Marina Tsvétaïéva

Publié le par gentle13

Je vous ai déjà parlé d'elle car je trouve que cette femme là à un talent extraordinaire, mais j'espère ne pas vous avoir déjà parlé de ce livre ci. Je laisse le soin à Victor varjac de vous parler d'elle car il le fera bien mieux que je puisse le faire. Pour ma part je suis sous le charme de son écriture et de ses poèmes. La Russie est un viviers où les poètes et écrivains nagent à la surface des eaux de la poésie en jouant de manière admirable avec les mots, laissez vous guider par ce génie créatif, laissez vous emporter au delà des rivages du quotidien, d'être transporté par delà les monts et les mers, de faire un bond à travers le temps et l'espace et rejoindre les esprits purs débarrassés du superflue pour aller surfer sur les vagues de la littérature. 

ö prose quand tu nous tient qu'il est doux d'être enserré dans tes bras, cage sans barreaux, prisonnier nous sommes enchaînés à toi par des liens invisibles telle une araignée tissant sa toile prête à dévorer l'imprudent qui c'est laissé prendre au piège.
ö poésie, enivrante et intemporelle tu es une douce musique où les mots sont tranformés en notes tu nous chament et nous enchantent, tu assimile les genres tu conjuges les temps passés et présents et tu fais de l'avenir un monde exalté par ta douce musique
Gentle13

 

Souvenirs ou les voyages au pays de la mémoire

lundi 2 avril 2007.
 

Les Editions du Rocher nous proposent aujourd’hui Souvenirs de Marina Tsvétaïéva. Dans cet ouvrage la poétesse nous livre un carnet de croquis où les mots se métamorphosent en visages et en scènes inédites.
Marina Tsvétaïéva : Souvenirs - Anatolia
Marina Tsvétaïéva : Souvenirs - Anatolia
Editions du Rocher
Presque toute l’oeuvre de cette artiste, à part sa correspondance et ses cahiers, est poétique. Dans ce recueil, il s’agit de toute autre chose. Nous sommes en présence de textes en prose écrits au moment de l’émigration, qui nous parlent d’écrivains, d’artistes que Marina connaît ou a bien connus et qui sont demeurés en Russie.

 

Notre poétesse tente de retrouver ses racines amicales et artistiques par la magie du souvenir et le sang de l’écriture. Car l’exil ressemble à un coup de sabre qui tranche et rompt les amarres de ce quotidien, qui donnait de l’assise à la vie.

Dans la fuite, il y a aussi le spectre de la solitude, vent qui glace le silence et durcit l’isolement. C’est sans doute les raisons pour lesquelles Marina Tsvétaïéva comprit que cette séparation avec « sa Russie », mais également avec tous ses amis, était définitive et sans appel. Alors une sorte de panique l’envahit et pour conjurer le sort mais aussi pour ne pas sombrer dans la mélancolie, notre poétesse s’accroche au passé où sa jeunesse demeure intacte. Là, elle retrouve les lieux, les dates et même les voix, de toutes celles et de tous ceux qu’elle a dû quitter. Elle remonte le temps, sans doute, pour simplement tenter de survivre au naufrage de l’exil.

Sa plume devient le « Sésame » qui ouvre toutes les portes. Même loin de sa patrie, elle défend ses amis. Elle a toujours eu ce réflexe généreux et sans calcul. Les souvenirs sont toujours des moments revisités, c’est-à-dire idéalisés par la mémoire et immortalisés par la magie du verbe.

Mais comment éviter, avec l’espace-temps de cette passion toujours prête à jaillir du volcan du coeur, oui, comment éviter cette réécriture du passé : "la subjectivité est un péché qui donne du charme à ses écrits et les transforme en poésie" disait Vladislav Khodassevitch. Mais au fond, qu’importe la soi-disant « vérité ». N’existe-t-il pas autant de « vérités », c’est-à-dire d’interprétations que de témoins ? Laissons l’artiste s’exprimer comme elle l’entend, car elle n’a jamais eu le prétention de faire oeuvre de mémorialiste et il s’agit bien ici de ses souvenirs, donc d’un passé que le présent met en lumière et que l’artiste grave dans le marbre des jours.

