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  le blog anthologie

Marie-Louise d'Autriche

24 Août 2015 , Rédigé par gentle13

Marie-Louise d'Autriche (Maria Ludovica Leopoldina Francisca Theresa Josepha Lucia de Habsbourg-Lorraine), archiduchesse d'Autriche, princesse de Hongrie et de Bohême, née le 12 décembre 1791 à Vienne (Autriche) et morte le 17 décembre 1847 à Parme (Parme), est impératrice des Français de 1810 à 1814, puis duchesse de Parme et de Plaisance jusqu'en 1847.

Fille aînée de l'empereur François Ier d'Autriche, elle est donnée en mariage en 1810 à l'empereur des Français et roi d'Italie Napoléon Ier pour sceller le traité de Schönbrunn entre la France et l'Autriche, après la défaite de celle-ci lors de la bataille de Wagram en 1809.

Rejoignant à contrecœur la cour impériale des Tuileries, Marie-Louise commence rapidement à apprécier sa nouvelle position bien que les Français ne l'aiment pas et qu'elle ne se sente pas chez elle dans ce pays qui, vingt ans auparavant, a décapité une autre archiduchesse autrichienne, sa grand-tante Marie-Antoinette.

Quand Napoléon est vaincu par la Sixième Coalition, Marie-Louise décide de ne pas le suivre dans son exil à l'île d'Elbe, mais rentre avec son fils à la cour de Vienne. À l'issue des Cent-Jours et de la défaite décisive de Napoléon à Waterloo, l'impératrice, pour mieux défendre les intérêts de son fils, décide de rester fidèle à sa famille d’origine, les Habsbourg-Lorraine. Le congrès de Vienne lui accorde, en 1815, les Duchés de Parme, Plaisance et Guastalla. Elle n'a alors que 24 ans.

Durement critiquée par les Français pour avoir abandonné Napoléon au moment de la débâcle, Marie-Louise, qui gouverne pendant une période troublée, réussit en revanche, par une politique éclairée et sociale étroitement surveillée par l'Autriche, à être très aimée des Parmesans qui l'appellent « la bonne duchesse ».

Marie-Louise naît au palais impérial viennois de la Hofburg, peu avant minuit, le 12 décembre 1791. Elle est la fille aînée de l'archiduc François et de sa seconde épouse Marie-Thérèse de Bourbon-Naples. Elle est donc la petite-fille de Marie-Caroline d'Autriche, reine consort de Naples et de Sicile, et la petite-nièce de la reine Marie-Antoinette de France[1], qui est guillotinée par les révolutionnaires français le 16 octobre 1793, Marie-Louise étant alors âgée de 22 mois. Ces deux souveraines sont elles-mêmes les sœurs de son grand-père paternel, l'empereur Léopold II du Saint-Empire.

Suivant la tradition, l'enfant reçoit à son baptême les prénoms de sa grand-mère paternelle, l'impératrice née Marie-Louise d'Espagne, mais, dans l'intimité, elle est appelée par un diminutif : Luisl (en français : Louisette ou Louison)[2].

Elle a à peine plus de deux mois lorsque son grand-père, l'empereur Léopold II, meurt et que son père monte sur le trône sous le nom de François II. La guerre contre la France révolutionnaire est déclarée le 20 avril suivant et dure plus de 20 ans.

Bien que délaissée par sa mère l'impératrice Marie-Thérèse, femme froide qui ne prodigue ni affection ni soutien à ses enfants[Note 1], la jeune archiduchesse vit une enfance insouciante entre le palais viennois de la Hofburg et les palais d'été de Schönbrunn et de Laxenburg.

Marie-Louise est proche de son père, l'empereur du Saint-Empire romain germanique François II, dont elle est la fille préférée. Parmi ses onze frères et sœurs, les autres préférences de l’empereur vont à Marie-Léopoldine, future impératrice du Brésil, et François-Charles, père du futur empereur François-Joseph. En outre, Marie-Louise noue une relation affective avec sa gouvernante, la comtesse Victoria Colloredo, née Foliot de Grenneville, et la fille de cette dernière, Victoire[3].

La jeune archiduchesse est éduquée de manière plutôt simple, elle se promène dans les rues de Vienne avec son père, et joue avec les enfants des domestiques, elle suit les préceptes de la religion catholique et l'éducation classique des princesses de son temps qui doit l'inciter à devenir une femme de devoir, éduquée, capable de paraître en public mais docile[4].

Elle étudie les langues, en particulier le français, langue internationale de l’époque, et l’italien, autre langue maternelle de ses parents (l'empereur, son père, est né à Florence et l'impératrice sa mère à Naples) alors que son allemand reste plutôt médiocre[5]. Le reste de sa formation prévoit des notions générales mais peu approfondies de littérature (expurgée), de calcul, de géographie et d’histoire de la maison d’Autriche et des principales dynasties d’Europe. La famille impériale, depuis la période de Marie-Thérèse, mène une vie privée « bourgeoise ». Elle apprécie que les archiduchesses se consacrent à des activités féminines. Marie-Louise aime le jardinage, la cuisine, la broderie et la musique (son instrument préféré est le piano)[5] qu’elle étudie avec Ferdinando Paër.

