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Alain Lefeuvre

Publié le par gentle

Je vous parle souvent et peut être trop de poètes qui sont mort de nos jours, j'ai malheureusement des difficultés en trouver des vivants et ce n'est pas faute d'écumer le web le jour comme la nuit.  Il est difficile  de faire l'apologie d'un poète ou d'un écrivain de son vivant, pourquoi faut-il qu'ils soient reconnus souvent après leurs morts ? En espérant que je n'ai pas cité cet auteur dans des pages antérieures

L'auteur dans son livre rend un vibrant hommage à la femme quand il parle d'elle comme étant une nymphe,  non pas comme d'un objet de tous les désirs mais plutôt comme étant un univers de plaisir. Mère, amante ou femme elle est la figure de proue de notre vie, tout tourne autour d'elle, un parfum un sourire un geste. Je vous laisse en sa compagnie découvrir ces quelques vers pour apprécier la qualité et la force du verbe, la magie des mots concentrés en peu de ligne. Le poète nous fait voyager à travers son univers, à travers ses émotions, ses rires, ses larmes on ne peut rester indiiférent quoiqu'il en soit. Il ouvre notre coeut et notre esprits à un rythme différent en un battement d'aile il nous transporte vers un ailleurs plus coloré plus vivant que notre routine où nous voyons tout en noir.

Amicalement

Poésie

Un coeur noir dans la lumière

mercredi 1er juin 2005.
 
Les Editions de l’Age d’Homme nous réservent, pour cet été, une véritable surprise en publiant l’œuvre poétique posthume du grand Poète Lefeuvre illustrée par Mario Mercier : le Coeur noir.
Mario Mercier, lithographie
Mario Mercier, lithographie
Né à Paris d’un père comédien et d’une mère poétesse, Alain Lefeuvre a traversé notre époque telle une comète.

 

Comment dissocier l’homme du poète tant l’existence de l’un animait la vie de l’autre ?

Celui qui m’appelait affectueusement "son fils spirituel", a caché, pendant prés de quarante années, sa poésie. Son métier de journaliste, dans lequel il excellait, lui permit de pousser toutes les portes. De la richesse à la misère la plus sordide, il fut traversé par un fleuve d’images. Son extrême sensibilité lui réclamait autre chose que des articles. Il lui fallait dire, dénoncer, crier, hurler... jusqu’à l’épuisement cette honte, cette révolte, ce doute, qui furent ses compagnons de voyage. Alors, il écrivit, il écrivit sans relâche, sans concession aucune. Chaque nuit, il laissa sa douleur et sa vie sur le papier.

Comment ne pas déborder d’amour face à tous ces anges crucifiés ? Le poète imagine un nouveau ciel où les jours ne seraient plus obscurs, où les enfants pourraient s’ébattre dans la joie et où les femmes nimbées de soleil apprivoiseraient l’amour dans les troubles de la chair.

Mais la vie du poète s’épuise et la fièvre pas à pas, cherche son cœur comme le pêché du premier homme. Alors dans l’âme d’Alain se glisse le visage de l’enfant qu’il fut. De ce "voyage tendresse", naît la vision de sa mère qui se penche, au balcon d’un passé si proche, que le poète pourrait presque l’embrasser.

Le temps surpris, ne tourne pas la tête et Alain touche les souvenirs, les plaies des jours et les tourments cachés. Les souvenirs n’ont pas de fissures et ne connaissent pas l’oubli. Ils ressemblent à des fleurs éternelles que l’existence bouscule sans parvenir à les effacer. La fêlure du corps prépare sa violence et rampe dans l’artère jusqu’au but suprême.

L’artiste ne craint pas ce cérémonial car la mort ne peut disperser le pain de son œuvre. C’est l’heure de l’interrogation suprême... Non, encore un instant, une mise en garde, un cri plus vaste que la conscience pour jeter à la face des lâches, le massacre de l’enfance. Mais, il n’est plus temps, hélas, de mettre le poing dans la gueule des meurtriers. La fièvre appelle la douleur et le sang coule dans le délire.

Encore un mot... sur la beauté, la nymphe, la femme, toutes les femmes, lascives et pulpeuses comme des pièges sublimes où s’épanouissent la caresse et l’extase. Il faut partir, oui mais pour quelle destination ?

"Je suis mort déjà tant de fois
que vienne enfin la déchirure !
Seigneur, conserve-moi la foi
visse ta clé dans ma serrure !"

Mais c’est encore l’image maternelle qui apparaît au seuil du départ.

"Mes os vomissent le saindoux
vierge souveraine et démente
au parfum d’œillet et de menthe
berce-moi sur ton cœur si doux..."

Ainsi, jusqu’au bord de la chute, jusqu’à l’ultime seconde, le poète secrétera la lumière flamboyante du verbe, comme un tourment de l’âme pour rappeler aux hommes qu’ils verrouillent leur ciel avec les crocs empoisonnés qui poussent derrière leur visage.

Le Cœur Noir, ce nouveau recueil d’Alain Lefeuvre, en forme de testament, illumine nos êtres d’un espoir qui transfigure la mort et porte le vivant message d’une poésie visionnaire et tragique, plus forte que le temps.

Alain, poète, choisira, sans hésiter, d’être rebelle pour dépecer ces marchands d’armes et tous ceux que Satan habille d’ombre et de fer. Alors il jette les mots, qui tour à tour se métamorphosent en constellations... en miracles, en injures, en cailloux et qui frôlent ou caressent La Grande Roue du monde sur l’axe du Mystère.



 

Publié dans anthologie

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Claude ARTES

Publié le par gentle

Aujourd'hui Claude Artès, qui est-il, d'où vient il ? Partons ensemble alors à sa recherche ! Hélas je n'ai pu trouver aucune information sur ce poète, ce qui signifie que cet homme là est encore vivant et que nous aurions, peut être, la chance de lire d'autres ouvrages de lui. Mais pour faire sa connaissance commençons par ce livre et ces quelques vers qu'il nous livre et que pour ma part j'ai apprécier le style. J'espère qu'il en sera de même pour vous. Pas de fioriture les mots sont simples, ils expriment de façon clair et précises les émotions que l'auteur fait passer dans son livre. Une belle déclaration d'amour que nous livre Claude ARTES dans les "bonheurs inaperçus"
Amicalement
Gentle13




Les bonheurs inaperçus ou le voile des chemins

vendredi 1er juillet 2005.
 
Les Chemins de Plume nous proposent, pour honorer la halte des vacances, un nouveau recueil de Claude Artès dont la couverture est signée Pascal Olivier Reynaud.
Claude Artes : Les Bonheurs inaperçus
Claude Artes : Les Bonheurs inaperçus
Editions Chemins de Plume,
Vous qui allez remonter le temps par les chemins d’un repos bien mérité, n’oubliez surtout pas de vous munir de ce petit recueil d’un poète authentique. Son nouveau format qui pourrait rappeler celui d’Actes Sud, invite au voyage et à la rêverie. Quelques mots suffisent à planter le décor et Claude Artès connaît, depuis sa tendre enfance, le royaume des sentiments.

L’évasion passe aussi par la marche éternelle et somptueuse des paysages. La nature se pare, selon les saisons, de brumes ou de lumière, de masques sévères ou de fragiles sourires.

La terre murmure à l’aube d’un baiser et dans le silence, on peut entendre la douceur d’un rêve qui passe.

Le poète partage avec le lecteur son enthousiasme et soulève ici et là un monde inconnu où l’image se balance au dessus de la vie.

N’oubliez pas ce recueil, il sera le confident et la mémoire de vos heures forgées sur l’enclume farouche des rires de l’été.

