
et l’on ne sait jamais
qui de la porte ou de
celui qui l’interroge
est condamné

Ou encore ceci :


L’homme libre est libre d’être libre
entre les murs de sa prison

Comme on peut le lire, l’humour de Serge Wellens est puissant sans être trivial, il vient appuyer des questionnements importants.

Dans ce livre, on retrouve des écrits de poètes lecteurs de Serge Wellens : Jean Rousselot, Serge Brindeau, André Doms, Pierre Garnier, Pascal Commère et Monique W. Labidoire ; qui tous apportent leur regard sur l’écriture. S’en suit un florilège de la poésie de Serge Wellens couvrant la période de 1952 à 2006.
Un petit dernier pour vous donner envie de lire ce poète et découvrir qui il est :


Quand l’araignée sut qu’elle allait mourir, l’hiver
étant venu, elle invoqua le dieu des araignées.

« Seigneur, dit-elle, je vais paraître devant toi. Or, ce
qui m’attend ne m’inquiète guère. Je t’ai toujours servi avec
humilité. Tes ennemis furent les miens. Que les mouches
broyées en ton honneur me soient comptées… »

Et l’araignée mourut. Elle vit Dieu. C’était une
mouche.

Gilbert Desmée 
(19/05/08)    












Editions des Vanneaux






par gentle13 publié dans : anthologie
Mardi 13 mai 2008
Je pense, si je ne m'ause , vous avoir déjà parlé de cet auteur. Si ce n'est pas le cas nous le découvrons ensemble dans le cas contraire je reviens vers cet homme avec ce roman qui nous fait voyager dans le temps à la rencontre d'un homme dont le nom est surtout associé à sa femme...
Amitié
Gentle13
Jean TEULÉ

Le Montespan



La Montespan, on connaît. Elle a laissé dans l’histoire une trace en double teinte, brillante et sombre ; favorite de Louis XIV, entre la duchesse de La Vallière et la marquise de Maintenon, mêlée à l’affaire des poisons et autres messes noires…
Mais "Le Montespan" ? Qui était-il ?
Jean Teulé nous entraîne avec bonheur au XVIIe siècle pour partager avec Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, la jalousie d’un homme fou d’amour pour sa femme et de colère contre son roi.

Le roman s’ouvre sur la rencontre fortuite en 1663 de Françoise de Rochechouart – qui choisit de changer de prénom : « Pour sacrifier à la mode de l’Antiquité, qui est le dernier chic, je me ferais bien appeler Athénaïs » – et du marquis de Montespan. Ils se marient tout de suite et le début de leur relation commune n’est qu’amour fou et galipettes en tous lieux.
Le style de Jean Teulé ne cherche pas à singer la langue du XVIIe et les expressions sont parfois crues, directes ou imagées.
« Le mari, d’un mouvement de nuque, prend de l’élan pour plonger un baiser profond dans le sexe de sa femme, mais elle lui bloque le front avec ses paumes et le prévient qu’elle a ses règles :
- Le cardinal loge à la motte ! 
»

Seulement, l’amour et l’eau fraîche ne suffisent pas longtemps à la belle Athénaïs qui rêve d’argent et de luxe.
Le marquis, dont la famille est ruinée et en disgrâce, ne voit d’autre issue que la carrière militaire. « - C’est le seul moyen de s’en sortir puisque les aristocrates n’ont pas le droit de travailler et que les affaires, le commerce intérieur, nous sont interdits. »
Malheureusement, sa campagne en Lorraine ne lui apporte ni argent ni honneur et les dettes ne font que croître.
Un deuxième essai en Algérie n’est guère plus concluant et il manque y laisser la vie.
Athénaïs ne supporte plus le petit logement et la vie de mère de famille (Marie-Christine est née en 1663 et Louis-Antoine en 1665).
Alors, bien sûr, lorsque la duchesse de Montausier lui propose de devenir dame d’honneur de la reine, elle n'hésite pas longtemps.
Et de la chambre de la reine, la belle Athénaïs bascule vite dans le lit du roi…

