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Nouveau blog, nouvelle idée. Un blog qui résumera l'ensemble des personnages et des sites auxquels je me suis référé pour mon blog passion poésie. Sur se site je décrirais en détail si du moins j'ai toutes les informations sous la main, la vie, les œuvres des poètes et écrivains présentaient sur passionpoésie. D'abord je commencerais par les sources sans toutefois dévoiler la totalité des renseignements qui me sert à créer mes articles, eh ! Oui autrement mon blog n'aurait plus lieu d'être.

 

PassionPoésie

 
Lundi 8 janvier 2007

Voilà une grande dame, le moment est nécessaire de vous la présenter car l’œuvre est immense et vaut bien qu’on s’y arrête, certains d’entre vous la connaisse peut être déjà ou ont déjà lu certains de ses livres, mais pour les autres comme moi d’ailleurs que ne la connaisse pas ou n’ont jamais rien lu d’elle je pensais que l’occasion était propice à cette petite halte du côté de la Russie, j’ai volontairement coupé sa biographie pour une brève présentation mais je mets le lien en ligne afin que vous puissiez suivre sa carrière afin de mieux connaître le personnage exceptionnel qu’elle était, les grands personnages passent sur terre mais leurs souvenirs demeurent à jamais.

http://tsvetaeva.free.fr/biographie.html

1892.

26 septembre : naissance de Marina Ivanova Tsvetaeva à Moscou. Fille de l'historien d'art Ivan Tsvetaev (fondateur du musée des Beaux-Arts, actuellement musée Pouchkine), lequel était veuf, père de deux enfants, et de Maria Mein, pianiste.

1941.

22 juin : les troupes allemandes franchissent la frontière de l'Union soviétique.
21 août : Tsvetaeva et son fils sont évacués à Elabouga, en Tatarie.
31 août : Marina Tsvetaeva se suicide (par pendaison) à l'âge de 49 ans.
4 septembre : Mour part comme volontaire au front ; il sera tué en juillet 1944 en Lettonie.
16 Octobre : Sergueï Efron est exécuté.

Armando

L’offense lyrique, ou une vie au cœur de la tourmente

lundi 4 septembre 2006.
 
En 1924, Marina Tsvétaïeva écrivait à une amie : "on m’aimera (enfin on me lira) dans cent ans !". Heureusement, les Editions Farrago, Editions Léo Scheer n’ont pas attendu un siècle pour faire paraître l’offense lyrique et autres poèmes !
Marina Tsvétaïeva : L’Offense lyrique et autres poèmes
Marina Tsvétaïeva : L’Offense lyrique et autres poèmes
Editions Farrago, Editions Léo Scheer,
Depuis une bonne dizaine d’années, les publications concernant l’œuvre de Marina Tsvétaïéva se sont succédées en Russie et dans le monde. Si dans notre beau pays de France on peut lire de nombreuses pages d’une prose admirable, il n’en est pas de même concernant la publication de l’œuvre poétique, qui malheureusement se réduit, encore aujourd’hui, à une poignée de poèmes. L’offense lyrique vient enfin combler ce manque.

Il faut bien avouer, à la décharge des traducteurs, que l’œuvre poétique de cette artiste ne constitue pas une entreprise aisée. En effet, sa prédilection pour l’ellipse, les enjambements, l’invention lexicale, l’actualisation audacieuse des formes hypothétiques et une idée de lecture idéale ne pouvait que dérouter, voir décourager les plus audacieux ! Au-delà de ces difficultés multiples, on s’aperçoit qu’il n’existe pas une poétesse, mais plusieurs, aussi nous avons la chance de serrer entre nos mains ce recueil qui contient à la fois les poèmes de « l’offense lyrique », mais également tous les poèmes de Marina à Sophia Parnok, compris dans « Sans lui » (Fourbis 1994), ainsi que tous les poèmes de Marina Tsvétaïeva (la main courante 1992).

Dans ce livre, le lecteur découvrira également de nombreux poèmes inédits en français, c’est dire l’importance de cette parution qui constitue pour la première fois dans notre langue, la somme la plus complète de la poésie de cet auteur d’exception.