"Simplement aimer ton sourire
Qui se reflète dans l’eau
Ecouter le vent aiguiser
Son cœur à la pierre de l’amour
Et redécouvrir ces parcelles
De bonheur simple
Collectionner tes rires
Garder en écharpe ces moments
Passés à tes côtés
Et au cœur des églises
Laisser le silence et le calme
Se poser sur les heures..."

Claude Artes, "Les Bonheurs inaperçus", Editions Chemins de Plume -

Victor Varjac

Publié dans anthologie

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Poésie et poète Russe

Publié le par gentle

Aujourd'hui la Russie  est à l'honneur, anthologie vous propoose une ballade dans l'univers de Sergue Essenine, toujours à tittre posthume parce que même là ils sont présent imposant par leur manière d'écrire et par le message qu'ils laissent à travers leurs écrits. Toujours des grands moments quand on lit ce genre d'oeuvre. L'homme à du talent c'est indéniable. Bonne lecture et bonne journée à toutes et à tous qui prenait sur votre temps pour venir me rendre visite. Meci beaucoup
Gentle13

Sergueï Essénine.
Sergueï Essénine.

Sergueï Alexandrovitch Essénine (en cyrillique Сергей Александрович Есенин, également transcrit sous la forme Essenine ou Serge Essénine ou même Esenin) est un poète marquant de la Russie du vingtième siècle. Né le 21 septembre 1895 (le 3 octobre selon le calendrier grégorien adopté en Russie dès février 1918), il mit fin à ses jours le 28 décembre 1925 à Léningrad.



Journal d’un poète ou la mémoire d’une âme errante

vendredi 1er juillet 2005.
 
Heureuse initiative, cette parution bilingue du journal d’un poète aux éditions de la Différence de Sergueï Essenine. Qui peut aujourd’hui décrire le visage de cette comète russe, si mal connue en France ?
Sergueï Essenine : Journal du poète
Sergueï Essenine : Journal du poète
Editions de la Différence,
Poète sans aucun doute, mais aussi en ce début du XXème siècle, véritable âge d’or de la poésie, paysan, malfrat, vagabond des mots...

Cet éternel adolescent n’est pas sans nous rappeler l’image de Rimbaud parcourant "de ses souliers blessés". Le long serpent des routes qui menait à la Capitale. Un jour de Printemps 1915, Sergueï entre dans St Pétersbourg, la ville trépidante et magique.

En quelques mois à peine, cet ange aux yeux d’infini, à la démarche aérienne qui semble incarner la Russie ancestrale dont les steppes portent les racines, fait chavirer le tout Pétersbourg.

Sergueï fait paraître en 1916 son premier recueil Radounitsa que l’on pourrait traduire littéralement par "temps d’allégresse."

Les années qui suivent matérialisent, comme le chant de la terre dont il semble porteur, sont irrésistible ascension, mais la lumière possède toujours son pendant de ténèbres et cette admirable réussite littéraire et poétique s’accompagne d’une vie tapageuse. Le poète quitte sa terre natale pour suivre la belle danseuse américaine Isadora Duncan.

La rupture de ce couple en vue ramènera le poète dans son pays en 1921. A son retour, Sergueï fut littéralement porté en triomphe comme l’enfant prodige. Ses faits et gestes devinrent des modèles jusqu’à son suicide en 1925 qui déclenchera de véritables vocations pour la mort.

Une foule immense assiste à ses obsèques, les poètes se bousculent autour de leur idole et quelques temps plus tard, une amie du disparu s’immolera sur sa tombe.

Dans ce journal, livre de bord où les poèmes nous coûtent la vie d’un artiste à la fois sensible et furieux, sans cesse entre le choix et l’abandon, les rires et les pleurs, nous retrouvons les racines même de la lumière chevauchant l’étalon de la mort.

Fragile équilibre d’une âme errante qui sillonne les routes à la recherche du mirage inconstant du destin.

Trois mois avant son suicide, le poète épouse la petite fille de Léon Tolstoï, Sophie.

Les poèmes de ce journal dessinent au fil des pages, la silhouette attachante et terrible d’un artiste à la recherche d’un verbe au delà du monde, pour éteindre le feu de son âme dévastée.

Ce recueil est plus qu’un témoignage, il représente le drame intérieur d’un homme dont les vers incarnent l’indicible langage des cœurs assoiffés près des puits recouvert par le voile absurde et cruel du quotidien.

Le présent ouvrage s’achève par trois documents pris sur le vif et quelques photographies du poète et de ses proches.

"...La lune est morte.
A la fenêtre point l’aube bleue.
Ah ! nuit de misère !
qu’as-tu encore manigancé, ô nuit !
Je suis là, en haut-de-forme.
Personne.
Je suis seul...
devant le miroir brisé... "

Publié dans anthologie

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Jean MALRIEU

Publié le par gentle

Pour vous mesdames, messieurs mes fidèles lectrices et lecteurs depuis le début de mon aventure sur les blog, je vous présente ,au cas où comme moi cet écrivain vous le connaissez pas ou peu, Jean MALRIEU. Pour ma part je découvre avec plaisir  même si c' est à titre posthume, en fait un je rends par la même occasion un hommage à la poésie, aux poètes même s'il ne sont pas très renommés. Justement le but étant de mettre en évidence des hommes peu connus mais dont les écrits nous parviennent pour notre plus grand plaisir et ce grâce à des hommes comme Victor VARJAC dans le panorama du livre un site exceptionnel que j'ai trové en furetant sur le net

Armando

Retrouvailles avec un poète disparu


poète
      Jean Malrieu
         
biographie
      (1915-1975)
Né en 1915 à Montauban. Il suit des études de droit et devient instituteur. Militant du parti communiste, il crée Action poétique avec Gérald Neveu, en 1951, dans lequel il livre quelques poèmes politiques. Ses premiers poèmes paraissent dans Lettres françaises et dans Les Cahiers du Sud. Poète de l’amour, de l’espoir, il célèbre la vie avec des paroles simples qui font entendre des valeurs humaines universelles.

 

 

Poésie

Jean MALRIEU Ou "Le temps déchiré de l’amour"

mercredi 1er juin 2005.
 
Le Cherche Midi, toujours quêteur authentique et pur, vient de publier l’œuvre poétique (1935-1976) de Jean Malrieu sous le titre énigmatique et admirable Libre comme une maison en flammes.
Jean Malrieu : Libre comme un maison en flammes
Jean Malrieu : Libre comme un maison en flammes
Le Cherche Midi, EAN : 9782749103193, 25 €
Jean Malrieu est né à Montauban le 29 août 1915. Ses parents sont originaires de Bourret dans le Tarn et Garonne.

 

Les premières années seront un enchantement qui se poursuivra pendant l’adolescence. Il était cet enfant dont les yeux "sont pleins de choses naturelles."

Au seuil de l’âge adulte, il confiera : "je mourrai usé car je laisse un peu de moi sur toutes choses... il faut que je sois toujours en adoration pour ne plus souffrir de moi." Cette réflexion constitue la ligne même de son destin : "je veux me perdre dans l’absolu de l’amour".

Justement voici venu le temps de la découverte, de l’amour et de la fraternité. Jean rencontre Georges Herment. Ce sera le début d’une grande amitié qui aura pour support l’initiation du jeune homme à la poésie contemporaine et au jazz. Notre poète en herbe se voit pour la première fois publié dans le revue "jazz Hot" par Hugues Parnassic. Nous sommes en 1935, Jean à tout juste 20 ans.

Ce sera le début d’une activité artistique et littéraire particulièrement intense. Il correspond à présent avec Cocteau et Max Jacob. Il écrit des poèmes naturellement : Automne, le Pain des cages, les chances réelles, mais également de la prose. Notons Aller et Retour qu’il dédit à Marie Thérèse Brousse, (qui deviendra Lilette, puis son épouse en 1938). Lilette taquine la muse et publiera quelques poèmes dans la revue de Jean, "Action Poétique", puis dans les "Cahiers du Sud".

