Anthologie
vous propose 
les plus belles pages de la poésie
 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Gentle13

 

Nouveau blog, nouvelle idée. Un blog qui résumera l'ensemble des personnages et des sites auxquels je me suis référé pour mon blog passion poésie. Sur se site je décrirais en détail si du moins j'ai toutes les informations sous la main, la vie, les œuvres des poètes et écrivains présentaient sur passionpoésie. D'abord je commencerais par les sources sans toutefois dévoiler la totalité des renseignements qui me sert à créer mes articles, eh ! Oui autrement mon blog n'aurait plus lieu d'être.

 

PassionPoésie

 
Samedi 9 février 2008
Aujourd'hui, pour vous présenter Charles Baudelaire que tout le monde connait de part ces oeuvres, je laisserais la parole à victor Varjac qui vous parleras de Baudelaires beaucoup mieux que moi. C'est chez lui où je puise avec délectation tous les poétes et poème, les écrivains que je vous présente.
Bonne lecture
Gentle13




Charles Baudelaire, vous connaissez, naturellement, mais si j’ajoute « et Jeanne Duval ? », bien peu répondront par l’affirmative. Aussi, je vous suggère d’entrer avec moi dans le roman de Mickaël Prazan : « La maîtresse de Charles Baudelaire » aux Editions Plon.
Mickaël Prazan : La maîtresse de Charles Baudelaire
Mickaël Prazan : La maîtresse de Charles Baudelaire
Editions Plon
Cette œuvre romanesque, parfaitement documentée, entraîne le lecteur dans le Paris du XIX où les salons littéraires étaient les vitrines de la vie artistique de l’époque.
Victor Varjac

L’auteur de cet ouvrage, dans un avertissement au lecteur, se présente comme un ami du poète, qui, au soir de son existence, a suivi la carrière de Charles jusqu’à sa disparition et qui aurait reçut, de la bouche même de Jeanne Duval, les confidences qu’il transforma en récit : " J’ai fait de mon mieux ", nous dit l’auteur, car il voulait retrouver la trace de la vérité. Tant de mensonges et de fables naissent des cendres encore chaudes des artistes disparus !...

Le récit commence en 1842, où nous rencontrons Charles Baudelaire, qui venait d’atteindre sa majorité. Il était inscrit à la faculté de droit, mais rassurez-vous, il sécha les cours et ne passa jamais le moindre examen.

Le poète était « maigre comme une tige », il avait fière allure, poussé par l’impatience de la jeunesse. Il était optimiste et joyeux, car il allait recevoir l’héritage de son père, c’est-à-dire soixante quinze mille francs de l’époque soit environ trois cent mille de nos euros. Mais une telle somme, entre les mains, d’un poète, ressemble à une dune de sable aussitôt pillée par des rêves carnivores.

Nous aurons tout le temps de parler de cette méchante affaire d’argent qui tourmentera Charles toute sa vie. Comment peut-on, comment ose t-on importuner « un voleur de feu », un pirate sans peur, qui vogue à l’assaut du langage, engrossant le vocabulaire d’images inouïes avec des « querelles financières » ?

Décidément, les affaires des hommes sont autant de pierres que le quotidien glisse dans les poches des artistes, cherchant à les clouer sur l’étroite planche de la matière.

" ... Exilé sur le sol au milieu des huées
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher."

(L’Albatros)

C’est alors que Mademoiselle Berthe entre dans le récit. Elle s’appelait en vérité Jeanne Lemer. Elle était la maîtresse du moment de Tournachon, qui deviendra célèbre sous le nom de Nadar.