Marina est et demeure Marina avec tout ce que cela comporte d’excès, mais aussi de réserves. Laissons nous prendre par la main, laissons-nous entraîner par cette prose alerte, émouvante et drôle. C’est à un face-à-face avec la vie, celle dont elle a rêvée, que nous convie Marina Tsvétaïéva. Ouvrons nos bras sans aucune arrière-pensée, acceptons de rencontrer Mandelstam, Vélochine, Brioussov, Balmont et tant d’autres.

Cet ouvrage nous permet d’entrer de plain-pied dans le jardin secret d’une des plus grandes poétesses du XXe siècle. Je ne peux, par conséquent, que recommander cette promenade au pays de la mémoire car elle ouvre une fenêtre qui donne directement sur le coeur vif et brûlant de Marina Tsvétaïéva ! Il s’agit bien, mes amis, d’un livre rare et c’est pourquoi, je vous invite chaleureusement à l’acquérir... Ce maître livre sera l’un des fleurons de votre bibliothèque et le fidèle compagnon de vos heures de lecture.

"Des nuages très bas, très bas, un soleil pâle ;
Potagers, cimetière - caché par un mur blanc ;
Tombés de leurs potences, des mannequins de paille
Sont allongées dessous, sur le sable, en rang.
Alexandrov, le 3 juin 1916 : "ma mère mourut à l’âge que j’ai actuellement. Sauf ce qui concerne les désirs des autres, je la reconnais en moi en toute chose dans les mouvements de l’âme et des mains. Moi aussi je veux que ma fille soit poète et non artiste (ma mère voulait que je sois musicienne et non poète), moi aussi j’exige tout des miens et rien des autres, moi aussi... Si j’étais un livre, toutes les lignes coïncideraient. Je ne peux pas ne pas conclure par le dernier poème (tragique !) de mon cahier d’enfant. Un dessin : moi à mon bureau. Visage : une lune, main à la plume (d’oie) : plume, non, aile tout entière ! Menton atteignant tout juste le bord du bureau d’où dépassent, par contre, des jambes de cigogne prolongées par des chaussures à languettes, en chevreau (soyons réalistes !)".

 

Sous le dessin, la légende : Marina Tsvétaïéva compose.

"C’est la fin de mes chers poèmes
Je ne les recommencerai plus
Ne me les rappellerai plus
je les aime »

 

"Les Allemands ont le mot « scheu », souvent accompagné de l’épithète « heilige » (quelque chose comme la crainte révérencielle), cette intraduisible. Eh bien, cette « scheu » sacrée, je l’éprouve jusqu’à ce jour devant la page blanche. Malgré les dizaines de kilos de papiers noircis ? Oui. À chaque nouveau cahier, ça recommence. Qu’un cahier soit là, les vers suivront. Chaque cahier vierge est un reproche vivant, bien plus : une injonction. (« Moi, « j’existe », et toi ? »). Vous voulez de grandes œuvres ? Donnez de grands cahiers.

-  Ce n’est pas possible, personne n’a jamais eu la curiosité de savoir quelle était la forme de votre tête ? La tête, chez un poète, c’est le principal ! Et maintenant, parlons.

Et nous parlons - ce que j’écris, comment j’écris, ce que j’aime, comment j’aime - abandon complet à l’autre, examen, exploration, je ne quitte pas des yeux le visage et l’âme de l’autre - et quels yeux : blancs à force d’être pâles, aigus à faire mal (c’est ainsi que les larmes vous viennent quand vous regardez une lumière intense, mais ici, c’est la lumière qui vous regarde), ce ne sont pas des yeux mais des vrilles, des yeux réellement clairvoyants. Parce qu’ils ne sont pas grands, ils sont davantage « voyants » - et vus. Extérieurement : deux gouttes d’eau de mer ; dedans, deux brûlures : les pupilles ; derrière, du feu - non, pas du feu, des éclaboussures comme celles qui restent sur les mains quand, dans le jardin de Volochine, la nuit, on court en criant : « Venez vite ! Venez vite ! La mer brille ! » Ce ne sont pas deux gouttes d’eau de mer, mais deux étincelles de vivant phosphore marin, deux gouttes d’eau vivante.

