Biographie de Fernando Pessoa
Fernando Pessoa
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Fernando António Nogueira Pessoa est un écrivain et un poète portugais, né le 13 juin 1888 à Lisbonne, ville où il meurt le 30 novembre 1935. Son nom de famille était orthographié Pessôa sur son acte de naissance (accent circonflexe supprimé par une réforme ultérieure de l'orthographe portugaise).
Prolifique et protéiforme, Pessoa est un auteur majeur de la littérature de langue portugaise et de la littérature mondiale (il a écrit aussi en anglais et en français). Il signe ses œuvres sous différents hétéronymes en sus de son propre nom : Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, etc. Bernardo Soares, auteur du Livre de l'intranquillité est considéré par lui comme son semi-hétéronyme, plus proche de l'auteur orthonyme.
La plupart de son œuvre, à l'exception de quelques rares textes dans les revues comme la célèbre Orpheu et de deux textes en anglais, n'a été publiée qu'après sa mort, retrouvée dans une malle d'où tout n'est pas encore sorti. Seule exception notable, le recueil de poèmes Message qui obtint même un prix du gouvernement portugais doté de 5 000 escudos (le prix Antero-de-Quental).
Il a la particularité d'être anglophone pour avoir passé une bonne partie de son enfance à Durban (Natal, Afrique du Sud) où son beau-père avait été nommé consul du Portugal. Il y avait fait de brillantes études à la High School de Durban et avait réussi l'Intermediate Examination in Arts (l'examen d'entrée) à l'Université du Cap de Bonne-Espérance en 1904, juste avant de rentrer chez lui à Lisbonne.
En 1985, pour le cinquantenaire de sa mort, ses restes sont transférés au jour anniversaire de sa naissance au monastère des Hiéronymites (Mosteiro dos Jerónimos) à Lisbonne. Depuis cet hommage national officiel, il repose à quelques mètres des cénotaphes de Luís de Camões et de Vasco de Gama, et en 1986 il fut représenté sur les billets de banque portugais de 100 escudos (voir plus bas).

– Je suis le maître lunaire de tous les rêves, le musicien solennel de tous les silences. Vous vous souvenez de ce que vous pensez quand, toute seule, vous êtes devant un grand paysage d’arbres et de clair de lune ? Vous ne vous en souvenez pas, parce que vous avez pensé à moi, mais, je dois vous le dire, je n’existe pas réellement. Si quelque chose existe, je n’en sais rien.
– Les aspirations vagues, les désirs futiles, les dégoûts des choses ordinaires, même lorsque nous les aimons, l’ennui de ce qui n’ennuie pas – tout cela est mon œuvre, née lorsque, allongé sur la berge des grands fleuves de l’abîme, je pense que je ne sais rien moi non plus. Alors ma pensée descend, effluve vague, dans les âmes des hommes et ils se sentent différents d’eux-mêmes.
– Je suis l’éternel Différent, l’éternel Ajourné, le Superflu de l’Abîme. Je suis resté hors de la Création. Je suis le Dieu des mondes qui ont existé avant le Monde – les rois d’Édom qui ont mal régné avant Israël. Ma présence dans cet univers est celle de celui qui n’a pas été invité. Je porte en moi les souvenirs de choses qui ne sont pas parvenues à être, mais qui étaient sur le point d’être. (Il n’y avait alors aucun face à face ni aucun équilibre.
Je la vois diminué de loin en loin
Ton image comme par hasard ne déteint pas
Tu es là près de moi au bord de ce gouffre
Rien ne présage ma mort, car je m'accroche à la vie, je m'accroche à ton sourire et à ton souvenir. Pourtant tu prends un malin plaisir à me faire mal, chaque parole est comme une écharde qui s'enfonce dans ma chair et tu me regarde avec un cinysme qui fait froid dans le dos, tes yeux rieurs me blessent et qui semblent dire souffre, souffre à ton tour du mal que les hommes m'ont fait. Est-ce ma conscience qui l'interpréte comme ça ou bien est-ce toi qui le dit...
Là je ne sais pas.. ou plus mais peu importe !