La jeune comédienne jouait, au théâtre de la Porte Saint Martin, une pièce, que l’histoire a oubliée : « le système de mon oncle », vaudeville invraisemblable sans écriture et sans saveur, mais qui permit à notre poète de découvrir, à la fin de l’acte premier, une soubrette, belle jeune fille " à la démarche inhabituellement chaloupée...aux gestes lents, empreints d’une rare sensualité. "

Dès qu’elle parut sur scène, le public surprit par la couleur ambrée de sa peau, son allure exotique, se moqua d’elle. La foule a toujours craint la différence et se défend de sa surprise, en laissant libre cours à sa méchanceté, d’autant plus cruelle, plus incisive qu’elle jouit de l’anonymat et donc de cette impunité si confortable, si rassurante qu’aucun des êtres responsables du désordre ne se sent mis en danger par ses actes.

Seul, Charles, devenu muet d’admiration, semblable à un chêne piqué par un éclair, buvait du regard la voluptueuse apparition. La tête en feu, Charles quitta de théâtre, sans un mot. Le lendemain, il convoqua son ami et lui proposa un stratagème digne du vaudeville qu’il avait vu la veille. Le but était de faire la connaissance de cette « déesse des îles lointaines » car sa propre vie en dépendait.

"Il faut que, confia Charles à son ami, par la manière dont je ferai sa connaissance, elle ne puisse se refuser à moi, et que notre rencontre soit aussi belle et romanesque qu’une légende."

Mais les évènements suivent rarement les chemins que l’homme lui prépare. Le destin reste maître de nos aventures, et tient fermement nos existences par la crinière des jours.

Cette rencontre changea le quotidien du poète et durant une vingtaine d’années, il vécut une passion lumineuse parfois, terrible souvent, qui poussera les deux amants, au bord du gouffre où l’éternité cache ses trésors.

Lecteur, si tu veux entrer dans l’intimité d’un des plus grands poètes français, je te propose un saut dans le temps et l’espace. Cette expérience rendue possible par la plume de Mickaël Prazan, te permettra de rencontrer, de vivre les heures les plus folles, les plus lumineuses mais aussi les plus terribles de ce couple sulfureux qui enfanta l’une des œuvres maîtresses du XIX « Les Fleurs du Mal ». Mais oseras-tu tes pas dans un siècle dont tu ignores... presque tout ?

"Je risquai un regard du côté de mon voisin de banc. Lui était au contraire subjugué par cette apparition. Les yeux écarquillés et la bouche si entrouverte, Charles avait l’air pétrifié, comme si le regard de la Méduse l’avait à l’instant foudroyé. Cette soubrette, en dépit de son accoutrement ridicule, de son rôle ingrat, de ses gestes étranges et de sa voix grave qui surprit la salle lorsqu’elle donna la réplique, était bien une déesse, surpassant par sa splendeur et sa taille haute, sa distinction sans fard et son regard voluptueux, la plus belle des plus nobles du faubourg St Germain. Quand nous quittâmes le théâtre, Charles, encore sous le coup du sortilège, ne prononça pas un mot. Nous marchâmes en silence dans la nuit qui s’égayait des lumières festives du faubourg Beaumarchais. Je lui fis part de mon indignation et entamai un laïus plein de conviction sur l’abolitionnisme, pour lequel la plupart de nos connaissances militaient au milieu d’une profonde indifférence. Non seulement l’esclavage régnait encore dans les îles dont Jeanne était originaire, mais ceux qui avaient pu être affranchis, ou étaient issus de quelque bâtardise les faisant libres à la naissance, étaient proscrits en France où ils n’étaient que très exceptionnellement autorisés à séjourner. La seule présence de Jeanne à Paris, aux yeux de notre bonne société, était un crime ou une parfaite incongruité. Charles demeurait muet, n’écoutant que d’une oreille distraite mes arguties enflammées. Au bout d’un moment, il interrompit sa marche et, me coupant au milieu de ma tirade, me donna sèchement congé en rebroussant chemin. Je le regardai disparaître dans la direction du théâtre qui nous venions de quitter."

 

Newsletter

Inscription à la newsletter

Catégories

Présentation

 
Blog : Politique sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus