Eugénie de Montijo

Publié le par gentle13

María Eugenia de Palafox-Portocarrero de Guzmán y Kirkpatrick, marquise d’Ardales, marquise de Moya, comtesse de Teba, comtesse de Montijo — dite Eugénie de Montijo —, née le 5 mai 1826 à Grenade et décédée le 11 juillet 1920 au palais de Liria à Madrid, est une personnalité politique française d’origine espagnole.

Épouse de Napoléon III, empereur des Français, et donc impératrice du 29 janvier 1853 au 4 septembre 1870, elle était considérée comme une des plus belles femmes de son époque.

rencontre celui qui n'est alors que "le Prince-Président" est séduit. Le siège qu'il entreprend auprès d'Eugénie dure deux ans, sa cour assidue lors de séjours au château de Compiègne étant à l'origine de l'épisode du « trèfle de Compiègne »5. Les familiers de l'empereur sont au début assez partagés envers la comtesse espagnole, certains souhaitant que l'Empereur se lie avec une famille régnante, comme autrefois Napoléon avec Marie-Louise.

Cependant, les souverains européens, même ceux apparentés au nouvel empereur, sont fort peu enclins à donner une de leurs filles en mariage à un empereur au trône mal assuré et qu'ils regardent comme un parvenu voire un aventurier.

Le 12 janvier 1853, un incident lors d'un bal aux Tuileries, où la jeune Espagnole se fait traiter d'aventurière par Madame Hippolyte Fortoul, épouse du ministre de l’éducation, précipite la décision de Napoléon III de demander Eugénie en mariage alors qu'il vient de mettre un terme à sa relation avec Miss Howard6.

Aux Tuileries, dans sa communication7 du 22 janvier 1853 devant le Sénat, le Corps législatif et le Conseil d'État, l'empereur déclare :

« Celle qui est devenue l'objet de ma préférence est d'une naissance élevée. Française par le cœur, par l'éducation, par le souvenir du sang que versa son père pour la cause de l'Empire, elle a, comme Espagnole, l'avantage de ne pas avoir en France de famille à laquelle il faille donner honneurs et dignités. Douée de toutes les qualités de l'âme, elle sera l'ornement du trône, comme, au jour du danger, elle deviendrait un de ses courageux appuis. Catholique et pieuse, elle adressera au ciel les mêmes prières que moi pour le bonheur de la France ; gracieuse et bonne, elle fera revivre dans la même position, j'en ai le ferme espoir, les vertus de l'Impératrice Joséphine. (...) Je viens donc, Messieurs, dire à la France : J'ai préféré une femme que j'aime et que je respecte, à une femme inconnue dont l'alliance eût eu des avantages mêlés de sacrifices. Sans témoigner de dédain pour personne, je cède à mon penchant, mais après avoir consulté ma raison et mes convictions. »

L'acte du mariage civil est enregistré au palais des Tuileries dans la Salle des Maréchaux, le 29 janvier 1853 à 20 heures. Le mariage religieux suivra à Notre-Dame de Paris le 30 janvier 1853. Pour cette occasion, l'empereur signe 3 000 ordres de grâce et fait savoir que toutes les dépenses du mariage seraient imputées sur le budget de sa liste civile alors qu'Eugénie refuse une parure de diamants offerte par la ville de Paris et demande que la somme correspondante soit consacrée à la construction d'un orphelinat8, qui sera édifié sur l'emplacement de l’ancien marché à fourrages du Faubourg Saint-Antoine, dans le 12e arrondissement de Paris.

C'est l’architecte Jacques Hittorff qui sera chargé de sa conception, il donnera aux bâtiments la forme d’un collier; l'école inaugurée le 28 décembre 1856, prendra le nom de Maison Eugène-Napoléon en l’honneur du jeune Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879), né en 1856.

Eugénie et son fils unique, prince impérial, en 1862

La lune de miel a lieu au parc de Villeneuve-l'Étang, à Marnes-la-Coquette, au cœur du Domaine National de Saint-Cloud, domaine acquis par le futur empereur; quelques semaines plus tard, l'impératrice est enceinte, mais perd l'enfant après une chute de cheval.

Une nouvelle grossesse n'intervient que deux ans plus tard, au début de l'été 1855. Louis Napoléon, fils unique de Napoléon III et d’Eugénie, naît le 16 mars 18569. L’événement est encore l’occasion pour Napoléon III d’annoncer une nouvelle amnistie pour les proscrits du 2 décembre, alors que 600 000 habitants de Paris (un Parisien sur deux) se cotisent pour offrir un cadeau à l’impératrice10. Le 17 au matin, une salve de cent un coups de canon annonce ce grand événement au pays. L'empereur a décidé qu'il serait parrain et l'impératrice marraine de tous les enfants légitimes nés en France en cette journée du 16 mars, qui au nombre de 3000, furent pensionnés…

« L'impératrice venait de remplir sa principale mission. Elle avait donné à son époux un fils, et à l'Empire un héritier. L'enfant était né un jour de triomphe, le jour des Rameaux... Ce qui charmait surtout l'heureuse mère, c'est que cet enfant si désiré était non seulement un fils de France, mais un fils de l'église et que, filleul du Pape, la bénédiction du Saint-Père planait sur son berceau11. »

Le 17 juillet suivant, l'empereur rédige à Plombières-les-Bains les dispositions concernant la régence12, qu'il confie à l'impératrice.

« (article 2)- Si l'Empereur mineur monte sur le Trône sans que l'Empereur son père ait disposé, par acte rendu public avant son décès, de la Régence de l'Empire, l'Impératrice Mère est Régente et a la garde de son fils mineur. »

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