Ce sudiste se rend à Paris pour commencer des études de droit... qui ne peuvent ni lui convenir, ni le satisfaire.

1936, il accomplit son service militaire. Il se tourne vers le front populaire et prend position en faveur des républicains espagnols.

Il est mobilisé durant l’hiver 39/40, la drôle de guerre. Une fois la défaite consommée, il rejoint sa famille à Montauban.

Son écriture poétique oscille entre la féerie et le désespoir. Il fait paraître en 1942, une brochure, s’appuyant sur les notes de son père Histoire de Montauban et de ses cantons.

Pour survivre, il occupe différents emplois. Il deviendra pour un temps vélo-taxi, puis obtiendra un poste d’instituteur qui le mènera dans plusieurs villages du Tarn et Garonne.

La Grande Roue de la vie, toujours en marche voit disparaître ses parents, juste avant la naissance, en 1943, de son fils Pierre.

Il poursuit sa route poétique avec notamment Les lavandières ou le cœur du moment. Cet ouvrage ne sera édité qu’en 1979.

A la libération, il adhère au Parti Communiste. Il apprend que sa sœur et son beau frère sont morts en déportation. Le souvenir de cette sœur chérie, accusée du crime de résistance, ne le quittera plus.

Le poète traverse alors une période chaotique ou la pendule intérieure s’emballe. La boussole du coeur semble avoir perdu ses repères.

En 1948, nous le retrouvons à Marseille où il enseigne aux enfants qu’il aime tant. Les conditions matérielles sont précaires et l’équilibre instable. Il écrit un roman Avec armes et bagages (qui paraîtra en feuilleton dans la revue Europe en 1952).

1950 sera l’année décisive. Elsa Triolet le publie dans Les Lettres Françaises et ce n’est autre qu’Aragon qui le présente. Il participe aussi à la revue de Jean Ballard "Les cahiers du Sud" jusqu’à la disparition de cette dernière en 1966.

Son isolement prend fin lorsqu’il crée avec des amis et Gérald Neveu, l’Association des Poètes de Marseille. La revue s’appelle "Action Poétique". Il continue de militer pour le Parti et confie à cette presse, des poèmes de circonstances.

En mars 1953 paraît son premier livre Préface à l’amour, qui reçoit le Prix Apollinaire. Il rend visite à André Breton et collabore aux publications surréalistes.

Mai 1956 marque l’époque d’une crise, la plus importante sans doute et la plus douloureuse de son existence. Lilette le quitte pour quelques mois : "j’ai perdu, je n’ai pas su vivre, je n’ai pas su aimer. Quel épitaphe !"

Après l’intervention soviétique en Hongrie, le poète prend ses distances avec le Parti Communiste.

La mort de Gérald Neveu, en février 1960, l’atteint profondément. Il s’active autour des œuvres de son ami. Il les préfacera, les fera connaître. (Fournaise obscure en particulier). Il lui consacrera un volume dans la collection "Poète d’aujourd’hui" en 1974.

En 1964, l’infarctus lui fait toucher les deux doigts de la mort, mais le poète n’a pas achevé sa ligne de lumière.

Vesper sera le dernier ouvrage écrit à Montauban. Il achète alors une maison où il passera ses vacances. Ce havre de paix situé à Penne de Tarn lui inspirera Penne d’Albigeois à travers l’histoire, texte écrit avec son fils Pierre (1969).

Les poèmes se succèdent sans interruption. La vie poétique coule, comme une source, du diamant de sa plume. 1973, Vesper reçoit le Prix Artaud. Il publie ensuite Le nom secret, suivi de la Vallée des Rois. Puis survient la réédition de Préface de l’amour augmentée d’Hectares de soleil, Le château cathare etc. En 1970, pour que vive intensément le poème avec Yves Broussard, il fonde une revue, à Marseille "Sud". Sa devise est une phrase de Joë Bousquet : "Révolte de l’homme du midi qui veut être la chair de son chant".

En 1975, il quitte l’enseignement. Depuis son infarctus, l’homme se sent fatigué, vidé, mais il ne s’écoute pas. La poésie est une amante vorace qui brûle ses pas plus sûrement que la braise.

Après un hiver plus pénible que les précédents, le poète se découvre, avec le Printemps, une occupation nouvelle. Il devient le guide du Château de Bruniquel, un village voisin.

Hélas, il n’a guère le temps d’occuper ce nouveau poste, car il est piqué par une tique.

Il ignore ce qui le fait souffrir et qui l’affaiblit davantage. Notre poète rassemble le peu de force qui lui reste pour signer à Toulouse Le plus pauvre Héritier.

Il est conduit, peu après cette dernière parution en public, à l’Hôpital de Montauban. Le poète s’éteint à l’aube. Nous sommes le 24 avril 1976.

Sur la tombe de Jean, on peut lire :

"Même le temps est accepté, ce provisoire des merveilles".

Lilette le rejoindra vingt ans plus tard en 1996.

"un homme est toujours sauvé par sa vie" nous dit le poète, mais son œuvre nous le restitue à tout jamais.

Si Jean Malrieu écrivait beaucoup et rapidement, "sous la dictée des voyageuses", j’invite tous les amoureux du verbe à venir se plonger dans les 500 pages de cet ouvrage magnifique, où les mots "font de l’or sous la langue".

"Cette plainte merveilleuse de l’âme, c’est l’amour.
Ecoute-la. Je n’ai point d’âge, mais, nourri d’épices, chargé de sel, couvert d’humus, empli de choses à naître,
Je suis maître de moi comme d’un navire et mon corps est un voilier d’avril, de vice, d’impudeur.
J’ose aimer et je délire.
Notre d’amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.
Cherche-moi. Trouve-moi.
Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs au dessus de la mort."

Publié dans anthologie

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Inspiration

Publié le par gentle

 

Maintenir un blog en vie n’est pas une mince affaire,  je me rends compte chaque jours qui passe, pour le rendre attractif. Il faut toujours trouver quelque chose de nouveau et d’accrocheur : Un texte, une image, un livre une poésie peu importe je dirais mais quelque chose qui parle au lecteur et l’incite à revenir encore et toujours et là je sens un malaise un vide je m’essouffle et perd du terrain, j’ai peur de lâcher prise et d’abandonner cette aventure qui m’a tant passionné parce que cela m’a permis de vous connaître à toutes et à tous. Un blog avant tout est un espace d’échange, un lieu de convivialité où chacun de nous aime à venir se détendre, apprendre, découvrir où chacun de nous aime à donner son avis sur un article, un livre, un dessin etc.

 

En panne d'inspiration, le vague à l'âme me saisi et me jette à terre telle une marionnette de chiffon. Je ne peux lutter contre cette attraction au désespoir qui me gagne sans que j'en connaisse la cause mais je lutte pieds et poings contre cette gangrène qui veut me faire plier pour m'assujettir et me déposséder de mon âme poétique. Je sortirais vainqueur de cette bataille car je me refuse à abdiquer devant la fatalité, je ne sombrerais pas dans l'oublie sans combattre (la phrase n’est pas de moi-même mais tiré d’un film que j’ai bien aimé : (Indépendance day) même s'il y a des destins auxquels on ne peut échapper. Et le mien me semble t il c’est l’anonymat un endroit clos, sombre et froid, dans lequel je suis enfermé et dont je ne puis en sortir. Les mots dans ma tête vont et viennent on se tournent autour sans jamais se trouver, tantôt ennemis tantôt amis un jours ils m’assaillent un jour ils me fuient mais ils sont là tapis dans un coin de ma conscience attendant un déclic quelconque pour jaillir comme un djinn trop longtemps comprimé dans sa bouteille et se mettre à la disposition de son maître.