Je dois sortir de ce gouffre et regagner la lumière
La vie m'appelle ailleurs loin, loin de tes bras
Comme des cages sans barreaux où j'étais retenu malgré moi
J'ai vécu ça trop longtemps
Emprisonné par un regard
Envoûté par un sourire charmeur
Qui m'ôtait toute force de caractère
Mais rien ni personne ne fera plus mal, il est temps de tounrer la page, de s'évader du monde de la souffrance, de faire une retraite le temps necéssaire à l'oublie, comme un baume qu'on s'enduit sur le corps pour atténuer le feu qui nous ronge. Il est temps de partir vers d'autres cieux voir la couleur d'autres yeux, sentir à nouveau le parfum de la tendresse, de l'amour qui un jour nous a unis
Telle sont les dernières lignes du livre de l'homme bafoué à l'âme torturé par son passé. Un passé sans âge, sans souvenir ne reste que les regrets et les remords d'avoir été trop lâche pour n'avoir pas dit stop à temps. Mais le temps n'a pas d'importance seule la vie compte et aujourd'hui elle est devant lui dans toute sa splendeur, dans toute sa mugnificence. Une route s'ouvre face à lui ...mais des chemins de traverses aussi. La symbolique du choix encore et toujours comme seule réponse.
Aura t -il la préscience et la présence d'esprit cette fois ci pour ne plus se tromper ? La question reste posé et la réponse incertaine, qui sait ce que demain sera.
Gentle 13
Gentle13
Christian Barnet
Biographie
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Né le 22 juin 1959 dans le Rhône
Vit actuellement à Paris
Bibliographie
Seulement quelques publications dans plusieurs numéros déjà anciens de la revue Vivre en Poésie animée par JP Rosnay ainsi que l'intégralité du numéro 1 des Carnets du Club des Poètes. S'est décidé très récemment à chercher un éditeur. 5 poèmes figurent depuis février 2005 sur le site Francopolis.net accompagnés de la mention "coup de coeur du comité de lecture"
De bonne guerre
c’est
comme si tout avait été soudain arraché
et posé de côté
— là —
juste à côté
en très léger décalage
mais toujours c’est comme s’il nous fallait vite y revenir
avec l’intention mauvaise de surcroît
d’encore
tout déplacer de la sorte
Ce creux qui
grandit dans ta poitrine, ne s'y insère
rien d'aérien sinon
parmi
les caillots
Et pesant des tonnes
Ici habite (objet nommé coeur) la rose
épaisse mouillée de larmes
Tu dis: Aucun vin jamais
ne passe
d'un verre à l'autre
Ce creux - je je
l'aggrandis dans ta poitrine.
Un fil est tout ce que cette boîte contient
et ça la traverse.
Pour une fois que l'idée de division n'ajoute rien à la chose
il est facile d'imaginer cela
car personne n'est là pour y fourrer son sale nez.
Or,
chaque bout se perdant dans un infini supposé
on serait presque tenter d'y poser un équilibriste
(nous ?)
mais non ! on doit se contenter de ce fil
et que notre méditation ne le fasse pas vibrer
qu'il ne rende aucun son
Oiseaux Christian Barnet
S i la flèche tarde à ce point à atteindre sa cible
doit-on pour autant la réduire en ses plus petites
unités
sa trajectoire?
ou bien, l’énigme est-elle toute entière contenue dans cet arbre qui
depuis un bon moment déjà m’observe là-bas?
mais il oscille à son tour
lui aussi gauche
et comme gêné d’être en permanence sur un pied
il doit donc y avoir là surabondance d’oiseaux, pensé-je
–ça s’agite beaucoup–
je marche en ligne droite
sur eux
ça s’envole aussitôt
et se redépose plus loin
tous me regardent avec étonnement
je renouvelle plusieurs fois
l’opération
ça ne m’amuse pas vraiment
mais bon –eux non plus
© Christian Barnet: Inédit
Retour en France avec un écrivain que tous le monde connait. L'homme a un talent considérable écrivain aussi bien que poète, chaque choix que je fais est
dfficile car j'essai de contenter tous ceux qui me suivent, il a écrit d'ailleurs à ce sujet un recueil de poème qu'il nomme "Renaissance" mais je suis dans l'incapacité de mettre en ligne ne
serait-ce que quelques vers et j'en suis désolé. Je vais donc me le procurer afin de pouvoir en parler plus longuement. Il existe aussi d'autres auteurs français très talentueux (que j'aime
beaucoup) dont la réputation n'est plus à faire je veux parler de Jean Marie Gustave LE CLEZIO là encore qui n'a pas lu au moins un de ces livres mais là n'est pas notre propos j'y
reviendrais ultérieurement. Je reveindrais aussi sur un auteur Brésilien dont j'ai déjà parler Paolo coelho, pour ne pas le nommé, et son dernier livre "La Sorcière de Portobello"
Vierge, Sainte, Martyre ou Folle ? Qui est Athéna ?