Les relations entre la France et l’Autriche[modifier | modifier le code]

Bien que tenue éloignée de la guerre et de la politique, dès son enfance Marie-Louise ressent les conséquences des batailles menées par l'Autriche contre la France de Napoléon : le traité de Campoformio consacrant les premières défaites de l'Autriche est signé en 1796 alors qu'elle n'a que quatre ans. Il lui est également inculqué une haine profonde pour le commandant français qui, à ses yeux, est le diable : parmi ses jouets, Marie-Louise a un soldat de bois nommé « Bonaparte » qu’elle aime maltraiter[6].

Lorsque arrive à Vienne, en 1804, la nouvelle de l’enlèvement et de l'exécution du duc d’Enghien par Napoléon, les Habsbourg-Lorraine se remémorent le sort de Marie-Antoinette et commencent à craindre la chute d'autres têtes couronnées. Aux yeux de Marie-Louise, alors âgée de 12 ans, Bonaparte est l’incarnation de la Révolution, l'Antéchrist qui veut détruire l’Église et les monarchies de l'Europe, tandis que son père bien-aimé est le défenseur de l'ordre et de la justice[7]. Entre-temps, dans la crainte que Napoléon fasse disparaître le Saint-Empire romain, François II élève l’archiduché d'Autriche au rang d’Empire et se proclame empereur d'Autriche sous le titre de François Ier[8],[9].

En 1805, lors de la guerre de la troisième coalition, Napoléon inflige une sévère défaite à l'armée autrichienne lors de la bataille d'Ulm (20 octobre). Un mois plus tard, l'empereur des Français entre dans Vienne et s'installe à Schönbrunn. Marie-Louise, 13 ans, et ses frères et sœurs sont envoyés en Hongrie. De la ville d'Ofen, l’archiduchesse espère que le sort de la guerre favorise les alliés et écrit à sa mère : « Le destin penchera du côté de père, et arrivera enfin le moment où cet usurpateur sera humilié. Peut-être que Dieu le laissera atteindre ce niveau pour le priver, après avoir tant osé, de toute issue. »[10].

Mais, contrairement à ses attentes, Napoléon gagne la décisive bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805). La défaite est suivie de la paix de Presbourg assez défavorable à l'Autriche qui est privée de nombreux territoires (principalement la Vénétie, la Dalmatie, le Tyrol et le Voralberg) et peu après, en août 1806, le Saint-Empire romain cesse d'exister. l'Autriche défaite est isolée[11].

Le 13 avril 1807, l’impératrice Marie-Thérèse meurt à 35 ans après avoir donné naissance à son douzième enfant, une fille mort-née. L'empereur François qui, à 39 ans, est veuf pour la seconde fois, cherche une nouvelle épouse. En janvier 1808, il épouse sa cousine Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine-Este dite Maria-Ludovica, 19 ans, fille du défunt archiduc Ferdinand et de Marie-Béatrice de Modène, chassés de leur duché de Modène par les troupes françaises et vivant en exil à Vienne[12].

Marie-Louise, qui n'a que quatre ans de moins que sa belle-mère, devient son amie et leurs relations s'intensifient. L'impératrice Maria-Ludovica, qui, à cause d'une santé fragile et délicate, ne peut avoir d'enfants, considère ceux de son mari comme les siens. De Marie-Louise, elle dit : « Je ne pense pas que j’aurais pu l'aimer plus que si je ne l’avais porté dans mon ventre, d’ailleurs elle le mérite, parce que son caractère est fondamentalement bon »[13].

En 1809, la guerre entre les deux empires reprend, l'Autriche voulant effacer le traité de paix de Presbourg. Cette fois encore, malgré les exploits de l'archiduc Charles, Napoléon se montre le stratège le plus habile et la guerre tourne à son avantage. Le 4 mai, la famille impériale fuit de nouveau Vienne qui est une seconde fois occupée par les Français le 12 mai. D'Ofen, Marie-Louise, 17 ans, écrit à son père : « nous vivons constamment dans la peur sans savoir si chaque nouvelle journée nous apporte de la joie ou du chagrin. »[14].

Les armées napoléoniennes approchant, les archiducs autrichiens doivent quitter la ville et se réfugier plus à l'est, à Eger, où l'impératrice se charge de l’éducation de ses beaux-enfants qu’elle incite à la haine contre Napoléon. L'impératrice Marie-Louise lit ainsi des questions auxquelles sa belle-fille doit répondre à haute voix : « Qui est l'ennemi de notre félicité ? L'empereur des Français. Et c'est ? Un méchant. Combien de natures a-t-il ? Deux : une nature humaine et une nature diabolique. De qui dérive Napoléon ? Du péché »[15],[16]. Le 6 juillet 1809, Napoléon gagne la bataille de Wagram et l'Autriche se rend ; la défaite est suivie du traité de Schönbrunn qui se révèle humiliant pour l'Autriche[17].

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