Amicalement
Armando
Soudain dans la forêt profonde
lundi 4 décembre 2006.
Un village si terrifiant que même les animaux l’ont déserté... Jusqu’au jour où une petite fille et un petit garçon décident de pénétrer dans la forêt à la recherche des disparus...
Fable sur la tolérance et la paix, ce conte nous interroge sur notre regard envers autrui et ses différence ; Accepte-on vraiment l’autre ou n’essayons-nous pas de gommer ses différences en le faisant rentrer dans le ’rang’ de la bienséance ?
Un histoire à méditer en ces temps troublés...
Gentle13
Le monde sans les enfants...
lundi 4 décembre 2006.
Philippe Claudel nous revient cet automne avec un ouvrage que l’on aurait pas vraiment attendu de lui - toujours si précis et si terrien - un livre de contes ; Et dans ce genre inattendu de sa part, il excelle à nouveau.
Oh bien sûr, ces contes ne sont pas toujours de véritables contes pour enfants...quoique les enfants ont bien changé, nous fait-il malicieusement et tristement remarquer avec Le dur métier de fée.
Au fil pages de ces contes, on est tour à tour amusé, bouleversé...avec une mention spéciale pour Le petit voisin, Jaimé et l’exceptionnel La petite fille à la bulle mais - quel que soit le thème - l’émotion - elle - est toujours présente.
Le sens aigu de l’observation de P.Claudel lui permet également - à travers - le monde doux-amer des contes, de mettre le doigt sur les dérives et les errements de notre époque.
Une grande réussite, un très beau moment de lectures à offrir et à s’offrir.
Philippe Claudel, Le monde sans les enfants, Editions Stock -
Nouveauté sur le panaorama du livre un site exemplaire pour les littéraires et les poètes. N'hésitez pas à vous s'y rendre vous ne serez pas déçus du voyage.
ArmandoLe Basilic et la Turquoise : Botticelli, vivre Ou l’alchimie de la passion
mardi 5 décembre 2006.
Je pourrais presque dire que l’auteur revient peu à peu à la source même de la poésie. Ses mots dénudent nos clichés, bouleversent nos habitudes. Olympia Alberti ouvre nos yeux. Nous entrons dans la vie, la véritable, celle dont le chant s’accomplit dans le cœur, tel un émerveillement sans cesse recommencé. Oui, la beauté existe sur cette planète, elle est en chacun de nous, impatiente, pressée de nous prendre par la main, car nous cherchons de l’autre côté du monde ce qui anime nos destins et qui palpite si près de nos lèvres !
Le coup de génie d’Olympia est de nous avoir transportés au XVème siècle, dans une famille modeste pour assister à la naissance de Sandro di Mariano Filipapi Botticelli (dit Sandro) et de nous permettre de suivre au-delà des chemins battus, la vie intérieure de cet artiste qui fut à la fois peintre, dessinateur et graveur.
C’est alors que l’auteur nous révèle toute sa palette. Son écriture nous élève jusqu’au sommet des jours où l’écorce du monde caresse la lumière.
Nous apprenons que le père de Sandro est tanneur. Ce métier rude et ingrat subjugue notre futur artiste. Des mains de ce père qu’il admire, jaillissent l’immortalité. Ces peaux vouées à la pourriture, à la disparition sordide se transforment, presque par magie, en gardiens des mots superbes et merveilleux qui peuvent se moquer de la cruauté du temps.
Les gestes de l’ouvrier se métamorphosent en une danse mystérieuse où le tanneur devient alchimiste, qui grave l’éternel sur les pages des hommes. Pour Sandro, c’est un ravissement qui entre dans sa chair et qui l’accompagnera toute son existence, comme une odeur qui joue dans la forêt des rêves.
Nous suivons alors Sandro qui s’ouvre peu à peu à la vie et à ce monde qui l’entoure. On devine déjà les lignes de force qui, bien qu’au seuil de l’adolescence, esquissent déjà le paysage et le sentier de l’artiste futur.