 

Peut être que ce texte vous paraîtra absurde peut être pas mais je pense chaque mot que j’écris et chaque mot est pesé à l’aune de ma conscience il est décortiqué marqué au fer rouge débarrassé de tout sentiment d’inutilité pour révéler sa vraie nature car les mots ont une âme ils vivent et meurent selon si on les emploient ou pas. Les mots ne sont pas tendres quand ils sont justes. Une bouteille à la mer qui parcourt l’océan des mots pour arriver jusqu’à vous et toucher votre âme.

Le temps des mots est révolu si l'action ne lui emboîte pas le pas
La vie est là devant nous belle, ardente et désirable, commettons le pêché d'y croquer comme Eve l'a fait dans la pomme.

Ne nous résignons pas, nous sommes les artisans de notre vie, de notre bonheur ou malheur selon les choix que nous faisons et chaque pas vers la connaissance de nous même nous approche de la victoire finale : Etre détaché des valeurs matérielles qui corromps notre esprits et nous lie au monde infernal du matérialisme.

 

 Ne perdons pas le sens des réalités et des priorités l’essentiel dans la vie c’est l’être et non la matière qui ne doit servir que de moyen et non de fin en soi : La matière en question c’est l’argent ce fléau qui empoissonne notre existence quand on n’en manque et nous pousse à l’excentricité quand on n’en à trop.

 

Juste milieu ou te situe tu ?

 

Nul et partout, ici comme ailleurs à toi de me trouver, je ne vais pas non plus te mâcher tout le travail ! Répondit il d’un ton détaché et sans aménité, le ton froid et dur comme les trottoirs de nos villes ou dorment et meurent nombre d’entre nous. Est coupable celui qui commet comme celui qui subit ; La vie est une arène où l’homme combat l’homme gladiateurs des temps modernes où la passion laisse la place à l’argent.

Vanité des vanités tout n’est que vanité.

 

Publié dans texte perso

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Le petit Prince

Publié le par gentle

Le hasard faisant, dit on bien les choses, enlisant mes lisant mes email je tombe sur une un la news letter de prismeshebdo auxquelles je me suis abonné et qui traite comme le dit, l encart, de spiritualité et d'ésotérisme. Aujourd'hui donc je découvre Saint Exupéry que tout le monde connaît pour avoir lu, heu sauf moi avouerais-je humblement, le petit Prince. La lettre cependant met en valeur un autre côté de l'homme que je vous laisse découvrir. J'espère que ce choix là vous plaira autant qu'à moi
Amicalement
Gentle 13



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Saint-Exupéry : survol initiatique
13/04/2007

  
Nouveau !... Particuliers, professionnels, auteur(e)s ou éditeurs, vous avez été nombreux à nous l’avoir demandé : comment participer au travail de Prismes Hebdo et faire profiter auprès de l’importante communauté de Prismes hebdo de vos contributions : dossiers de presse, articles, avant-première d’ouvrages, planning de conférences ? Votre demande a été prise en compte et vous pouvez désormais proposer directement en ligne vos articles en ouvrant un compte sur le magazine bien connu des Spiritualités et de la Tradition en utilisant la fonction « créer un compte ». Ce service est actuellement totalement gratuit pour les particuliers pendant une période de deux mois. Pour les professionnels, merci de nous contacter par e-mail pour connaître nos conditions. Vous pouvez à votre façon contribuer au développement d’un magazine indépendant et libre de tout sectarisme. Comme vous le savez nous ne sommes inféodés à aucune obédience et gardons notre libre faculté d’appréciation de la vie initiatique francophone, alors n’hésitez pas à nous aider en utilisant le service « Paypal » mis à disposition (paiement sécurisé). Vos dons (à partir de 15 euros), seront utilisés dans le cadre des développements du site et nous permettront de poursuivre au dehors l’œuvre commencée au-dedans… Avec plus de 1.000 consultations par jour et parfois jusqu’à 2.000 consultations, Prismes Hebdo héritier du site Contrepoints est en passe de devenir le premier magazine ésotérique de qualité en ligne. Une version papier sera également bientôt disponible en kiosque. Merci à toutes et à tous de votre fidélité. JK, rédacteur en chef
  
 
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Le Petit Prince est une turquerie qui sent le soufre, au figuré comme à la lettre. Le Petit prince ou "petit roi" en est le héros mais comment comprendre qu'au travers de cette fiction se trame un conte alchimique à "dormir debout" ?

C'est Henri Bodard qui avait dans son article paru dans le numéro 392 d'Atlantis soulevé ce point de science. Nous en donnons quelques extraits.

Toujours est-il que le Petit Prince arrive sur notre Terre qui est la septième planète qu'il aborde. Mais pour s'en échapper, le procédé précédemment utilisé ne sera plus de mise, il lui faudra subir, suite à la piqûre d'un serpent, animal de caractère mercuriel, une dissolution de son corps qui évoque la solution de la rémore dans le vase philosophal, dès le début du troisième œuvre. De même, après avoir trouvé le petit Jésus, le retour des Mages a dû se faire par un autre chemin. Toutes ces analogies sont assez étonnantes.

La « turquerie » fictive mise en scène par l'auteur au sujet du nom de l'astéroïde d'origine du Petit Prince, met très habilement à profit les réformes d'Ataturk, quoique en invoquant celles-ci avec une chronologie inexacte.

Une première fois, notre astronome turc fait part de sa découverte, vêtu à la manière traditionnelle de son pays, « mais personne ne l'avait cru à cause de son costume ».
La seconde fois qu'il annonce la même découverte, en 1920, il est habillé, nous dit-on, à l'européenne, « et cette fois-ci tout le monde fut de son avis ».
Manifestement, c'est la même chose qui se trouve relatée deux fois : d'abord sous un accoutrement suranné, puis sous une nouvelle tenue à la mode. Cette deuxième fois, c'est donc, très littéralement, une révélation, c'est-à-dire une vêture différente; et, grâce à celle-ci, l'auditoire est conquis.
Or, révélation n'est point dévoilement, mais seulement focaliser, l'attention sur l'existence de quelque contenu caché. Comment trouver celui-ci ? Comment donc décrypter ce "truc" turc ?
Nous pensons qu'on pourrait y parvenir de la manière suivante. Avant les réformes de notre dictateur, la langue turque s'écrivait à l'aide des caractères arabes, donc de droite à gauche. Depuis ses réformes, elle utilise l'alphabet latin, et les caractères des mots se suivent désormais au rebours de ce qu'ils faisaient auparavant. Ceci nous invite, dès lors, à prendre, nous aussi, à rebours ce que l'auteur nous a livré la première fois sur la planète B 612 d'origine du Petit Prince, pour en faire le corps céleste 216 B de son arrivée, c'est-à-dire la Terre, et à attribuer aussi ce même code, pendant son séjour, à ce singulier terrien d'adoption.

Fulcanelli nous indique, d'ailleurs, que le petit roi issu des sublimations a une nature terreuse. Et, précisément, Eugène Canseliet a révélé que 216 serait la masse atomique du corps le constituant. Dès lors, la lettre B qui accompagne ce nombre pourrait peut-être s'interpréter grâce à la signification secrète de cette consonne, laquelle évoque la maison, et aussi bien la case. On aurait donc ici l'élément de la case de la table de Mendéléïev où la masse atomique est 216..