N'hésitez à me dire si les choix que je fais sont à votre goût ou pas, un blog est un endroit convivial et un lieu interactif où chacun peut approuver, contester, critiquer
Michel Houellebecq, de son vrai nom Michel Thomas, est un écrivain français né le 26 février 1958 (acte de naissance) ou en 1956[1] à la Réunion . Ses romans les Particules élémentaires et Plateforme lui ont valu une sulfureuse réputation internationale de provocateur, mais sont également souvent considérés comme un ton nouveau dans la littérature française. Il est d'ailleurs assimilé au mouvement anglo-saxon dit d'Anticipation sociale.
A seize ans, il découvre Lovecraft, se retrouve sans doute dans cette phrase "Je ne participe jamais à ce qui m'entoure, je ne suis nulle part à ma place.»
Pendant sept ans, il suit les classes préparatoires aux grandes écoles. En 1975, il s'inscrit à l'école supérieure d'agronomie.
Sa grand'mère meurt en 1978. En 1980, il obtient son diplôme d'ingénieur agronome; il épouse la même année la cousine de son meilleur ami. Commence alors pour lui une période de chômage. Son fils Etienne naît en 1981. A la suite de son divorce, une dépression le conduit à faire plusieurs séjours en milieu psychiatrique.
Sa carrière littéraire commence dès l'âge de vingt ans, âge auquel il commence à fréquenter différents cercles poétiques. En 1985, il rencontre Michel Bulteau, directeur de la Nouvelle Revue de Paris, qui, le premier, publie ses poèmes; c'est le début d'une amitié indéfectible. Ce dernier lui propose également de participer à la collection des Infréquentables qu'il a créée aux éditions du Rocher. C'est ainsi que Michel Houellebecq publie en 1991 la biographie de Howard P. Lovecraft, "Contre le monde, contre la vie". Il intègre l'Assemblée Nationale en tant que secrétaire administratif. La même année paraît "Rester vivant" aux éditions de la Différence, puis chez le même éditeur, en 1992, le premier recueil de poèmes : "La Poursuite du bonheur", qui obtient le prix Tristan Tzara. Il fait la connaissance de Marie-Pierre Gauthier.
En 1994, Maurice Nadeau édite "Extension du domaine de la lutte", son premier roman, actuellement traduit en plusieurs langues, qui le fait connaître à un public plus large. Il collabore à de nombreuses revues (L'Atelier du roman, Perpendiculaires, dont il est ensuite exclu, Les Inrockuptibles). Depuis 1996, Michel Houellebecq est publié par Flammarion, où Raphaël Sorin est son éditeur. Son deuxième recueil de poèmes, "Le Sens du combat", obtient le prix de Flore 1996. "Rester vivant" et "La Poursuite du bonheur", remaniée pour l'occasion, sont réédités en un seul volume en 1997. En 1998, il reçoit le Grand Prix national des Lettres Jeunes Talents pour l'ensemble de son oeuvre. "Interventions", recueil de textes critiques et de chroniques, et "Les Particules élémentaires", son second roman traduit en plus de 25 langues et lauréat du prix Novembre, paraissent simultanément. Il épouse Marie-Pierre la même année. En 1999, il co-adapte avec Philippe Harel "Extension du domaine de la lutte" au cinéma, que ce dernier met en scène. Il publie un nouveau recueil de poèmes, "Renaissance". Au printemps 2000 sort sous le label Tricatel un disque, "Présence humaine", où ses poèmes, lus par lui-même, sont mis en musique par Bertrand Burgalat. Lanzarote, un recueil-coffret de textes et de photographies, paraît chez Flammarion au printemps 2000. Michel Houellebecq réside pendant quelques années en Irlande,dans une maison baptisée " The White House", dans le comté de Cork, où il a écrit en grande partie son troisième roman, "Plateforme".Il s'installe ensuite en Espagne.