Olympia nous parle de ce qui bat au plus profond de cet être exceptionnel : la Création. Nourrie du passé, elle sculpte le présent sans perdre de vue l’avenir. Elle est à la fois l’innocence et le tourment, la confiance et le piège, l’écho de nos cris et le souffle pur de l’âme.
Cet ouvrage représente l’alphabet de la passion où l’on devine, au-delà des insomnies, le chant, à peine voilé, de l’aurore d’une œuvre qui prend, peu à peu, la mesure de son créateur. Le silence demeure dans l’ombre de nos voix, mais il contient le germe du Verbe, toujours à naître. Au-delà d’un simple biographie, Olympia Alberti pose clairement la question qui hante tous les artistes : La création est-elle un tourment ? une lumière ? les deux à la fois ? Mais qui parle de l’acte créateur, ne peut éviter le divin. A-t-on le droit, le pouvoir de négliger les dons reçus à la naissance et qui se révèlent pas à pas au cours de premières années ? Doit-on accepter le doute et son cortège d’ailes noires ? Faut-il offrir au monde sa nudité intérieure pour que sa vision porte le visage de la lumière ? La peinture devient alors chair, mouvement, écho de cette respiration qu’impose le don de soi. Pour ce livre sensible et profond, Olympia a trempé sa plume dans l’artère du Verbe.
Ces mots sont de véritables êtres vivants, qui nous parlent et nous entraînent bien au-delà d’une littérature banale. Nous sommes en présence d’un « Maître-Livre » où tous les sentiments touchent le lecteur jusqu’au fond de l’âme, car chaque phrase frôle et parfois bouscule... nous sommes face à la Création, car le talent de l’écrivain est de pousser celui qui tourne les pages, sur le devant de la scène et de lui dire, mot après mot ce qui traverse l’artiste pour atteindre la vision de l’œuvre que lui murmure l’ange et que ses mains tentent, en vain, de reproduire !
Ajoutons que cet ouvrage est magistralement illustré par des calligraphies et aquarelles de Colette Ottmann. Cette collaboration prolonge notre plaisir tout en nous maintenant sous le charme de l’écriture et de la couleur. Avec cet ouvrage, vous allez découvrir les mots secrets de la vie, mots qui tressent l’amour en échelle d’âme pour atteindre le coeur ! A offrir et à découvrir, absolument !
"Il prend conscience que pour faire signe, il faut voir, recevoir et donner, consentir à l’empreinte du pas résilié d’or. L’âme ne travaille t-elle pas l’être, comme un levain, jusqu’au visage ? Ne devient-on pas ce que l’on éprouve ? Il voudrait tellement mériter la vision, enfin, le frôlement dense et chuchotant, près de sa joue, il voudrait encore et encore ce froissement si proche de son oreille qu’il éprouve alors la sensation que cela nait à l’intérieur de lui-même. Va-t-il bientôt traduire en triomphe pour le regard cette suffocation de tourterelle, près de son cœur ? Il veut rendre la beauté, en la gardant - et il ne faut rien garder : il sait que là est la souffrance. Lâcher prise, lâcher, la donner toute. Ainsi ne serait-elle pas un peu à lui ? S’il pouvait devenir le geste pur de ce qu’il pressent, transmuer cette énergie d’amour en harmonie, faire lever des aurores dans des vies en prison, il ferait là œuvre de ... poète. Il faudrait des siècles pour le lire, il serait inépuisable, comme un livre d’aube..."