On ne peut aborder cette œuvre avec détachement ou neutralité."Ecrivez, écrivez davantage ! Fixez chaque instant, chaque geste, chaque soupir !... Il n’y a rien qui ne soit important !", s’écriait Marina. Et durant sa courte et tragique existence, elle n’a cessé d’écrire.

Elle souligne dans la préface d’un volume composé des extraits de ses premiers recueils (L’album du soir et la lanterne magique).... "la force est dans ce qui est révélé. Tout ce qui m’est cher, je le livre en jugement."

Nous voilà prévenus. N’oublions jamais le lyrisme de cette artiste qui exprime des sentiments, des lieux, des instants dans un langage presque toujours inspiré. Ses images possèdent la transparence et la beauté sensible de ce chant inconnu qui monte, authentique vague secrète, du tréfonds de l’âme.

Le poème se métamorphose en outil plastique, véritable passeport de la modernité qui transmet l’obsession amoureuse, parfois érotique, dans le dénuement, la misère et la solitude.

"Mes poèmes sont un journal intime", notait Marina. C’est en 1975 que les archives de littérature et d’art reçurent l’ensemble des archives de la main de sa fille Ariane Tsvétaïeva-Efron. Poèmes, manuscrits, carnets de notes, brouillons divers, correspondance, épreuves de livres. Ce récent dépôt montre que nous ne sommes encore qu’à l’aube de découvertes importantes car, n’oublions jamais, la chemin tragique de cette femme qui eut une vie insouciante, aisée, où l’art guidait chacun de ses pas, puis, à la césure même de son existence (24 ans), la révolution d’Octobre fit voler en éclats ce beau rêve pour tracer un chemin de tourments, de pleurs, de décès et de sang...

Marina Tsvétaïeva mettra fin à ses jours le 31 août 1941 dans une ville de Province : Elabouga. Elle avait 48 ans. Comme pour effacer jusqu’à son ombre sur terre, malgré les recherches, on a perdu toute trace de sa tombe.

"Je n’aime pas la vie en tant que telle. Pour moi, elle commence à " signifier", c’est-à-dire à acquérir un sens et un certain poids seulement une fois qu’elle est transfigurée, autrement dit dans l’art." écrivait Marina à la fin de l’année 1925.

Dans le déroulement de son existence, Marina ne retient que les moments transfigurés par son lyrisme. C’est à partir du Verbe, qui résiste à l’usure de la monotonie, que les gestes et les paroles prennent de la hauteur et par conséquent, atteignent le seuil de l’immortalité. Nous entrons dans le cercle admirable où les silhouettes abandonnent leur cape d’ombre pour revêtir la magie des visages.

Marina, au fil de « l’offense lyrique », nous prouve qu’elle est, et pour toujours, une des plus grandes voix poétiques du XXème siècle, et que sa trajectoire incandescente, n’appartient plus à la souffrance, mais bien à l’ineffable. Son cœur, à jamais invisible, bat dans toutes les poitrines, comme « une offense lyrique » ! Un maître livre !

"Je confie ce livre au vent
Et aux cygnes qui passent.
Pour crier plus fort que la séparation
Il y a peu, j’ai brisé ma voix.

Ce livre, comme une bouteille à la mer,
Je le jette dans le tourbillon des guerres ;
Afin qu’il voyage, simplement, de la main
A la main, comme un cierge dans une fête.

Vent, vent, mon fidèle témoin,
Va dire à ceux que j’aime
Que chaque nuit, dans mes rêves,
Je fais le chemin - du Nord au Sud."

(Moscou, février 1920)

(Poème à son fils)

"Notre conscience - n’est pas votre conscience.
Allez - Allez ! - Oubliez tout, enfants,
Ecrivez vous-mêmes le récit
De vos jours et de vos passions.

Loth, et sa famille de sel -
C’est notre album de famille.
Enfants, réglez vous-mêmes les comptes
Avec la ville qu’on veut faire passer pour -

Sodome. Tu n’as pas frappé ton frère -
C’est clair, pour toi, mon ange !
Votre pays, votre siècle, votre jour, votre heure,
Et notre péché, notre croix, notre dispute, notre

Colère. Serrés dans une pèlerine
D’orphelin dès votre naissance -
Cessez de prendre le deuil
Pour cet Eden que vous n’avez pas

Connu ! Et pour des fruits - que vous n’avez
Jamais vus. Comprenez : il est aveugle -
Celui qui vous emmène à l’office des morts
Pour le peuple, et qui mange du pain,

Et qui vous en donnera - comme
C’est rapide, de Meudon au Kouban...
Notre querelle - n’est pas votre querelle.
Enfants, créez vous-mêmes vos propres
Désaccords."