On s'abstiendra ici de gloser sur le fait que 216 = 6 x 6 x 6, ce qui évoque le nombre 66627 ; mais on ne manquera pas de remarquer que le nombre 6 est très fréquemment et préférentiellement cité dans le conte qui sollicite notre attention.Finalement ne sarit-on pas à la recherche de la matière première, l'âme des métaux dont d'aucun prétendent qu'il s'agit du soufre également appelé "la fleur des hommes" et symbolisé sous forme d'une rose. Nous ommes en plein hermétisme derrière l'aspect presque infantile du conte. Mais ce sont les personnes sérieuses qui l'entendent ainsi.

Remarquons d'abord que l'Hermétisme est la doctrine attribuée à Hermès, Messager ailé des dieux dans la mythologie de la Grèce antique. Ceci cadre donc bien, dès l'abord, avec le rôle de notre héros de l'aviation postale. Et ceci d'autant mieux qu'un aéroplane ancien, avec ses grandes ailes entourant la tête casquée du pilote, laquelle émerge en plein air de la carlingue, corps de l'avion dont la queue se termine par d'autres petites ailes, n'est pas sans présenter beaucoup de ressemblances avec la représentation classique du Messager des dieux.

Celui-ci, en effet, y porte un casque pourvu d'ailes n'est aussi chaussé de talonnières, pareillement équipées de petites ailes. Il tient son caducée qui évoque une hélice.

"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas." Soit là encore un bi-plan.
C'est-à-dire qu'il confirme, bien à propos, l'analogie que nous venons de remarquer entre les deux plans (bi-plan) terrestre et céleste.

Dernier points ur l'ésotérisme du message de Saint-Exupéry : l'étymologie de son nom.
Exupéry rappelle, en effet, de manière à la fois très surprenante et très précise le verbe latin exsuperare (qui fait exupero, à la première personne du singulier au présent de l'indicatif). Or, la signification de ce mot est: « s'élever au-dessus, franchir, surpasser. Voilà donc l'énoncé d'actions parfaitement appropriées, aussi bien à ce surhomme qu'à ses valeureux camarades de l'aéropostale, qui surmontant les difficultés, s'élèvent sur des avions rudimentaires et peu sûrs pour traverser les mers immenses prêtes à les engloutir, et les déserts hostiles tant par leurs conditions météorologiques que du fait de leurs habitants inamicaux, pour franchir ou même sillonner les redoutables chaînes de montagne, telles que l'âpre Cordillère des Andes.

Certes, si l'Hermès grec déploie son action sur le plan éthéré de la Mythologie, les Romains, avec leur esprit pratique, lui ont fait le visage de Mercure, qui est aussi le dieu des voyageurs, du commerce et même des voleurs, au niveau terre à terre. C'est ainsi qu'à l'instar de ces derniers, notre siècle, il faut le constater, a suscité les actions héroïques de pionniers et leur sacrifice éventuel, pour le développement du transport rapide du courrier entre l'Europe et l'Amérique du Sud à des fins mercantiles.

Arrivé en ce point, le lecteur est en droit de nous poser la question fondamentale : Antoine de Saint-Exupéry était-il donc un hermétiste ? A cette interrogation, nous sommes d'avis qu'il faut répondre par l'affirmative sans hésiter, et même, nous essaierons de montrer qu'il connaissait au moins certains secrets de l'alchimie du laboratoire par la voie sèche. Certes, de nos jours, après l'apostolat mené par Eugène Canseliet pour faire connaître à nos contemporains, l'Alchimie - seule planche de salut pour notre humanité, comme il ne manquait pas de le déclarer -, ces choses-là sont connues de nombreux amateurs de l'occulte.

L'alchimiste Normand Nicolas Valois n'a t-il pas, en fait, répété :

En perdant la pureté du cœur, on perd la Science.

à méditer en ces temps incertains d'arrogance et de mépris.




  
 

L'ésotérisme du Petit Prince


13 avril 2007
image
L'ésotérisme du Petit Prince de Saint-Exupéry suivi de l'aventure initiatique du Petit Prince, de Siddartha, de Jonatahn Livingstone le Goéland ... par Emmanuel Yves Monin. Editions Dervy. ISBN : 978-2-84454-473-5.

Pourquoi le Monde entier demeure-t-il captivé,
depuis 1943, par la lecture du "Petit Prince",
en faisant ainsi Le best-seller international?

la Voie du Bonheur...

Le message d'un des livres les plus lus au monde
qui rejoint les enseignements traditionnels de toutes les civilisations:
Sans nul doute parce que ce chef-d'oeuvre de Saint-Exupéry non seulement évoque des thèmes éternels,
mais apporte également et surtout des réponses non moins éternelles et universelles à toutes les questions vitales qui en surgissent...

Que dissimulent les images de la Rose, du Désert, du Puits ?

Que sont véritablement le Renard, le Pilote, le Serpent ?

Que signifie le mythe du Petit Prince ?

"Puis-je espérer d'autres vérités que symbolique !"
s'exclame Saint-Exupéry ...
Et c'est bien cela, l'Esotérisme :
un enseignement qui, transmis par des symboles, est "invisible pour les yeux".

Ce conte pour lecteurs de tous âges est ici décrypté à partir de messages similaires véhiculés par les spiritualités de tous Peuples.

Quel constat édifiant !

Quelle vision optimiste peut en naître, d'une pensée élévée, conciliatrice, utile, génératrice de bonheur et de compréhension !

Il a tant d'amis, le Petit Prince...et dans le monde entier !

Chacun ne trouve-t-il pas, dans son aventure extraordinaire, des raisons d'espérer, mais également et surtout la possibilité de comprendre ?... De comprendre les hommes et l'existence...Certains se nourrissent de ce récit
Pour lire la suite...

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Lire encore et toujours

Publié le par gentle

Aujourd'hui une série d'ouvrage que je découvre sur le panorama du livre le site littéraire dont je me sers pour dénicher tous les poèmes et romans qui alimentent ce blog depuis quelque temps déjà et dont vous me faites le plaisir de me suivre pour commencer un petit chef d'oeuvre que victor VARJAC nous fait découvrir. Sur les neuf titres présentés j'en ai choisis trois en espérant que mes choix correspondront aux vôtres. Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne journée et d'agréable lecture
Armando

Perla

lundi 9 avril 2007.
 
Pensées lancées sur le long chemin du deuil d’une mère...
Frédéric Brun : Perla
Frédéric Brun : Perla
Editions Stock,
Voilà un ouvrage à part.

à part car inclassable : il ne s’agit ni d’un essai, ni d’un journa, ni d’un roman ; à part aussi car d’une fulgurante beauté.

Les premiers mots, la toute première phrase ancrent le texte dans le documentaire et l’émotionnel en percutant le lecteur.

Une mère est morte - une mère au passé douloureux et dont l’histoire rejoint celle du XXème siècle - un homme - qui sera à jamais son petit enfant - écrit pour comprendre et apprivoiser l’absence ; mais guérit-on jamais de la perte de sa maman ?

Bouleversant et lumineux à découvrir absolument.



La théorie des cordes

lundi 2 avril 2007.
 
Un roman décapant et bluffant sur les énigmes de la physique...
José Carlos Somoza : La théorie des cordes
José Carlos Somoza : La théorie des cordes
Editions Actes Sud,
José Carlos Somoza est de retour !

On avait aimé La caverne des idées, on a été intrigué par Clara et la pénombre et littéralement soufflé par la dame N°13 et c’est donc avec des frissons d’anticipation qu’on a découvert cette nouvelle perle du plus intrusif des romancier... Et on a pas été déçu !

Imaginez que des physiciens se rassemblent afin de travailler sur une théorie selon laquelle on pourrait ’ouvrir’ le temps et ainsi se retrouver face à des images du passé... Voila bien une extraordinaire découverte, porteuse d’espoir mais aussi - comme dans toute expérience - de sa part d’ombre... Et quelle ombre !

