Michèle M. Gharios

Publié le par gentle13

Comme le dit l'ami Francky je suis ici pour avant tout me faire plaisir, même si je souhaite passer le cap "confiance" et aller vers le cap "privilège" pour je ne sais quelle raison obscure, je continue cette belle aventure qui me tient à coeur depuis des lustres. Aujourd'hui je vous présente cet écrivain qui pour moi à un talent énorme. J'ai mis en ligne trois autres extraits de ces oeuvres qui je crois, du moins l'espère, vous plairont autant qu'à moi.
Michèle M. Gharios

Biographie


Michèle M. Gharios est née à Beyrouth où elle vit. Son parcours littéraire commence très tôt lorsqu’elle publie des poèmes dans la revue de son lycée. Mais la guerre et les contraintes l’obligent à interrompre le chemin de l’écriture pour essayer de s'en frayer un dans les affaires. Sauf que, son diplôme en poche, elle se rend compte un peu tard qu’elle préfère les lettres aux chiffres qu’elle décide d’abandonner.
En 2004, elle participe à un concours de nouvelles organisé par le Forum Femmes Méditerranée et gagne le prix d’Excellence pour son texte «le chant des dunes» qui sera publié.
En 2005, elle publie chez Dar An-Nahar «Apartheid» son premier recueil de poèmes.

Bibliographie :

· apartheid, Dar an Nahar, Beyrouth, 2005
· Le chant des dunes, in recueil de nouvelle 2004-2005, Forum Femmes Méditerranée
un refuge dans les yeux
              à tous les prisonniers de guerre
              Mon pays
             

PRISE SURPRISE

C'était au printemps, dans un de ces petits villages typiques de la montagne libanaise. La grand place prenait chaque matin l'allure d'une salle de classe. Les élèves de tout âge se rassemblaient autour du vieux sage qui, fouillant dans les livres, choisissait des passages de textes, lisant d'une voix solennelle des mots qui sonnaient faux dans le décor simple et pittoresque où baignait la foule avide.

Mon équipement insolite intriguait tout le monde depuis que j'étais arrivé, deux jours plus tôt. C'était surtout les petits qui m'espionnaient, épiant mes gestes et mes mouvements. A mon passage, ils se taisaient, se figeaient, fixaient de leurs petits yeux inquisiteurs mon attirail. Il y avait bien un étranger chez eux, émissaire imposé par je ne sais quel illuminé, qui venait instruire les enfants du village. Et déjà sa présence agitait le fleuve tranquille de la vie.

Mais ça n'avait pas suffit. Il eut fallu que je vienne moi aussi, le gars bizarre à la grosse boîte noire qui arpentait les ruelles paisibles, violant leur intimité, éternisant le temps par sa machine maléfique !

Je la voulais naturelle, cette photo, capturant le moment soi-disant béni de l'apprentissage. Mais ils s'étaient retournés. Aurait-on comme préjugé le fait de croire les dessins capables  d'agrémenter un texte, attirant les enfants qui jugeraient sèches les histoires sans images ? Il n'en est rien car c'est bizarrement à cet instant précis où je les croyais absorbés par les explications de l'instituteur qui arborait fièrement une illustration de son livre, que les petits s'étaient donnés le mot, décidés à détourner le regard, comme si, en voulant se fixer sur du papier au lieu de fixer du papier, ils contournaient délibérément la réalité en lui faisant le plus effronté des pieds de nez.

 

 

Publié dans anthologie

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:0091: Lili Flore :0010: 22/01/2008 11:14

le texte est beau, simple et vrai avec une note d'humour qui me plait et de plus illustré par une suberbe photo particulièrement bien en harmonie avec.J'ai bien reçu ton invitation avec ta nouvelle adresse mais j'avoue ne pas avoir compris ce que je dois faire, C'est une nouvelle adresse email ou messenger. Tu aurais la gentillesse de m'expliquer, car en ce moment mes neurones sont un peu faibles, c'est ça la jeunesse qui fout le camps. LOLHi hi ce matin le ciel est bleu et le soleil est là pour peu de temps certainement mais c'est bien agréable. Bisous