(Janvier 1932)

"Les yeux sont en pleurs, et
Les larmes de fureur et d’amour
Et les Tchèques en pleurs...
Et l’Espagne dans le sang...

Et cette sombre montagne
Obscurcit - le monde entier.
Il est temps - il est grand temps -
De rendre mon billet au créateur.

Je refuse - d’être.
Je refuse - de vivre
Parmi les loups sur la place
Dans cet asile et ce néant.

Je refuse - de hurler
Avec les requins de la plaine -
Je refuse de glisser
Sur leur dos, au fil de l’eau.

Nul besoin d’une oreille fine,
Nul besoin d’un regard prophétique,
A ton monde insensé
Je n’oppose qu’un refus."

Dimanche 7 janvier 2007

Lire, écrire, penser les trois axes de mon existence. Cela fait longtemps que j'ai succombé à cette passion qu'est la lecture, l'écriture quant à elle est venu bien plus tard dans mon existence. Depuis ma vie tourne autour de cet axe là pour mon plus grand plaisir, je ne puis de toute façon m'en empêcher car les mots ont un pouvoir incommensurable qu'il est difficile de m'en détacher.

Comme la limaille est attiré par l'aimant
Moi je suis attiré par les mots, par le verbe
Par le souffle magique de l'inspiration
Qui guide nos pas vers la lumière.

Lumière mystique qui ne souffre d'aucune explication
Lumière mystique dont la foi est l'implication
Croire en soi, croire en Lui
Comme source originelle d'où la vie émane.

Au début été le verbe
Puis le verbe s'est fait chair
Dieu s'est fait Homme
Pour donner aux hommes son génie

Génie créatif dont le talent est inégalé
Lui créateur et création à la foi
Il
nous a donné sa force
Pour que naisse la littérature.

D'en Haut un rayon lumineux
Jette sur les lignes d'un livre un reflet magique
La magie d'un instant où né l'ouvrage d'une vie
Celle pour laquelle on n'est sûr d'être fait

Je suis pas Hugo, je ne suis pas chateaubriand
Je ne suis pas poète, je ne suis pas écrivain
Je joue à cache cache avec les mots
On se tourne autour sans jamais se trouver

Je suis l'ordinaire dans un monde extraordinaire, je suis le commun dans un monde qui n'a plus de commune mesure, il m'est difficile d'écrire il m'est d'autant plus difficile d'y renoncer. Ai-je trouvé là ma voie, est-ce là le signe que j'attendais ? Je ne sais pas et peut être que je ne le saurais jamais mais peu importe l'essentiel c'est le plaisir que je prends à lire et à écrire. J'ai créé ce blog dans le but de vous faire partager ma passion.
Lire et écrire, voler au dessus des nuages, côtoyer les cimes et voyager en compagnie des oiseaux migrants. Voir au delà de l'horizon pour découvrir l'autre côté du miroir, le côté qu'on ignore où qu'on ne veut pas voir parce qu'on n'a peur d'y découvrir des vérités cachées enfouies au plus profond de nous-mêmes.
Ecrire pour se libérer des doutes, d’exorciser les douleurs et d’alléger le poids des ans qui pèsent sur nos épaules. Ecrire pour le plaisir, pour partager ses joies et ses peines afin d’être libre et débarrassé de ses démons intérieurs.
Armando

Vendredi 5 janvier 2007

Petit bonheur tranquille

Tu frappes à ma porte au moment où je n’y croyais plus

J’ouvre et je vois un visage d’angePetit bonheur tranquille

 

Pourquoi avoir mis autant de temps

Au crépuscule de ma vie

Tu viens l’éclairais d’un jour nouveau

 Mais le temps m’est compté

 

Petit bonheur tranquille

J’ai passé mon temps à te chercher

A courir après l’éphémère, l’illusion d’un bonheur

Où tu étais le centre

 