Gentle13
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| Achet�s pour un prix tr�s modeste, je les lis avec curiosit� d'abord, int�r�t ensuite et je me prends � aimer Un certain Plume ou les dessins d'Arbres des Tropiques. C'est dix ans plus tard qu'� l'occasion de l'exposition Henri Michaux �uvres choisies 1927-1984 au Mus�e Cantini � Marseille, que je rencontre pour la premi�re fois sa peinture. C'est une v�ritable r�v�lation ! D�s lors, ma passion pour Henri Michaux n'a cess� de s'entretenir � la lecture de ses po�mes, � la contemplation de ses peintures, fonds noirs, encres, acryliques ou dessins mescaliniens... Puis l'id�e d'un site consacr� � Henri Michaux prends corps en moi. Sur le Web, s'il existe bien des pages le concernant, il n'y a rien pour le moment qui recense ses �uvres litt�raires ou picturales. L'envie de partager ma passion me fait avancer rapidement et en septembre 2002, je franchis le pas et cr�e un site enti�rement consacr� � Henri Michaux : www.henri-michaux.net Malheureusement, je mets la charrue avant les b�ufs : au lieu de me renseigner aupr�s des ayants-droits, des �diteurs, pour avoir les autorisations n�cessaires, je cr�e ce site et je demande, apr�s, les autorisations... Je ne m'�tonne pas trop de recevoir un refus poli des �ditions Gallimard pour mettre maquettes des livres, tables des mati�res, etc. et encore moins des ayants-droits me demandant de faire en sorte que ce site, qui est tr�s personnel, ne puisse pas appara�tre comme un site officiel... qui va peut-�tre voir le jour bient�t. Le site www.henri-michaux.net dispara�t donc au profit de ces pages enti�rement consacr�es � Henri Michaux sur mon site personnel de g�n�alogie www.boutin-jl.net Je n'ai aucune autre pr�tention que de faire partager cette passion pour Henri Michaux, �crivain peintre. |
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Biographie(s)
Acteur français. Au long d'une carrière commencée en 1930, il avait tourné sous la direction de cinéastes aussi divers que Max Ophuls, Alfred Hitchcock, Jean Delannoy, Jean Cocteau, Abel Gance ou Raoul Ruiz. Figure majeure de Saint-Germain-des-Prés dans les années d'après-guerre, il était devenu dans ses dernières années jardinier et poète. Après avoir étudié au cours Simon puis dans la classe de Louis Jouvet au conservatoire, Daniel Gélin fait ses débuts au cinéma dans Miquette et sa mère, de Jean Boyer, en 1939, il a alors 18 ans. Au fil des années il sait préserver cette impression d'extrême jeunesse. On le voit dans L'Assassin habite au 21, d'Henri-Georges Clouzot, mais c'est Rendez-vous de juillet, de Jacques Becker, qui fait de lui le jeune premier de l'après-guerre. Il y a pour partenaire Danièle Delorme, qu'il épouse et avec qui il partage l'affiche à plusieurs reprises. Le comédien se fait réalisateur (une expérience qui restera unique) pour Les Dents longues, un film sur le journalisme qui réunit le couple. Il retrouve Becker pour Edouard et Caroline, et tourne un des tableaux de La Ronde d'Ophuls aux côtés de Danièle Darrieux ; alors qu'ils n'ont que quatre ans de différence, il incarne toujours, en 1950, le très jeune homme confronté à une femme expérimentée. Dans ces années, il tient son rang dans le milieu germanopratin, une époque qu'il a évoquée dans son album Comme on s'aimait à Saint-Germain-des-Prés, égrenant ses souvenirs de Gréco, Vian ou Sartre. Il joue d'ailleurs le rôle de Barine dans l'adaptation des Mains sales pour le cinéma. Son statut de jeune premier l'amène à jouer dans des films aussi variés que les grandes fresques historiques de Guitry (Si Versailles m'était conté, Napoléon, dans lequel il incarne Bonaparte) de nombreuses productions italiennes, des polars à la française, sous la direction de Gilles Grangier ou Denys de La Patellière. En 1956, il joue dans la seconde version de L'Homme qui en savait trop, que réalise Alfred Hitchcock. Il participe à plusieurs superproductions internationales des années 1960, Le Jour le plus long, de Ken Annakin, produit par Daryl Zanuck ou Paris brûle-t-il ? de René Clément. Alors qu'il a participé au Testament d'Orphée, de Cocteau, l'un des parrains de la nouvelle vague, il reste à l'écart de l'émergence de ce mouvement, se contentant d'une collaboration avec Claude Chabrol pour La Ligne de démarcation. En 1965, il incarne le mari de Micheline Presles dans la série télévisée Les Saintes Chéries, récemment rééditée en DVD, parfait écho de la prospérité des « trente glorieuses ». Ce rôle lui redonne, tout comme à sa partenaire, une popularité qui rappelle celle de l'immédiat après-guerre. La suite de sa carrière suit un cours vagabond, partagée entre films commerciaux comme Les Marmottes d'Elie Chouraqui et des collaborations amicales, apparition dans La Cité de la peur, avec l'équipe des Nuls de Canal+ ou dans Coup de jeune de son fils Xavier Gélin, récemment disparu. Il était également le père du comédien et réalisateur Manuel Gélin ainsi que des actrices Maria Schneider et Fiona Gélin. Daniel Gélin avait également publié plusieurs recueils de poésie, des souvenirs (A bâtons rompus) et un manuel de jardinage. Il est décédé à Paris, en France le 29 novembre 2002 à l'âge de 81 ans.
