Marie Leszczynska

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Marie Leszczynska ou Marie Leczinska1 (prononcé [lɛɡzɛ̃ska]), en polonais Maria Leszczyńska ([lɛʃ't͡ʃɨɲska]), née le 23 juin 1703 à Trzebnica et morte le 24 juin 1768 à Versailles, est une aristocrate2 polonaise, fille du roi de Pologne (1704-1709) Stanislas Leszczynski, reine de France par son mariage avec Louis XV en 1725.

Elle est la dernière reine de France à mourir avec sa couronne et la dernière à être pleurée par les Français qui l'avaient surnommée « notre bonne Reine ».

La reine Marie avait commencé à s'aliéner son époux dès le début de son mariage en se mêlant de politique, malgré les mises en garde de son père. N'étant pas née à la cour, ne connaissant pas encore tout à fait les usages ni l'étiquette de Versailles, elle « convoque » le roi dans ses appartements pour lui demander de conserver le ministère à son bienfaiteur, l'impopulaire duc de Bourbon qui risquait alors la disgrâce. Dès cet instant, elle perdra toute influence politique sur son mari (1726).

En 1733, elle soutient les efforts de son père qui tente de remonter sur le trône de Pologne (guerre de Succession de Pologne).

Lettre de Fleury à la reine et réponse de celle-ci sur la partie gauche de la feuille, 30 avril 1736 (Archives nationales).

Petit à petit, Louis XV délaisse complètement cette épouse effacée qui entre dans la vieillesse, notamment à partir du moment où elle lui refuse l'entrée de sa chambre, par crainte d'une onzième grossesse qui, selon les médecins, lui aurait été fatale ; ce qu'elle n'ose révéler à son mari (1738). Malgré une réconciliation maladroite après la maladie du roi à Metz en 1744, ce délaissement sera définitif.

Marie Leszczyńska passe les vingt dernières années de sa vie à Versailles. Comme elle n'a aucune influence, les ambitieux ne la recherchent pas. Elle vit entourée d'un cercle restreint de courtisans fidèles : « La maison de la reine était formée de gens d'esprit, de conditions sociales diverses, sur le modèle des fameux salons parisiens si caractéristiques de l'époque ».

Marie demeurera pourtant très attachée à son époux5 et réussit à s'adapter à la vie de Versailles : elle se fait instruire sur les questions de cérémonial et d'étiquette et assume ses devoirs de représentation lors des fréquentes absences du roi, à la chasse ou ailleurs.

Grande amatrice de musique et de peinture (elle peint elle-même des aquarelles), elle est la véritable mécène de la culture à la cour. Elle contribue, avec sa bru Marie-Josèphe de Saxe, à faire venir à Versailles des artistes de renom, comme le castrat Farinelli en 1737, qui lui donne des cours de chant, ou le jeune prodige Wolfgang Amadeus Mozart en 1764 avec qui, au grand étonnement de la cour, elle s'entretient en allemand, car elle est polyglotte.

Confrontée à l'adultère du roi, elle garde discrétion et dignité, entretenant même pendant vingt ans des relations cordiales avec la plus célèbre des maîtresses de son royal époux, la Marquise de Pompadour. Talleyrand note, cependant, que « ses vertus [ont] quelque chose de triste qui ne port[e] à aucun entraînement vers elle ». Après la désaffection de Louis XV, elle se réfugie dans l'affection pour ses enfants qui tentaient maladroitement de prendre son parti et pour son père, qui venait la visiter souvent et lui conseillait la patience et la soumission – tout en confiant à son entourage que sa femme et sa fille étaient « les princesses les plus ennuyeuses du monde ».

Elle obtiendra de Louis XV, le roi cherchant peut-être à se faire pardonner, un grand appartement privé6, où elle pourra mener une vie plus calme et moins tournée vers l'apparat. Un groupe d'amis se forme autour d'elle, dont le couple de Luynes. Elle dispose alors d'une cassette de 96 000 livres, somme assez médiocre pour une Reine, à affecter à son divertissement, à ses aumônes et à son jeu. Cette passion pour le jeu (surtout pour le cavagnole) lui vaudront d'ailleurs quelques dettes, qui seront épongées par le roi, ou par son père Stanislas.

Elle s'éteint le 24 juin 1768, à Versailles. Son corps est inhumé à la Basilique Saint-Denis, tandis que son cœur repose auprès de ses parents, en l'église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy7.

Descendance

Maria Leszczyńska avec le Dauphin (vers 1730).

Marie Leszczyńska eut de Louis XV de France dix enfants8 :

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