Mais je n’ai pas su te garder

Je n’ai su que te perdre

 Petit ange aux cheveux d’or

Le temps nous a séparés

L’âge est un mur infranchissable

Que je n’ai pu franchir

Parce que tu as fermée la porte

De ton univers

 

Petit bonheur tranquille

 J’ai été content de croiser ton chemin

 Malgré la douleur qui a serré mon cœur

J’ai été heureux de voir ce sourire

 
  

Puis d’un coup c’est l’automne

 Le noir de l’hiver

 Le crépuscule s’effondre sur lui-même

Laissant place au néant, au vide

 

Au vide que tu as laissé dans mon cœur

Quand je suis parti

Parce que trop de souffrance


A voir et sentir ce corps dansant sous mes yeux

  

Je ne puis t’oublier

Tu fais partis de ma vie

Tu es gravé dans mon cœur

D’une encre indélébile

 

 

 

Mais la vie réserve souvent des surprises

Au moment où je pensais t'avoir perdu

Tu m'apparais dans l'embrasure de la porte

Toute auréolé de lumière


La vie reprend son cours

Toi et moi comme avant

L'amour toujours présent

Plus qu'un faisons nous !

 

Armando

 

Vendredi 5 janvier 2007

Nous vivons à demi notre vie si nous la vivons seul(e), être deux c'est aussi supporter les complications, les disputes, le mauvais caractère de l'autre. Je me suis rendu compte qu'à force de vouloir à deux une certaine tranquillité d'esprit je me suis enfermé dans une bulle. J'ai fini par lasser l'autre, vouloir que les bons côtés de la vie c'est vivre sa vie à moitié, c'est laisser sa compagne sur le bas côté de son existence. Des fois c'est un mal pour un bien, des fois non !

Entre le cœur et la raison  il y a souvent conflit et on cherche des motifs plus ou moins sensés
Parfois ils sont justifiés pour quitter la personne avec qui on vit, des fois ils ne sont pas très clairement définis et c'est là que cela pose problème car on ne sait pas soi-même les raisons. On créait des situations qu'on sait pertinemment dangereuse et qui vont amener à prendre des décisions regrettables qui par la même va entraîner une rupture qui normalement n’aurait pas du avoir lieu en tant normal. C’est comme si tout était fait exprès. Imaginez alors la réaction de l'autre qui se trouve confronté à ça ? Comment peut-elle réagir sans se sentir non plus responsable, alors qu'elle n'a fait que subir. Comme j’ai dis on n’a chacun son caractère et on doit composer avec l’autre ; c’est ce qu’on appelle la tolérance !
 
Dans un couple les torts sont toujours partagé, c'est la vie commune qui veut ça, qui n'a jamais vécu ce genre de désagrément dans son couple, combien sont ceux qui sont restés pour affronter ces situations de crise en posant sur la table tous les problèmes rencontrés et par le dialogue essayer de les résoudre ?

Dans beaucoup de situation cela n'est pas justifié, c'est simplement un mouvement de retrait face aux problèmes que l'on rencontre dans son couple, alors au lieu de les affronter on préfère baisser les bras et dans ce cas là la seule solution qu'on trouve juste à ses yeux c'est la fuite. L'abandon de l'être qu'on continue à aimer malgré tout. Tous les moyens sont bons. Ensuite on est peut être trop fier pour faire machine arrière, on s'arrête aux qu'en dira t on, aux quolibets des uns et des autres, on n'a pas envie de passer pour un idiot qui ne sait pas ce qu'il veut. Ce ne sont que des motifs stupides alors que la seule raison c’est qu'on ne veut pas faire l'effort de changer et de comprendre l'autre sans forcément vouloir  se mettre à sa place, tout simplement parce qu'on ne le peut pas. 

 

Alors qu’un rien peut embellir notre vie, faite de chaque jour qui passe un jour nouveau, la vie de couple c’est un combat permanent où il ne doit jamais y avoir de perdant. C’est se battre sans cesse pour surprendre l’autre pour éviter de sombrer dans une routine désastreuse, d’éviter de glisser dans le piège infernal de l’habitude, des manies, des reproches etc etc…

 

Comme souvent on réalise bien trop tard qu’on n'a fait le mauvais choix.

 

Mais la vie ce n'est pas ça.