Ce nouveau statut lui permit de converser avec des heures nouvelles et libérées. Le cadran semblait plus vaste et la pensée, tel un papillon survolant une armée de bleuets et de coquelicots, put investir tout à son aise les fleurs de son choix.
Cette respiration permit à l’artiste d’approcher les mots par le « côté jardin » ! Sa fille Lydie nous confie dans sa préface qu’avec l’âge, Daniel « aimait de plus en plus les mots écrits et lus ». Le comédien passa de la scène à la plume, des textes conquis par la voix, au silence de l’encre qui s’épanouit sur la feuille blanche.
Dès les premiers vers, le lecteur sent la marche des mots. Le comédien a légué au poète le rythme de la phrase... La respiration de l’image... Le geste silencieux du soupir... La sensibilité de l’artiste a poursuivi le chemin, sans cesse recommencé, de la création...
Ce recueil est un véritable journal intime qui nous fait pénétrer dans le « jardin secret » de celui que nous pensions avoir reconnu. Les mots de Daniel Gélin ont eux aussi plusieurs visages et nous pouvons relire 10 ou 20 fois un poème, il ne sera jamais tout à fait le même. En nous échappant, il nous permet de nous trouver. Ces poèmes ont un parfum de mirage qui envoûte le lecteur au-delà du labyrinthe espiègle du livre. La magie de ce poète se trouve dans l’indicible, juste entre deux images qui se métamorphosent chaque fois que nous les approchons.
Ne nous y trompons pas, Daniel Gélin offre de la grande poésie, celle qui noue les âmes, autour de cette page, celle qui, au déclin du jour, permet aux anges de nous visiter, celle dont le regard, à l’affût aux confins de l’image, nous attrape le cœur et lui ouvre les yeux !
Dans la forêt de l’existence, cet artiste a suivi le chuchotement de la rivière invisible qui raconte aux hommes l’histoire incroyable des saisons qu’il traverse. Alors le chant de la sagesse, comme une récompense, s’élève et le poète de nous confier : "Tant de patience pour devenir un homme Mais tant de Dieu dans le corps d’un enfant" (p63)
Cette belle édition est illustrée par Misha dont les traits sonnent comme des silhouettes, des présences ou des interrogations... Le tout prolongeant l’image du mot, par un geste d’ombre. Ce livre est le témoignage d’un artiste qui, au-delà de cette parole et de ce jeu de comédien, permet de pénétrer dans le temple sacré que, ni le temps ni l’oubli ne saurait franchir.
"Les tempes d’Éluard
battaient dans l’été bleu.
Et midi s’attardait malgré l’ombre amicale.
J’étais perclus de joie d’oiseau libre et d’amour.
J’aimais comme jamais _ même l’air ressenti.
J’étais fou des étoiles et fidèle à chacune.
Je pressentais mes nuits _ dans les houles des filles.
Je rêvais de mourir, à force de trop vivre.
Chacune des ruelles _ m’était couloir intime
d’un paradis présent _ et où j’invitais Dieu.Sachant se prélasser, il écoutait la mer.
Et nous étions d’accord sur toute chose rare.
Si la peur m’habitait, elle était ravissante.
Pas plus seul qu’un noyé _ dissous dans l’océan.
Devenu l’océan _ et son ciel chaviré
et plus pur que le feu
qui brûlait mes poèmes
ne voulant nulle trace
même au cœur d’un rocher..."