Beaucoup d’hommes envient le sort qui pourrait être celui du Marquis s’il acceptait la situation.
« - Il y a quatre ans que vous avez été unis par les liens du mariage et vous aimez encore votre épouse ? Si je puis me permettre, votre poissonnier éprouve le même penchant pour la sienne. Mais vous, monsieur, vous êtes marquis ! »
« Le prince de Soubise a montré une autre élégance et pourtant lui aussi, au début, rechignait quand Louis posa les yeux sur sa femme. […] Il transforma en corne d’abondance les cornes de la honte. »

Mais le mari jaloux ne l’entend pas de cette oreille et Jean Teulé raconte avec un ton vif et épique tout ce que le cocu entreprend pour reconquérir sa belle. Insolence, provocations, supplications, interventions impromptues à Saint-Germain-en-Laye ou Versailles avec un carrosse peint en noir et orné de superbes bois de cerfs. Tous les coups sont permis pour mener son combat…
Le roi s’en irrite : «  - Eh bien quoi, je baise sa femme ! Que pourrais-je faire de plus pour lui ? »

Roman historique, roman d’amour et d’humour, une lecture passionnante et hors des chemins battus. Pour une fois, le héros n’est pas le roi ou sa maîtresse mais le mari bafoué qui conteste certaines règles de la monarchie absolue. Un citoyen qui ne se contente pas d’être un sujet… Où va-t-on ?    












Editions Julliard







Jean Teulé


Cliquer ici
pour voir en video
une présentation du livre
par l'auteur
sur le site de l'éditeur.

par gentle13 publié dans : anthologie
Mardi 13 mai 2008
Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée.  Je vous remercie de me suivre chaque jours qui passe dans cette aventure "littéraire et poétique" dans laquelle je me suis lancé il y a quelque temps, tous vos commentaires m'encourage à continuer ce voyage poétique, ce voyage au pays du livres, des vers et de la rime.
Amicalement
Gentle13





Pascal ALLARD

L'arbre à soi



Voilà un livre étrange qui, hors des sentiers battus, nous entraîne au cœur de la forêt amazonienne pour une expérience d’écriture peu ordinaire.

Pascal Allard, auteur d’un premier roman intitulé Les Amériques (Castor Astral, 2003) met en scène un personnage prénommé Pascal auteur d’un roman intitulé Les Amériques. Toute ressemblance est évidemment fortuite.
Pour ce livre, Pascal est invité au Salon du Livre de Guyane. C’est l’occasion d’une peinture amusante de la faune littéraire qui partage avec lui l’honneur de participer à cette manifestation. Voyage et Salon vus de l’intérieur par un participant. Ses espoirs, ses déboires…

« Au fond, ce Salon du Livre pourrait peut-être me permettre de récupérer tout le sommeil en retard, me dis-je au réveil. II était dix-huit heures. Trop tard maintenant pour y retourner. De toute façon, il n'y avait sans doute plus personne. Quant à aller manger, je n'y tenais pas trop. J'allumai la télévision. On en était au journal régional et le sujet du jour, c'était justement le Salon du Livre. Le reportage montrait la grande tente et la foule dans les allées. Les queues s'allongeaient devant chaque table. Je vis tous mes collègues, l'air ravi, signant à tour de bras, distribuant caresses aux petits enfants, bisous aux grands-mères. Je me demandai quand avaient pu être prises ces images, moi qui n'avais jamais vu personne dans les allées. À l'heure où je dormais ? Et tout à coup, je vis mon nom posé sur ma petite table. Il n'y avait personne. Pas d'écrivain. Pas de public. Des piles d'Amériques abandonnées, comme un continent oublié. L’image sembla se figer une éternité sur le téléviseur.
Je coupai le poste et mis mes chaussures. Puis je descendis pour aller me noyer. »

A l’occasion d’une excursion, tous les écrivains de premiers romans sont capturés par un commando armé et conduits en bateau au cœur de la forêt vierge…
Qui est à l’origine de cet enlèvement et quel en est le motif ? Les hypothèses vont bon train autour des demandes de rançon et des revendications politiques ou écologiques…
C’est l’occasion de confronter les comportements de chacun (et chacune) dans cette périlleuse situation.