Là, il écrit " La possibilité d'une île", qui paraît le 31 août 2005, en France et presque simultanément en Allemagne, Italie, Espagne... Ce livre obtient le Prix Interallié 2005.
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La possibilité d'une île |
| Fayard, 2005 | |
| Le dernier roman en date de Michel Houellebecq | |
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Citations: |
Avec le temps je me suis aperçu que la Russie détenait un vivier impréssionnant de poètes et d'écrivains, autant féminin
que masculin, d'ailleurs j'en ai souvent parlé afin d'apprécier cet état d'esprit autre le nôtre. Cet homme ci par exemple est déjà plus que connu à travers le monde littéraire, il a voyagé à
travers l'Europe et au delà de sa terre natale même si nul n'est prohète en son pays il aimera jusqu'à son dernier souffle sa patrie, sa chère et tendre mère patrie la Russie. Il restera
le plus célèbre des poètes lyriques Russe, Essénine a survécu à la révolution Russe qu'il décrira dans ses poèmes en 1925. Bonne lecture et je m'xcuse par avance de la longueur de
l'article.
Armando
Sergueï Alexandrovitch Essénine (en cyrillique Сергей Александрович Есенин,
également transcrit sous la forme Essenine ou Serge Essénine ou même Esenin) est un poète
marquant de la Russie du vingtième siècle. Né le 21 septembre
1895 (le 3 octobre selon le calendrier grégorien adopté en Russie dès février 1918), il mit fin à ses jours le
28 décembre 1925 à Léningrad.Sergueï
Alexandrovitch Essénine (en cyrillique Сергей Александрович Есенин,
également transcrit sous la forme Essenine ou Serge Essénine ou même Esenin) est un poète
marquant de la Russie du vingtième siècle. Né le 21 septembre
1895 (le 3 octobre selon le calendrier grégorien adopté en Russie dès février 1918), il mit fin à ses jours le
28 décembre 1925 à Léningrad.
Serguei Essenine Ou le doigt du destin
Son nom de famille, nous apprend Henri Abril, se prononce “ Lessenine ” et “ Lessen ”, signifie automne et le poète est né justement le 21 septembre 1895. (le 3 octobre selon le calendrier grégorien adapté en Russie dès février 1918).
Deux couleurs issues des entrailles du nom filial (syn), le bleu intense qui, en corrélation avec le bleu azur goulouben (titre du second recueil d’Essenine paru en 1918), imprègne toute son oeuvre jusqu’au poème persan de la fin. L’autre couleur omniprésente... le jaune d’or, est également né de son nom, “ un automne doré ” indissociable de l’âme poétique russe, nous confie encore Abril dans sa préface.
C’est ainsi que le poète aux cheveux d’or et aux yeux de ciel entrait dans le royaume incertain des hommes. Les poèmes de cette anthologie sont classés chronologiquement et s’ouvre en 1910, année où Sergueï était à l’école normale de Spas Klépiki, pour s’achever en 1927. Quinze ans pour aller de l’apprentissage à la mort, 15 années pendant lesquelles le poète s’inventera un passé personnel et familial et se tournera vers la religion pour séduire son ainé qu’il admire, Alexandre Blok, premier poète de l’époque.
Sans être un paysan véritable, son attachement à la terre, à sa patrie n’en n’est pas moins sincère. Il a vécu au milieu de la nature, et cette Russie paysanne coule dans ses veines. Il a également compris, sans doute intuitivement, le désarroi esthétique et moral des intellectuels pétersbourgeois qui ne retrouvent plus leurs racines en cette année 1915. Essenine se rapproche des socialistes révolutionnaires de gauche, mais en juillet 1918 c’est le triomphe des bolcheviks et notre poète tente de sortir de l’impasse en affirmant qu’il était avec les SR, non comme militaire, mais uniquement comme poète.