 

Je me permets donc d’écrire cette lettre à tous les amoureux, les mariés de fraîches dates, les vieux couples qu’il existe bel et bien un antidote et c’est le seul qui guéri bien des maux : C’est l’amour, la confiance, le dialogue, le respect, la reconnaissance de l’autre en tant qu’individu à part entière et non plus en tant que chose acquise ou comme un meuble qui est posé là et qu’on a l’habitude voir sans plus y faire attention. Il n’y pas pire danger que celui qui ne veut pas voir et pas entendre.

Armando

Mercredi 3 janvier 2007

Qui n'a jamais lu et entendu parler de Jules VERNES? http://www.imaginaire.ca/JHDJV-Bio.htm en cliquant sur le lien vous accèderez à sa biographie, vous y découvrir toute son oeuvre, il a marqué son époque de manière indélébile.Là aussi un auteur incontournable, un magicien du verbe qui a su réveiller en nous notre nature enfantine avec des films comme ceux cités ci-dessous. Je vous laisse en compagnie du grand homme qui nous a fait voyager tout en restant chez soi bien au chaud calé dans son fauteuil et laissant notre imaginaire faire le reste, car c'est ça quand on lit Jules VERNES, on s'évade, on s'émerveille on quitte notre terre le temps d'un livre.

Armando

L'ÎLE MYSTÉRIEUSE
( 1961 )

LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS
( 1956 )

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE

Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes, mort le 24 mars 1905 à Amiens, est un écrivain français, dont une grande partie de l'œuvre est consacrée à des romans d'aventures et de science-fiction (appelés du temps de Jules Verne roman d'anticipation). L'année 2005 a été déclarée « année Jules Verne », à l'occasion du centenaire de la mort de l'auteur

Un classique : Jules Verne (1828-1905)
Juillet-Août 2005

Jules Verne : "Un capitaine de quinze ans" -
Quinze longues années de succès ont passé depuis la publication de cinq semaines en ballon. Notre auteur est désormais un homme célèbre et riche. Le bonheur devrait être complet mais chaque rêve à son revers et tandis que son fils unique – désœuvré et triste – accumule les 'bêtises' et est envoyé en Inde par décision judiciaire, le couple Verne bat de l'aile et le rythme de travail que notre forçat de l'écriture s'impose l'épuise... C'est sous ces auspices que paraît alors en 1878 l'un des textes les plus sombres de Verne : "Un Capitaine de quinze ans".

Un auteur au ton plus pessimiste...

 

"En vérité, la situation était épouvantable."

Tandis que la majorité des romans de Jules Verne mettent l'accent sur la découverte de la nature, les progrès de la science ou cristallisent la personnalité d'un héros Un Capitaine de quinze ans donne l'impression d'être un roman à part où l'on sent que les aléas et les déceptions de la vie ont fortement imprégné notre auteur et où son optimisme légendaire n'est plus vraiment de mise.

Il débute pourtant – fidèle en cela aux romans Verniens – par une date précise, immédiatement suivit par les non moins habituelles descriptions de latitude et de longitude ! : "Le 2 février 1873, le brick-goélette Pilgrim se trouvait par 43'57' de latitude sud, et par 165'19' de longitude ouest du méridien de greenwich."

Mais, très rapidement, diverses remarques de notre – désormais fameux – narrateur omniscient ou plutôt 'omniprésent' permettent au lecteur de comprendre que ce roman sera beaucoup plus noir que ceux qui l'ont précédés.

Ainsi dès la page 9, le narrateur explique que "A cette époque déjà, la pêche devenait difficile. Les cétacés, pourchassés à l'excès, se faisaient rares." thème – on le sait – cher à Verne depuis Vingt Mille lieux sous les mers mais rarement exprimé si tôt dans un de ses romans.

De même, le scientifique de l'histoire n'est plus un 'héros' mais : "un de ces dignes savants à lunettes d'or, être inoffensifs et bons, destinés à rester toute leur vie de grands enfants". Et c'est ce qu'il va être tout au long du roman : un grand enfant décalé sans aucune utilité ...fait suffisamment notable dans une oeuvre de Verne pour le signaler même si on suppose – après lecture du roman – que cela était nécessaire à l'intrigue : quel savant aurait pu être trompé si longtemps sur la nature du continent où les naufragés s'étaient échoués ?