Sans tout révéler du roman, on peut dire que l’écriture elle-même est au cœur de l’histoire et que Pascal, comme le lecteur, va de surprise en surprise.

Un livre drôle et captivant, à la fois satire et roman d’aventure, porté par une véritable passion pour la lecture et l’écriture.

Serge Cabrol 
(25/01/08)    










Le Castor Astral









Pascal Allard,
né en 1951,
vit à Lille, où il est Conseiller pour le Livre auprès du Ministère
de la Culture.
Son premier roman,
Les Amériques, a paru au Castor Astral en 2003.






par gentle13 publié dans : anthologie
Lundi 5 mai 2008
Pour suivre les traces d’Emily Dickinson, il fallait un magicien du verbe et Christian Bobin a rempli parfaitement sa mission.
Emily Dickinson : Car l’adieu c’est la nuit
Emily Dickinson : Car l’adieu c’est la nuit
Editions Nrf

Gallimard nous propose dans son élégante collection « L’un et l’Autre » un ouvrage de Christian Bobin, que je qualifie de miraculeux : La Dame Blanche.



Christian Bobin : La Dame Blanche
Christian Bobin : La Dame Blanche

Emily Dickinson : Car l’adieu c’est la nuit
Editions Nrf

En effet, comment décrire au public une jeune femme qui, peu à peu, se métamorphose en apparition de plus en plus diaphane ?

Saisir l’instant, depuis ce 10 décembre 1830 à Amherst (Massachussetts) où Emily, fille d’Edward Dickinson, homme de loi et d’Emily Norcross, jette à la face du monde, son premier cri, jusqu’à ce matin du 15 mai 1886, où la poétesse, telle une fleur de lys, rend son dernier soupir dans sa ville natale.

Aucun habitant d’Amherst n’avait croisé la poétesse depuis vingt cinq ans. Sa disparition prit alors des airs de légende. La mort avait retrouvé la trace de celle qui marchait vers la transparence depuis un quart de siècle. Sa silhouette ne put retenir la moindre poussière d’ombre, même le médecin, venu constater le décès, dut rédiger son acte sur le seuil de la chambre d’où il apercevait une _ forme immaculée qui reposait sur un lit.

"quand ce sera mon tour de recevoir une couronne mortuaire, je veux un bouton d’or". Comme une réponse de la nature au désir d’Emily, le pré derrière la maison accueillait une foule vibrante de taches d’or, accourues des quatre coins du cœur.

Pour son ultime voyage terrestre, elle passa de sa table d’écriture à sa tombe, (située derrière la maison), respectant ainsi jusqu’au bout, son vœu de ne pas quitter sa demeure. Elle avait cinquante cinq ans... mais doit-on, peut-on donner un âge à une poétesse qui s’entretint durant toute son existence avec l’éternité ?

Christian Bobin, nous emporte , nous éblouit, nous éclabousse de sa plume, si légère et si dense, si tendre et si profonde. Chaque phrase devient une découverte, une surprise, une pépite et devant nos yeux ébahis, se dresse une fine silhouette, jeune et frêle qui va, tout au long de l’ouvrage nous entraîner dans un monde si humain et si sensible, que vous ne pourrez plus jamais percevoir la société du XXIe siècle avec le même œil.

Il existe une magie qui vous prend la main et vous mène face à une existence si particulière, qu’elle ressemble à un personnage venu d’un autre âge, d’un autre monde... et pourtant, Emily est et demeure tellement humaine qu’elle vous entre dans le corps, comme la beauté dévore vos sens. Avec ce livre indispensable, je dis bien indispensable, Christian Bobin, nous permet d’être dans l’intimité d’un génie presque effacé par les hommes.

Au fil des pages, nous apprenons l’alphabet de la passion et l’écriture admirable du ciel. Il y a tant de mystères qui nous entourent, tant de questions suspendues à nos lèvres, tant de soifs accrochées à notre curiosité qu’ouvrir ce livre, c’est pousser le cercle d’or qui pulvérise nos peurs et nous offre le chemin qui mène doucement à notre vérité...