Cet épisode n’apparaîtra plus dans sa biographie rédigée en 1925. Sergueï fonde, fin 1918, l’ordre des imaginistes, avec Cherchénivitch, Ivnov et Marienhof. C’est dans les villes et plus particulièrement à Moscou que les “ happening ” ont lieu. Ces actions, comme par exemple revêtir les murs du monastère de la Passion de poèmes ne le détournent pas réellement de son amour pour la nature, la terre, sa patrie.
Le paysage que l’on découvre alors ressemble à un champ de bataille où règne la famine, la mort et la désolation. La collectivisation est à l’origine de ce désastre et le poète, toujours à la Proue des navires du monde, avait déjà pressenti la fin du tsarisme dès 1916, comme le prouvent certains de ses poèmes.
Il prophétisa également, dans un essai rédigé durant l’automne 1918 les clefs de Marie ou les sources de Marie (les deux traductions sont possibles) :
Ce qui s’offrent maintenant à nos yeux dans l’édification de la culture prolétarienne, nous le nommons : Noé lâche ses corbeaux. Nous savons combien lourdes sont les ailes du corbeau, il ne vole pas loin et il tombera sans avoir atteint le continent, sans l’avoir même aperçu ; nous savons qu’il ne reviendra pas, nous savons aussi que le rameau d’olivier ne pourra être rapporté par la colombe-image, dont les ailes sont sourdes par la foi de l’homme, laquelle ne vient pas de la conscience sociale mais de la conscience d’habiter le temple de l’éternité. Dans le long poème les juments épaves, on est frappé par l’étonnante lucidité du poète :
"Et si la faim, suintant des murs en ruines,
par les cheveux vient m’agripper,
je mangerai une moitié de ma jambe
et vous donnerez l’autre à ronger.Je ne suivrai plus les humains,
J’aime mieux crever avec vous
que prendre une pierre du sol natal
pour frapper mon prochain devenu fou..."
En 1920, naissance de son fils Konstantin, exclusion de Sergueï de l’Union panrusse des poètes à la suite d’une rixe, avec le poète Ivan Sokolov.
Beuveries, scandales, tapages, coucheries bisexuelles... Sergueï brûla sa vie par les deux bouts. Arrestation dans la nuit du 18 au 19 octobre par la Tchika à la suite d’une dénonciation. Un ancien ami, autrefois SR, aujourd’hui agent de la Tchika, le fait libérer le 25 octobre.
Privé de ses racines et du véritable visage de cette Russie qu’il aime tant, il se met à voyager à travers l’Europe et les États-Unis d’Amérique en compagnie d’Isadora Duncan. Ce sera le cycle de Moscou la saoûle (3000 exemplaires vendus en un mois) :
"Mon coeur bat de plus en plus fort,
et je parle à tort et à travers :
comme vous tous, je suis un homme perdu,
pas de retour possible en arrière."
Puis dans le cycle L’amour d’un voyou
"Le poète griffe et caresse,
c’est son destin et son devoir.
J’ai cherché à marier sans cesse
la Rose blanche au crapaud noir.Et qu’importe que dans les flammes
mes desseins roses aient péri.
Si mes démons nichaient dans l’âme,
les Anges y vivraient aussi.Moi qui n’ai pas cru à la grâce,
qui ai péché comme personne,
qu’en chemise russe on me laisse
mourir en paix sous les icônes"(1923)
Même s’ il se sent étranger dans son propre pays, Essenine continuera de chanter la Russie... Sa Russie.
Son existence devient alors une fuite, car autour de lui, s’élèvent la violence, les persécutions, l’agressivité de la presse et des écrivains.
Alors Sergueï rêve qu’il rejoint la Perse, véritable patrie des poètes. Mais les ailes d’Essenine ne semblent plus assez fortes pour le porter au-delà de cette ville tentaculaire et carnivore, de cette patrie qui n’a plus qu’un seul visage, celui de la révolution qui conduit à une impasse.