Peu après, le sauvetage en mer de cinq hommes abandonnés sur un navire à la dérive donne à Verne l'occasion d'exprimer sa colère face aux gens qui fuient leurs responsabilités : "Que des cochers (...) laissent à d'autres (...) le soin de réparer le malheur qu'ils ont causé, cela est déjà condamnable. (...) Mais, que d'hommes à hommes on s'abandonne ainsi sur mer, c'est à ne pas croire, c'est une honte !".

Et on remarque alors que le ton, de même que le vocabulaire employé par Verne, est sensiblement plus sombre : les 'dangereux', 'terrifiant' sont légions et culminent dans la disparition tragique et sanglante du capitaine Hull et des cinq matelots : "Il ne restait plus que quelques débris de la baleinière à la surface des eaux rouges de sang."

"Vous m'avez renvoyé à la côte, mais, quand je serais mort, je n'aurai plus de joug, et je reviendrai vous tuer."
Jules Verne
A travers cette tragédie, émerge un nouveau héros Verniens censé cristalliser le drame que vit la famille de Verne au départ de leur fils pour l'Inde. C'est un orphelin de quinze ans à peine qui devient à la suite de la mort de l'équipage : "Capitaine, maître, matelots, on peut dire que tout l'équipage se résumait maintenant en lui." et Dick Sand a beau n'être qu'un adolescent, il est paré de toutes les qualités digne de l'image du 'nouvel homme' cher à Verne. Un homme dont l'intégrité morale n'a d'égal que le courage et l'abnégation : "l'enfant qui comprend, dès le début, que le travail est la loi de la vie, celui qui sait, de bonne heure, que son pain ne se gagnera qu'à la sueur de son front (...), celui-là est probablement prédestiné aux grandes choses, car il aura un jour, avec la volonté, la force de les accomplir."

Mais, un héros – même un héros Vernien – ne peut q'être démuni face à la malignité et à la duperie d'un homme – esclavagiste et meurtrier – tel que Négoro : "Negoro était un de ces misérables auxquels il ne suffit pas de torturer leurs victimes : il faut encore qu'ils jouissent de leurs souffrances.".

L'Afrique : terre de tous les excès

 

"l'Afrique ! l'Afrique équatoriale ! l'Afrique des traitants et des esclaves !"

De fait, des suites d'une supercherie de Négoro, le petit groupe s'échoue sur les côtes de l'Afrique et non sur celles d'Amérique du Sud comme Dick Sand l'espérait mettant ainsi tout le petit groupe en péril et permettant à Verne de revenir vers cette terre de tous les dangers, de tous les excès mais avant tout, de toutes les explorations : "la civilisation pénétrait peu à peu dans ces contrées sauvages à la suite de ces hardis voyageurs dont le nom se lie indissolublement aux découvertes de l'Afrique équatoriale. En tête; David Livingstone, après lui, Grant, Speke, Burton, Cameron, Stanley, ces héros laisseront un renom de bienfaiteurs de l'humanité."

Ce nouveau roman - où les longues digressions géographiques ont laissé la place à l'aventure et aux descriptions sanglantes de rites barbares et autres atrocités – est d'ailleurs ponctué de deux parenthèses d'envergures de dix pages chacune dont l'une est dédié au récit en grandes lignes de la vie de l'explorateur David Livingstone de sa naissance en Angleterre à sa mort en Afrique, notant au passage l'importance que son pays a accordé à cet homme hors du commun : "il était inhumé dans l'abbaye de Westminster, au milieu de ceux de ses grands hommes que l'Angleterre honore à l'égal de ses rois." qui mourut en 1873.

A travers cette digression, on ressent pleinement le profond intérêt de Verne pour le récit des explorations de ce voyageur hors du commun dont les récits publiés en France ont sans nulle doute servi de base à notre auteur pour sa description de l'Afrique équatoriale.

L'Afrique où la nature – sauvage et indomptée – prend parfois des allures de jardins d'Eden : "dans les clairières, dont le tapis verdoyant se mélangeait de quelques brindilles roses, les fleurs variaient leurs couleurs, gingembre jaune ou bleus, lobélies pâles, orchidées rouges, incessamment visitées par les insectes qui les fécondaient."