Bluffant et mené tambour battant, M.Somoza nous entraine à sa suite dans cette histoire au coeur des sciences et s’impose à nouveau comme l’un des meilleurs auteurs étrangers du début du XXIème siècle !

A découvrir absolument !

Mal de pierres

jeudi 1er mars 2007.
 
"...sait-on jamais tout de quelqu’un, aussi proche soit-il..."
Milena Agus : Mal de pierres
Milena Agus : Mal de pierres
Editions Liana Levi,

Voilà un texte qui ne peut être lu en demi-teintes ; on aime ou on déteste et ce, dès les premières lignes tant le style - désarmant de fausse simplicité - et le ton - tour à tour cru et poétique déroutent le lecteur.

La narratrice - petite-fille de l’héroïne( ?) de ce court récit - nous présente sa grand-mère ; Une femme sarde comme il en existait beaucoup à la fin de la deuxième guerre, à cela près que son côté fantasque en faisait un être à part dans une société archaïque où le rôle des femmes se réduisaient à mettre au mondes des enfants et à les élever à l’abri des murs de pierre.

Un texte profondement grave et humain à découvrir.

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Amour et désespoir

Publié le par gentle

Que faire de ces jours qui me restent à vivre, l’amour nous quitte, nous fui, en nous laissant désespéré sur le quai d’une gare. Nous restons là hébétés sans bien comprendre ce qui nous tombe dessus.

 

Là les bras ballant la tête et le cœur à l’envers

Le monde s’écroule sur vous

Vous êtes enseveli sous des tonnes d’incompréhension

Et pourtant quelque part au fond de vous une petite voix vous parle

 

Que vous dit elle ?

Ah ! Mystère

Vous voulez vous vraiment savoir !

Etes-vous  prêt à entendre votre propre vérité !

 

Etes vous sûr de vouloir voir votre vrai visage sans en avoir honte ?

Et une voix surgit du néant en hurlant

Des mots incompréhensibles

Car vous parlez le langage de la colère

 

Mépris et dépit mais le mal est fait

Regret et remord à quoi bon !

Que vous reste-t-il ?

Solitude et chagrin voilà votre lot

 

Les mots ne sont pas tendres quand ils sont justes

A nous de savoir les accepter quand nous sommes coupables.

Fuir par manque de courage, abandon par faiblesse nous nous trouvons toutes les excuses pour abréger une situation que nous avons souvent crée nous même. Seulement nous ne sommes pas seuls en cause il y a l’autre qui ne comprend pas ce qui lui arrive, qui se retrouve devant le fait accompli parce que nous ne lui laissons aucun autre choix qu’un vide indescriptible. Une solitude subite, on se trouve comme amputé d’une partie de soi et il faut vivre avec parce que la vie continue mais le cœur n’y est plus, l’envie non plus car chaque jour faut trouver une raison particulière pour rester en vie. D’un coup notre ciel s’obscurci, les nuages noires s’amoncellent une averse de larmes à vous noyer dans le chagrin : Le vôtre. 

Gentle 13

Publié dans texte perso

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victor hugo

Publié le par gentle

Voilà pour moi un des très grands poète du dix neuf siècles, Victor HUGO, poète et homme engagé, il a été un géant. Que puis-je dire de plus que vous ne connaissez déjà, d'ailleurs sur le net on peut trouver une quantité de site qui parle de lui de façon admirable et qui mettent en valeurs sa vie d'écrivain, de poète, d'homme politique, d'amant et d'homme mariée et de père de famille. Hé oui c'est un "cavaleur de première" qui  a aimé les femmes
Armando

 

Maidon de Victor Hugo, Paris
Victor Hugo jeune,,
dessin d'Adèle Foucher,
la future Madame Hugo.

Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802. Fils d'un général de Napoléon, il suivit d'abord son père dans le hasard des expéditions et des campagnes, en Italie, en Espagne, où il fut page du roi Joseph et élève au séminaire des nobles de Madrid. Vers l'âge de onze ans, il vint s'établir avec sa mère, séparée à cette époque du général, à Paris, dans le quartier, presque désert alors, du Val-de-Grâce. C'est là qu'il grandit dans une liberté d'esprit et de lectures absolue, sous les yeux d'une mère extrêmement indulgente et assez insoucieuse à l'endroit de l'éducation. Il s'éleva tout seul, lut beaucoup, au hasard, s'éprit, dès quinze ans, à la fois de vers et de mathématiques, se préparant à l'École polytechnique et concourant aux Jeux floraux.

 

Victor Hugo dans l’arène politique où le poète au service de l’humanité

lundi 14 novembre 2005.
 
Victor Hugo, vous connaissez ? Je n’en suis pas si sûr, c’est sans doute la raison pour laquelle les éditions Bayard viennent de faire paraître, sous la plume de Michel Winock, un ouvrage qui pousse une porte nouvelle.
Michel Winock : Victor Hugo (dans l’arène politique)
Michel Winock : Victor Hugo (dans l’arène politique
Depuis la disparition de celui qui marqua le XIXe siècle de son oeuvre titanesque, nous nous apercevons que le poète est aussi un "labyrinthe-océan".

Ce catholique, ce royaliste, du parti des ultras, après un périple de quatre vingt trois ans, meurt républicain !

Catholique, certes, mais certainement pas dévot, puisqu’il traîne les pieds pour se rendre à la messe, comme le lui demande de l’abbé de Lamennais. À 20 ans, on le nomme poète des ultras. Pourtant son père ce "héros au visage si doux", Général des armées napoléoniennes, devenu durant les 100 jours gouverneur de Thionville, refusa la capitulation et combattit jusqu’au 13 novembre 1815. Il représente aux yeux du jeune poète, le vaincu de l’histoire, le demi solde, consigné à Blois, en résidence surveillée. Surprenant ?

peut-être pas, car ce général fut aussi un père autoritaire qui voulut enfermer ses fils dans de ténébreux collèges, les privant ainsi de liberté, mais également de l’affection de Sophie, leur mère, née Trébuchet.

Le choix politique de Victor semble donc une prise d’opposition vis-à-vis de son père, en faveur de sa mère, fille de vendéens, donc fidèle à la royauté. Le modèle masculin de notre jeune poète et comme pour toute une génération se nomme René François de Chateaubriand, l’auteur du Génie du Christianisme, qui écrivit également de Buonaparte et des Bourbons. Adolescent, Victor Hugo n’aurait-il pas juré "Je veux être Chateaubriand ou rien !".

Les frères Hugo créent une revue littéraire Le conservateur littéraire. Victor tombe amoureux d’Adèle Foucher, jeune bourgeoise, insignifiante et sans dot, que les yeux de notre poète amoureux métamorphosent en une muse bénie des dieux. Après le décès brutal de sa mère, c’est le général Hugo qui finira par consentir à cette union. Pas de certificat de baptême, qu’à cela ne tienne, son père lui adresse une attestation et l’abbé Lamennais signera un billet de confession de complaisance. Ce mariage rapprochera le père et le fils qui recevra, quelques mois plus tard, une pension du roi, à la demande de la duchesse de Berry.

Chateaubriand, chassé du ministère des affaires étrangères, passe à l’opposition et son admirateur, sans l’ombre d’une hésitation, le suit. Le roi meurt et son successeur, Charles X, décore le poète de la Légion d’honneur.

Le premier événement remarquable, se produit avec la pièce Cromwell dont la préface définit le nouveau théâtre. Hugo réclame la liberté dans l’art que seul le drame peut incarner. Marion Delorme sera censurée, Alexandre Dumas a réussi à faire jouer sa pièce Henri III et sa cour.