L’ange blond aux yeux de ciel est devenu un homme gris au regard terne. Il avait commencé l’homme noir en 1922. Un pressentiment, sans doute le même qui empêcha Mozart d’achever son Requiem, suspendit sa plume. En 1923, il donne une lecture de la première version de ses poèmes. Mi-novembre, défiant sans doute le doigt du destin, Sergueï termine l’homme en noir.
Je pense sincèrement que le poète a bravé la mort non pour en finir, mais justement pour contraindre les jours à changer de direction et qui sait, si au fond de lui-même, il n’espérait pas l’apparition d’un chemin de traverse qui lui eût permis de retrouver sa chère Russie, terre de ses entrailles !
Tout au long de sa brève existence, il a vu disparaître nombre de ses amis poètes et artistes, les uns fusillés, assassinés ou disparus. L’une des dernières victimes s’appelle Alexeï Ganine, fusillée dans le plus grand secret en tant que chef de l’ordre des fascistes. Face à ces incertitudes, Sergueï s’est doté d’un revolver qui ne le quitte plus. Peu après, le 31 octobre, le poète apprend le décès de son ami Frounzé sur la table d’opération (cet “ assassinat médical ” aurait été commandé par Staline lui-même).
Il s’échappe de la clinique du professeur Ganouchkine le 21 décembre 1925. Encore et toujours cette fuite vers un ailleurs encore et toujours indéfinissable mais fuir, fuir était le seul mot d’ordre possible. Cette fois, ayant quitté Moscou, il arrive à Léningrad, où il prend une chambre (la numéro cinq) à l’hôtel d’Angleterre. Il travaille avec ardeur à ses oeuvres complètes en trois volumes. En effet, Sergueï a signé le 30 juin de cette même année, un contrat avec les Editions d’État. Ce projet lui tient particulièrement à coeur.
Le 28 décembre, au petit matin, on découvre Sergueï pendu au tuyau de chauffage avec le courroie de sa valise ! Suicide ou meurtre ?... Le débat reste ouvert. Cependant, pour ma part, je ne vois pas le poète se donner la mort sans avoir mis la dernière main à ses oeuvres complètes. De plus, de nombreuses contradictions émaillent l’enquête menée avec une extrême précipitation. On relève le refus de prendre les dépositions des derniers témoins qui virent le poète vivant. On notera également la disparition de tout ceux qui attestèrent son suicide, sans oublier, une des anciennes épouses du poète, qu’on retrouvera assassinée, alors qu’elle venait d’écrire à Staline, lui révélant toute la vérité sur la mort d’Essenine. Quant aux strophes écrites avec le sang du poète, elles ne constituent qu’une interrogation supplémentaire et en aucun cas la signature d’un suicide. Néanmoins, le mystère demeure entier.
Cette publication du dernier grand poète de l’Age d’Argent, permet au lecteur de pénétrer plus profondément dans le monde complexe, tourmenté de cet ange qui ne put jamais trouver une place dans une société en pleine mutation. Tour à tour, poète paysan, houligan, imaginiste, patriote écartelé, bisexuel, noceur, et voyou, Essenine, fauché par la mort à 30 ans, entré dans les programmes scolaires, depuis 1968, dont les recueils se vendent parfois à 7 millions d’exemplaires, n’a pas fini de nous fasciner.
"Mon ami, mon ami,
Je suis malade à en crever.
Mais cette douleur d’où me vient-elle ?
Est-ce le vent qui siffle
Sur les champs déserts, désolés,
Ou bien, comme les bois en septembre,
C’est l’alcool qui effeuille ma cervelle...Ma tête agite ses oreilles,
Tel un oiseau ses ailes,
Elle n’a plus la force de se balancer
Sur le coût trépied.
Un homme noir,
Un homme noir, tout noir,
Au pied de mon lit
Vient s’asseoir,
Un homme noir
M’empêche de dormir la nuit.Et l’homme noir
Glisse son doigt sur un livre infâme ;
Nasillant au-dessus de moi,
Comme sur un mort un moine,
L’homme noir me lit la vie
D’une fripouille et d’un pochard,
En m’imbibant de peur et d’angoisse
Jusqu’au fond de l’âme,
Cet homme noir, tout noir !"