Mais un jardin d'Eden sanglant... car ne nous y trompons pas, les fauves et les crocodiles ne sont pas loin ... ni les cannibales, véritable 'fléau' et – malheureusement - critère distinctif – selon Verne - des peuples primitifs.

Un constat renforcée par le fait, que l'Angola était encore en grande partie inconnue : "la province d'Angola était à peu près inconnue en cette année 1873, à l'époque où le Pilgrim venait se perdre sur la côte d'Afrique." ce qui permet à Verne de transcrire avec moult détails sanglants les funérailles du Roi qui soutient les esclavagistes faisant – à n'en pas douter – trembler ses lecteurs du XIXème siècle face à la barbarie des peuplades africaines : "La plume se refuserait à peindre de tels tableaux, si le souci de la vérité n'imposait pas le devoir de les décrire dans leur réalité abominable. L'homme en est encore là dans ces tristes pays. Il n'est plus permis de l'ignorer."

Jules Verne et l'esclavage

 

"La Traite ! Personne n'ignore la signification de ce mot, qui n'aurait jamais dû trouver place dans le langage humain."

Voilà le constat sans appel qui ouvre à la fois la deuxième partie du livre et la deuxième 'parenthèse' du roman ; s'ensuit alors, une dizaine de page sur l'horreur et la réalité de l'esclavagisme avec des propos qui sont parfois cinglants : "En plein XIXè siècle, la signature de quelques Etats, qui se disent chrétiens, manque encore à l'acte d'abolition de l'esclavage." et d'autres fois proprement horrifiant : "On n'estime pas à moins de quatre vingt mille le nombre des esclaves qui arrivent au littoral, et ce nombre, parait-il, ne représente que le dixième des indigènes massacrés."

D'aucun diront sans doute que l'esclavagisme dans les colonies françaises avait été aboli en 1848 et que Verne ne prenait donc aucun risque à défendre ainsi l'abolition complète de l'esclavage, il n'en reste pas moins que la grande majorité de la deuxième partie de son roman n'est qu'un immense plaidoyer pour la cause des malheureux esclaves.

Ainsi, le journal que tient Dick Sand sur les semaines qu'il passe à traverser le pays avec les esclaves - n'ayant échappé aux fers que parce qu'il était de race blanche – est émaillé de remarques terrifiantes : "Depuis hier, une mère porte dans ses bras son petit enfant mort de faim !... elle ne veut pas s'en séparer !..."

Plus loin, c'est encore pire : "Nous venons de passer près d'un arbre...A cet arbre, des esclaves étaient attachés par le cou. On les y avait laissé mourir de faim."

Point culminant de cette marche de la honte et de l'horreur, l'un des personnage du roman - la vieille nourrice noire - succombe sous les coups de hache des gardiens d'esclave sur le chemin qui les mène au 'village-marché' car elle est trop faible et trop vieille pour continuer à marcher : "Aujourd'hui, vingt captifs qui ne pouvaient plus se traîner ont été massacrés à coup de hache par les havildars ! (...) La pauvre vieille nan est tombée sous le couteau dans cette horrible boucherie...Je heurte son cadavre en passant !" ...on est très loin des voyages extraordinaires, de la beauté des fonds sous-marins ou de l'entraide des 'nouveaux hommes' de l'Ile mystérieuse...

Comble de l'horreur, Verne met l'accent sur le fait que ce sont majoritairement des noirs qui asservissent d'autres noirs avant de les revendre sur les marchés, ainsi le 'traitant' Alvez est lui-même un indigène ce qui ne l'empêche pas de faire montre de la plus grande cruauté envers les esclaves.

Dick Sand - jeune garçon volontaire au sang-froid sans faille et à la modestie légendaire - triomphe néanmoins de tous les dangers qui pleuvent littéralement sur lui et ses protégés, et le roman s'achève sur une remarque qui creuse un profond fossé entre la triste réalité du fils de J.Verne et l'archétype d'un fils idéal : "Voilà où en était arrivé par sa conduite, par son travail, le petit orphelin recueilli (...) Il était, malgré sa jeunesse, entouré de l'estime, on pourrait dire du respect de tous ; mais la simplicité et la modestie lui étaient si naturelles, qu'il ne s'en doutait guère."

 

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