"Son jardin est sa seule église. Elle ne s’embarrasse pas de théologie : elle voit la brise maternellement passer sa main fraîche sur le front enfiévré des roses, et elle en conclut ce que n’auraient jamais conclu les docteurs de l’Eglise confits dans leur prudente érudition : « l’amour que Dieu nous porte n’est pas semblable à celui des ours. » L’auteur d’un manuel sur les fleurs d’Amérique du Nord parle avec la même ardeur de l’innocence des ronces et de la sauvagerie du ciel où personne n’entre de son vivant. L’enthousiasme de ce jardinier visionnaire la séduit. « Quand j’étais petite et que les fleurs mouraient, j’ouvrais le livre du docteur Hitchcock. Cela me consolait de leur absence et m’assurait qu’elles vivaient encore. » Les pissenlits - avec leurs caravanes solaires arrêtées partout dans les prés - sont ses fleurs préférées. Elle cueille un trèfle sur la tombe de son père et le met à sécher dans la Bible, sur ce passage de l’Epitre aux Hébreux : « la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. »

Depuis l’enfance - jusqu’à son séjour chez Mary Lyon - Emily cueille les fleurs qui rêvent dans les bois et les collines autour d’ Amherst. Elle les baptise de leur nom latin puis les couche sous une couverture de papier cristal, dans le dortoir de son herbier où dorment bientôt plus de quatre cents religieuses décolorées d’un autre monde : plusieurs fleurs sur chaque page encadrent la majesté d’une fleur centrale, leurs pétales à peine froissés et leurs tiges maintenues par de luisants papiers collés. En attente de l’époustouflant soleil de la résurrection, elles se souviennent des lumineux souffles de leur ancienne vie. »"

 

Je ne peux que conseiller aux lecteurs qui viennent de rencontrer la Dame Blanche, d’entrer dans son monde si proche et si lointain de nos cœurs, en se procurant Car l’adieu c’est la nuit (ce titre est emprunté au poème 586 d’Emily lorsqu’elle connut une période d’intense créativité) (1858 à 1865) recueil dense, qui vous fera partager un quotidien que la poésie métamorphose en fragments d’univers en passerelles jetées entre deux mondes, entre le concret et le spirituel !...

Découvrez sans plus attendre ces pages blotties au fond d’un tiroir qui viennent de prendre leur essor... et de goûter au plaisir de l’espace où vous les attendiez...

" Je ne l’ai pas encore dit à mon jardin -
De peur d’y succomber.
Je n’ai pas tout à fait la force à présent
De l’apprendre à l’Abeille -

Je ne le nommerai pas dans la rue
Les boutiques me dévisageraient -
Qu’un être si timide - si ignorant
Ait l’aplomb de mourir.

Les collines ne doivent pas le savoir -
Où j’ai tant vagabondé -
Ni révéler aux forêts aimantes
Le jour où je m’en irai -

Ni le balbutier à table -
Ni sans réfléchir, au passage
Suggérer que dans l’Enigme
Quelqu’un en ce jour marchera"

(Poème page 41)

"Je serais peut-être plus seule
Sans la solitude -
Tant je me suis faite à mon Sort -
L’Autre - la Quiétude -

Pourrait rompre la Ténèbre -
Encombre la petite Chambre -
Trop étriquée - de loin - pour contenir
Le Sacrement - de Sa Personne -

L’Espoir m’est étranger -
Il pourrait déranger -
Son doux cortège - profaner le lieu -
A la souffrance consacré -

Il est peut-être plus facile
De faillir - la Terre en Vue -
Que de gagner - ma Bleue Péninsule -
Pour y périr - de Volupté - "

(Poème page 161)

"Le Cerveau - est plus spacieux que le Ciel -
Car - mettez-les côte à côte -
L’un contiendra l’autre sans peine -
Et Vous - de surcroît -

Le Cerveau est plus profond que la mer -
Car - tenez-les - Bleu contre Bleu -
L’un absorbera l’autre -
Comme l’Eponge - l’eau du Seau -

Le Cerveau a le poids exact de Dieu -
Car - Pesez-les - Once pour Once -
S’ils diffèrent - ce sera comme
Le Syllabe et le Son -"


par gentle13 publié dans : anthologie
 

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