Surveillée par ces yeux-là, la sauvageonne que je suis alors s’ensauvage encore plus : je ne me tais pas, je ne tais rien : - je dis le plus intime, j’en dis trop : je parle de Napoléon que j’aime depuis l’enfance, du Napoléon II (l’Aiglon de Rostand), de Sarah Bernhardt pour qui je me suis enfuie à Paris l’an dernier, que je n’y ai pas trouvée, et pourtant, là-bas, je n’ai vu qu’elle : de ce Paris-là - avec des N majuscule partout - des N sur les frontons des bâtiments -« son » Paris, « mon » Paris. Lèvres souriantes mais regard perçant, il écoute ; de loin en loin, lorsque je reprends mon souffle, il glisse un mot : Et Baudelaire, vous ne l’avez jamais aimé ? et Arthur Rimbaud, vous connaissez ?

je connais, je n’ai pas aimé, je n’aimerai jamais, je n’aime que Rostand et Napoléon Ier et Napoléon II - quel malheur que je ne sois pas un homme et que je n’aie pas vécu à la bonne époque pour aller à Sainte-Hélène avec le premier et à Schönbrunn avec le Deux !"

Vous n’avez jamais fait de mauvais vers ?
Si, bien sûr, mais tous mes mauvais vers datent d’avant
que j’aille à l’école.
Les mauvais vers, c’est comme la rougeole. Il vaut mieux _ s’en débarrasser dès l’enfance.
Cahiers vierges ! Une ode au cahier vierge ! Feuille
blanche, sans rien encore, avec - déjà - tout !

"

Et je vois par-dessus les pieux de la barrière
Des soldats débraillés, des arbres, des chemins.
Saupoudrant de gros sel son pain noir, une vieille
Sur le pas de sa porte mâche et mâche sans fin.

Pourquoi te déchaîner sur ces pauvres chaumières,
Seigneur ! Et transpercer toutes ces poitrines, pourquoi ?
Sifflet de train, cris de soldats, flots de poussière,
Poussière sur la voie qui recule, s’en va...

Etre mort ! Mieux, n’être pas né, ne pas entendre
Ces braiments de bagnards, ses goualantes, ces pleurs
Sur leurs belles amies - noirs sourcils, yeux si tendres...
Ces soldats, comme ils chantent ! Ô mon Dieu, ô Seigneur !

"

Publié dans anthologie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

audrey 30/06/2007 16:04

Hello Hello  me revoilou sur les blogs mais un passage rapidos je suis surbooké de paperasse je m'en sort mais c'est trés trés long tu vois cette a.m je flaimarde un peu histoire de passer sur les blog et de m'occuper du mien mais bon le travail et les dossiers m'appellent et n'attendent pas et en plus je repousse tous les jours mon repassage pfff va faloir le faire avec la chaleur kil fait c'est pas l'idéal!!!enfin bref demain midi je me suis permise de m'inviter chez mes grand parent lol et oui je suis comme ça moi!!!!J'essayerai de passer avant de partir mai je sais pas du tt car ver 17 18h des ke je repart je passe chez mes meilleurs amis et je pense rentré tard!!!Donc voilà demain ouf rien en vu je profite de ma famille et lundi hop c repartit!!!!Je te souhaite une superbe journée et un excelent w end!!!!bisous a toi!!!

fab 29/06/2007 21:19

Je viens te souhaiter un bon week end et dans le calme de tes poésies déposer de délicats baisers !

angel 29/06/2007 10:00

JE VIENS TE REPONDRE QUE SI JE TOMBE DE MON  NUAGE JE NE ME RELEVERAI PAS CETTE FOIS CI ET VOILA POURQUOI J AI TANT PEUR ;;; TENDRESSE A TOI BISOUS

petitange583 29/06/2007 08:24

Bonjour à toi c'est joli

:0091: lili :0010: 28/06/2007 21:59

je viens de lire le poème que t'as mise Fab c 'est très joli et bien écrit, Passes une bonne soirée sous une averse de ... grosses bises, PS je suis gelée, si tu as trop de soleil j'en prends un peu, j'ai un gros pull sur le dos LOL