Alain Lefeuvre

Publié le par gentle

Je vous parle souvent et peut être trop de poètes qui sont mort de nos jours, j'ai malheureusement des difficultés en trouver des vivants et ce n'est pas faute d'écumer le web le jour comme la nuit.  Il est difficile  de faire l'apologie d'un poète ou d'un écrivain de son vivant, pourquoi faut-il qu'ils soient reconnus souvent après leurs morts ? En espérant que je n'ai pas cité cet auteur dans des pages antérieures

L'auteur dans son livre rend un vibrant hommage à la femme quand il parle d'elle comme étant une nymphe,  non pas comme d'un objet de tous les désirs mais plutôt comme étant un univers de plaisir. Mère, amante ou femme elle est la figure de proue de notre vie, tout tourne autour d'elle, un parfum un sourire un geste. Je vous laisse en sa compagnie découvrir ces quelques vers pour apprécier la qualité et la force du verbe, la magie des mots concentrés en peu de ligne. Le poète nous fait voyager à travers son univers, à travers ses émotions, ses rires, ses larmes on ne peut rester indiiférent quoiqu'il en soit. Il ouvre notre coeut et notre esprits à un rythme différent en un battement d'aile il nous transporte vers un ailleurs plus coloré plus vivant que notre routine où nous voyons tout en noir.

Amicalement

Poésie

Un coeur noir dans la lumière

mercredi 1er juin 2005.
 
Les Editions de l’Age d’Homme nous réservent, pour cet été, une véritable surprise en publiant l’œuvre poétique posthume du grand Poète Lefeuvre illustrée par Mario Mercier : le Coeur noir.
Mario Mercier, lithographie
Mario Mercier, lithographie
Né à Paris d’un père comédien et d’une mère poétesse, Alain Lefeuvre a traversé notre époque telle une comète.

 

Comment dissocier l’homme du poète tant l’existence de l’un animait la vie de l’autre ?

Celui qui m’appelait affectueusement "son fils spirituel", a caché, pendant prés de quarante années, sa poésie. Son métier de journaliste, dans lequel il excellait, lui permit de pousser toutes les portes. De la richesse à la misère la plus sordide, il fut traversé par un fleuve d’images. Son extrême sensibilité lui réclamait autre chose que des articles. Il lui fallait dire, dénoncer, crier, hurler... jusqu’à l’épuisement cette honte, cette révolte, ce doute, qui furent ses compagnons de voyage. Alors, il écrivit, il écrivit sans relâche, sans concession aucune. Chaque nuit, il laissa sa douleur et sa vie sur le papier.

Comment ne pas déborder d’amour face à tous ces anges crucifiés ? Le poète imagine un nouveau ciel où les jours ne seraient plus obscurs, où les enfants pourraient s’ébattre dans la joie et où les femmes nimbées de soleil apprivoiseraient l’amour dans les troubles de la chair.

Mais la vie du poète s’épuise et la fièvre pas à pas, cherche son cœur comme le pêché du premier homme. Alors dans l’âme d’Alain se glisse le visage de l’enfant qu’il fut. De ce "voyage tendresse", naît la vision de sa mère qui se penche, au balcon d’un passé si proche, que le poète pourrait presque l’embrasser.

Le temps surpris, ne tourne pas la tête et Alain touche les souvenirs, les plaies des jours et les tourments cachés. Les souvenirs n’ont pas de fissures et ne connaissent pas l’oubli. Ils ressemblent à des fleurs éternelles que l’existence bouscule sans parvenir à les effacer. La fêlure du corps prépare sa violence et rampe dans l’artère jusqu’au but suprême.

L’artiste ne craint pas ce cérémonial car la mort ne peut disperser le pain de son œuvre. C’est l’heure de l’interrogation suprême... Non, encore un instant, une mise en garde, un cri plus vaste que la conscience pour jeter à la face des lâches, le massacre de l’enfance. Mais, il n’est plus temps, hélas, de mettre le poing dans la gueule des meurtriers. La fièvre appelle la douleur et le sang coule dans le délire.

Encore un mot... sur la beauté, la nymphe, la femme, toutes les femmes, lascives et pulpeuses comme des pièges sublimes où s’épanouissent la caresse et l’extase. Il faut partir, oui mais pour quelle destination ?

"Je suis mort déjà tant de fois
que vienne enfin la déchirure !
Seigneur, conserve-moi la foi
visse ta clé dans ma serrure !"

Mais c’est encore l’image maternelle qui apparaît au seuil du départ.

"Mes os vomissent le saindoux
vierge souveraine et démente
au parfum d’œillet et de menthe
berce-moi sur ton cœur si doux..."

Ainsi, jusqu’au bord de la chute, jusqu’à l’ultime seconde, le poète secrétera la lumière flamboyante du verbe, comme un tourment de l’âme pour rappeler aux hommes qu’ils verrouillent leur ciel avec les crocs empoisonnés qui poussent derrière leur visage.

Le Cœur Noir, ce nouveau recueil d’Alain Lefeuvre, en forme de testament, illumine nos êtres d’un espoir qui transfigure la mort et porte le vivant message d’une poésie visionnaire et tragique, plus forte que le temps.

Alain, poète, choisira, sans hésiter, d’être rebelle pour dépecer ces marchands d’armes et tous ceux que Satan habille d’ombre et de fer. Alors il jette les mots, qui tour à tour se métamorphosent en constellations... en miracles, en injures, en cailloux et qui frôlent ou caressent La Grande Roue du monde sur l’axe du Mystère.



 

Publié dans anthologie

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Jericcho 25/07/2014 12:24

Alain, à l'instar d'Alain pas star, comme Allain Leprest, prestigitateur en un mot comme en sens, Alain tu brûles les bûches du quotidien comme Alain Serres, tu nous laisses sous le charme, le bois de tes lignes. Tes mots câlins versent sur nos coeurs corallins, un plaisir cristallin, un plaisir jamais Boudet.

Lefeuvre Charlotte 10/01/2009 23:59

Tonton je t'aime ♥Les années passent et pourtant rien n'efface l'homme, le poète,que tu as pu être dans la mémoire des individus étant donné les commentaires qu'ils laissent...malheureusement ton envol au cieux à laisser un tel vide qu'il est impossible de combler malgré tout ce temps, j'ai même l'impression que de jours en jours c'est pire.Il est vrai qu' à l'époque je n'étais encore qu'une enfant et tu me manques tellement.Je ne te les jamais dit en face, n'y éprouver le moindre sentiment mais je te le dis à présent.Par ta poésie, de toi je me rapproche et je t'admire en silence, essayant de cacher au minimum cette souffrance ... Je t'aime !!!

Charlotte Lefeuvre 04/06/2007 15:10

Merci pour l'hommage rendu à mon oncle...à bientôt qui sait ! 

jubelle 01/05/2007 09:49

Il y a d'excellent poètes vivants, en premier, pour moi, il y a Yves Bonnefoy (un géant), Hervé Micollet, Hawad, Bernard Simeone, Gilles Vignault......et bien d'autresIl vaudrait mieux aller dans les librairies que sur le web., je croisTrès amicalement

fab 01/05/2007 09:44

Je suis sous le charme je ne sais si c'est du tien de la façon dont tu écris tes articles mais aussi de cet homme ... sourire ... Mais je pense que c'est sous le charme des tes mots choisis que je suis tombée ! Tendrement ... titefab