La bataille entre les classiques et modernes, trouvera son apogée à la première d’Hernani en février 1830. Ce drame romantique bouscule toutes les règles et ouvre une ère nouvelle. Quelques mois plus tard, ce sera Les trois glorieuses. L’acte le plus fort, sans doute, sous la restauration sera la publication de son livre Le dernier jour d’un condamné.

La critique se déchaîne mais derrière ce personnage sans identité, c’est la peine de mort qui est mise sous les projecteurs. Ce plaidoyer doit atteindre son but et pour cela, il ne vise que l’abolition de cette acte injustifiable. Toute sa vie, le poète luttera contre ce crime inutile et barbare, car en tuant le condamné, on lui retire tout espoir, toute possibilité de rachat.

En 1845, il est nommé Pair de France. En 1846, il défend la Pologne qui subit la répression austro-russe, mais il n’est pas suivi. Après la révolution de 1848, il se voit offrir par Alphonse de Lamartine, le ministère de l’instruction publique. Hugo refuse. Pourtant le gouvernement provisoire obtient l’abolition de la peine de mort, que le poète qualifie de "fait sublime". Il propose une république universelle, et face au drapeau rouge, il préfère "la sainte communion de tous les Français".

"J’ai usé mon mandat depuis trois jours pour concilier les coeurs et arrêter l’effusion de sang... ". Puis, ce sera la loi Falloux, votée en 1850, qu’Hugo combattit de toutes ses forces. La droite perd du terrain, et imagine, pour restreindre le suffrage universel, que seules les personnes ayant résidées pendant trois ans dans le même canton, deviendront électeurs : "Dites-leur qu’ils sont insensés", s’écrit Alexandre Dumas.

Ainsi, la classe ouvrière, la plus livrée au nomadisme, sera amputée de plusieurs millions de voix. 1851 est l’année de la révision constitutionnelle qui permettrait au président en exercice de se représenter à l’issue de son mandat de quatre ans pour lequel il n’est, pour l’instant, pas rééligible.

Hugo est contre ce rétablissement pernicieux de l’Empire " Napoléon, après Charlemagne, et prendre dans vos petites mains ce sceptre de titans, cette épée de géants ! Pourquoi faire ? Quoi, après Auguste, Augustule ! Quoi ! Parce que nous avons eu Napoléon Le Grand, il faut que nous ayons Napoléon Le Petit !" . Jamais le Prince Président ne se remettra de ce trait de plume !

Puis, ce sera le coup d’état du deux décembre et l’exil pour Victor Hugo, dix neuf ans de résistance et de créations sublimes. Le retour en France et la montée vers la gloire éternelle.

Ce nouveau livre sur Victor Hugo, nous prouve que le poète est une source inépuisable et que son visage est une foule. Il est dans cet ouvrage, plus vivant que jamais. Il représente notre conscience à travers les siècles, il est, et demeure, la grande âme des peuples, à la proue de l’Histoire.

Octobre
Ils sont là, menaçant Paris. Ils le punissent.
De quoi ? d’être la France et d’être l’univers,
De briller au-dessus des gouffres entr’ouverts,
D’être un bras de géant tenant une poignée
De rayons, dont l’Europe est à jamais baignée ;
Ils punissent Paris d’être la liberté ;
Ils punissent Paris d’être cette cité
Où Danton gronde, où luit Molière, où rit Voltaire ;
Ils punissent Paris d’être âme de la terre,
D’être ce qui devient de plus en plus vivant,
Le grand flambeau profond que n’éteint aucun vent,
L’idée en feu perçant ce nuage, le nombre,
Le croissant du progrès clair au fond du ciel sombre ;
Ils punissent Paris de dénoncer l’erreur,
D’être l’avertisseur et d’être l’éclaireur,
De montrer sous leur gloire affreuse un cimetière,
D’abolir l’échafaud, le trône, la frontière,
La borne, le combat, l’obstacle, le fossé,
Et d’être l’avenir quand ils sont le passé. (Extraits, l’année terrible, 1872)

   

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Raspail

Publié le par gentle

Aujourd'hui je vais vous parler d'un auteur que j'ai découvert récemment, et dont j'ai dévoré et le mot n'est pas trop fort, un de ces livres : "L'anneau du pêcheur"donc il m'a semblé logique de vous en dire un peu plus sur l'auteur. Je vais pour ma part me mettre en que de trouver d'autres livres du lui car je peux vous dire qu'il écrit très bien et vous êtes vite pris par l'intrigue et par les personnages
Armando

Bien qu'il soit né à Chemillé-sur-Dême (Indre-et-loire), le 5 juillet 1925, Jean RASPAIL affirme volontiers, à l'occasion : «Ma famille est languedocienne. Département de l'Hérault » ( La Hache des Steppes.)

 De son enfance et de son adolescence, si l'on sait peu de choses - sinon qu'il est le fils de d'Octave Raspail, Président des grands moulins de Corbeil, Directeur général des mines de la Sarre et de Maguerite Chaix, qu'il fréquenta le collège Saint-Jean-de-Passy et l'Institution Sainte-Marie-de-Monceau, à Paris, qu'il fut l'élève de Marcel Jouhandeau et poursuivit ses études à l'École des Roches de Verneuil-sur-Avre - on peut du moins en reconstruire vaguement les contours, selon ce qu'en dit Jean Raspail au début de Pêcheurs de Lune : « [Au printemps 1949], je ne laissais derrière moi, à Paris, que le manuscrit d'un roman de quatre cents pages refusé par toutes les maison d'édition et qui portait un titre ridicule, et une jeune fille que je croyais aimer. [...] A mon retour en France, un an plus tard, j'avais tant idéalisé la jeune fille que, naturellement, je m'en séparai. Elle n'était plus un être de chair. Quant au manuscrit du roman, abandonné chez des amis, oublié, jusqu'à son titre, mais retrouvé par hasard quarante-quatre ans plus tard, je viens de le lire. Ah, ce n'était pas le missing ring que j'espérais ! Un vide autobiographique consternant. A présent, je comprends pourquoi j'avais tout plaqué et tourné le dos à moi-même. Je n'étais pas encore né et je crois que la jeune fille le savait...»

A quoi peut-on reconnaître un grand écrivain ?

A son style, assurément. 

Et puis à sa façon particulière d'aborder les êtres et les choses. Un grand écrivain les voit d'une façon à nulle autre pareille; et ce faisant, il nous les fait redécouvrir, à nous autres qui sommes ses lecteurs. Prenez Jean Giono. Personne avant lui n'avait vu les Alpes de Haute-Provence comme lui les a vues dans ses romans. Il en va des grands écrivains comme des grands peintres : ils modifient le regard que nous portons sur notre environnement.

Enfin, un grand écrivain se reconnaît aussi, sans doute, à sa capacité de créer son propre monde, avec sa géographie, sa cohérence, ses thèmes récurrents, ses leitmotiv, ses figures, ses saveurs, ses couleurs... Bref, le propre d'un grand écrivain est d'être son propre démiurge.

Après s'être essayé à l'écriture de manière infructueuse au sortir de l'adolescence, Jean Raspail a très vite eu l'intuition de ses manques - et de la nature même de ce qui lui manquait : un vécu et une perception qui lui soient propres. Il lui fallait, pour commencer, prendre la mesure de lui-même, se tester en quelque sorte, se frotter au monde pour en tirer la substantifique moelle d'un univers qui demanderait à être mis en forme ensuite, par l'écriture.

Il repose donc la plume et tourne la page. 

La France de l'après-guerre panse ses plaies et, avec la décolonisation, rétrécit singulièrement sa ligne d'horizon.  Le jeune Jean Raspail, lui, aspire au contraire à s'échapper vers le vaste horizon. Il met le cap par conséquent vers la terre mythique de toute une génération (via les westerns de John Ford), qui, au temps de l'enfance, oubliait avec délice l'école, des après-midi d'été entières, en jouant dans les herbes hautes et les bosquets aux Indiens et aux cowboys.

En garçon sage et bien élevé, Jean Raspail se garde toutefois de prendre comme modèle un quelconque aventurier par trop aventureux. Son "Saint-patron" sera le père jésuite Jacques Marquette qui, né à Laon, dans l'Aisne, en 1637, mort le 18 mai 1675, «au milieu des forests», non loin de l'actuelle ville de Luddington (Michigan), avait été à l'origine de la première exploration du Mississipi par les Français.

Mais ce qui attend Jean Raspail aux États-Unis, ce n'est pas le monde des westerns; c'est un village oublié à la Theodor Kröger; un village algonquin - porte qui s'entrouvre un bref instant, pour le jeune homme, sur un au-delà qui lui fait confusément pressentir qu'il vient de découvrir son vrai "chez lui" - là où il se sent bien, où il se sent en accord avec lui-même, avec le monde, avec quelque chose de mystérieux et d'insaisissable, mais de profondément envoûtant, qui appelle à être exploré.

Le pressentiment est néanmoins encore trop vague, trop imprécis pour inspirer le désir irrésistible d'en fixer la trace sur le papier. Jean Raspail rejoint ses amis et se remet en route. Il lui faut poursuivre le voyage. Aller plus loin. S'ouvrir davantage l'espace...

Ce sera alors bientôt le grand raid trans-américain, depuis la Terre de Feu jusqu'en Alaska. Et cette fois, l'aventure est telle, qu'elle exige un compte-rendu. Jean Raspail s'y attellera, méthodiquement, comme on fait un rapport d'arpentage. Presque tout ce qui deviendra par la suite la substance de son oeuvre romanesque s'y trouve... en puissance, naturellement. Les mondes perdus des Kaweskar de la Terre de Feu, des Incas, des Indiens d'Amérique du Nord, la Patagonie, les rencontres les plus inattendus dans les lieux le plus inattendus, la mélancolie d'une absence, les désillusions et parfois l'ironie du regard... à telle enseigne qu'en 2001, après plusieurs dizaine de romans, de récits de voyages et de recueils de nouvelles, Jean Raspail commencera son nouveau livre - Adiòs, Tierra del Fuego - par une évocation des lieux dont la description,  un demi-siècle auparavant, constituait pour ainsi dire l'ouverture de son tout premier récit - Terre de feu-Alaska.

Entre deux : tout un monde.

Car en un demi-siècle, Jean Raspail est parvenu, sans conteste, à construire un univers bien à lui, immédiatement reconnaissable pour n'importe quel oeil de lecteur un tant soit peu exercé, un univers dont la note de basse fondamentale est empreinte d'une immense mélancolie.

Né trop tard, désillusionné trop tôt - par une France offrant le spectacle de sa lamentable débandade de l'été 40 ( il faut relire à ce propos les pages hallucinantes,  si cruellement réalistes, de L'île bleue), Jean Raspail n'a cessé de livre en livre d'affirmer son style, tandis que se développait l'originalité de sa vision du monde et que s'organisaient les grands thèmes qui parcourent ses oeuvres. En cela, il a renoué avec la longue tradition des auteurs à la fois populaires et appréciés d'un cercle de fervents admirateurs qui, presque plus qu'ils ne lisent ses oeuvres, les vivent... Comme si, entre ses lecteurs et lui, Jean Raspail était parvenu, au nez et à la barbe d'une certaine critique, à faire passer le mot, à cristalliser un certain type d'imaginaire collectif en une communauté d'esprit et de cœur qui, pour l'occasion, aurait pris pour nom : Royaume de Patagonie.

Jean Raspail a donc beaucoup voyagé, de l'Amérique à l'Asie, en passant par les Caraïbes, les «Terres saintes et profanes» d'Israël, de Jordanie et du Liban, le Japon...  Tout cela, avant de retourner (ou de se retourner) vers son propre pays et d'y découvrir, là encore, une absence terrible...

Politiquement incorrect, Jean Raspail l'est depuis toujours, au sens fort du terme, et l'est même devenu de plus en plus à mesure qu'il avançait en âge,  ne cessant de mettre à mal les idées reçues et convenues, principalement depuis la parution de son célèbre Camp des Saints.  Mais c'est peut-être qu'à la faveur de ses nombreux voyages à travers le monde, Jean Raspail a pu se faire une idée très précise des ravages de cette uniformisation grise qui nivelle aussi bien les peuples que les mœurs, les spécificités culturelles, religieuses, morales de chacun, pour les ramener au plus petit dénominateur commun. Ce que Jean Raspail aime par-dessus tout, ce sont les différences et ce qui le différencie, lui, de cette espèce de consensus (pour reprendre un terme très en vogue) qui se fait passer volontiers pour une nouvelle morale universelle, c'est son refus de prôner toute forme "d'intégration" au profit d'une affirmation forte et fière de ces différences. Encore faut-il avoir la fierté de ses propres différences, non pas en avoir honte... Une fierté qui, chez Jean Raspail, s'exprime avant tout par la mémoire vécue et par une certaine attitude qui, tout en se moquant d'elle-même avec humour et légèreté, est seule en mesure de donner une belle colonne vertébrale à l'homme occidentale moderne. En d'autres termes, s'il faut aux peuples disparaître fatalement un jour ou l'autre, alors mieux vaut pour eux disparaître, comme les Kaweskars de Terre de feu, seuls, sans compromis avec l'Autre, qu'à la façon de cette petite tribu sédentaire du bas Pérou, dont Jean Raspail nous narre l'histoire exemplaire dans La Hache des steppes :

«Mes Guanaquis, donc, vivaient dans un village de branchage et de chaume, mais sans refuser d'admettre l'existence d'un univers différent du leur, s'accommodant aimablement d'une cohabitation sans osmose qui faisait leur force et leur originalité. [...] Je me souviens parfaitement que dans leur merveilleux outillage, figuraient de nombreuses haches de pierre assez semblable à ma hache de basalte. Ils s'en servaient pour toute sorte d'emplois, avec une dextérité stupéfiante qui révélait une longue technique transmise de père en fils, en même temps que les haches. [...] Vingt ans plus tard, m'a raconté le comte de Umbolt, ethnologue allemand, le village était presque désert. Trois familles y croupissaient dans une misère de bidonville et cependant, alentour, rien n'avait changé. [...] J'avais demandé au comte de Umbolt : "Et les haches de pierre?" Il me répondit qu'il n'en avait vu aucune mais que les hommes semblaient bien maladroits avec leurs hachettes de fer rouillé, si on en jugeait par l'état pitoyable de leurs cabanes. Je suppose qu'un triste jour, par je ne sais quelle aberration, ils s'étaient laissé tenter au passage du bazar ambulant. Dès lors, ils avaient perdu le contact qui leur avait fait traverser les siècles. Le peuple guanaqui n'existe plus. Il n'y a plus que des individus.» 

Et tout est dit !

Est-ce que réellemnt tout est dit ? Ne devons-nous pas toujours chercher plus loin, puisque d'après certain la Vérité est ailleurs ! Mais où est-elle, où devons-nous la chercher ? Beaucoup en parle mais combien sommes-nous à la détenir, à l'avoir approcher un tant soit peu, réfléchissons ensemble à ça.

«On ne renonce pas à la fidélité. [...] La fidélité n'est peut-être pas une fin en soi et on perd beaucoup de monde en chemin par refus de transiger, mais pourquoi transigerait-on quand on tient la vérité? Dans notre cas...» 

Jean Raspail

Publié dans anthologie

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