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  le blog anthologie

Anton, Jessica et les autres

23 Juin 2010 , Rédigé par gentle13 Publié dans #texte perso

Il a vécu dans l’oublie et grandi dans l’absence. La mémoire reste vaillante, comme un soldat qui fait le guet pendant que d’autres dorment. Il combat l’arrogance du haut de ses quinze ans. L’adversité ne l’a pas abattu ; il est plein d’espoir et d’amour. Il a cette grâce juvénile, ce culot d’adolescent qui n’a pas froid aux yeux.

 

Il est conscient de ce qu’il est et de ce qu’il sait

 

Ce n’est pas qu’une histoire, c’est un conte ou plutôt un songe, une sorte de rêve éveillé où tout est permis :

 

Le jeune garçon d’ailleurs ne s’en prive pas, il va et vient, il chaparde par ci par là de menus objets faciles à dissimuler et à revendre.

 

Il est le protecteur d’une petite troupe qui traîne avec lui, il est craint de ses camarades et joues de son charme auprès des jeunes filles qui rêveraient de partager son intimité, mais qui, par pudeur ou timidité n’ose le dire. Alors d’œillade en sourire elle tente de lui faire comprendre que comme une corolle elles sont prêtes à s’ouvrir et s’offrir à ce beau papillon qui viendrait butiner son nectar.

 

Mais lui à d’autres idées en tête, se sortir de ce guêpier et mettre sa troupe à l’abri de la puanteur de la rue, le temps fera le reste……..

 

Un rêve finit  toujours par se réaliser se dit-il, il sait que tôt ou tard une opportunité  se présentera et il saura la saisir, d’ailleurs à ce titre, le petit boulot de vendeur de journaux qu’il a trouvé lui permet justement d’espérer à des  jours meilleurs, c’est peu mais pour l’instant il s’en contente.

 

De part son courage les autres garçons n’ont pu faire autrement eux aussi d’aller chercher des petits travaux à effectuer pour quelques sous. Les filles ont réussis à dégoter un travail de chambrière dans un petit hôtel du quartier tout à fait convenable. Le patron un vieux monsieur ne manque pas de les « lorgner » à chaque fois qu’elles passent devant lui et, comme par un accord tacite, il les gratifie d’un billet supplémentaire et elles d’un  ravissant sourire, l’air mutin, le remercie à leur tour.

 

La séduction a toujours été et sera toujours un jeu

 

Cela suffit à son bonheur, de voir la jeunesse aller et venir, d‘entendre leur musique, leur rire. L’espoir tenu de revoir son établissement se remplir comme au bon vieux temps, au temps de sa splendeur quand sa femme de main de maître diriger le tout.

Par une belle matinée d’été en ce mois d’Août 1985 la vie a surgit, pétillante. La ville retrouve son éclat d’antan, le chant des oiseaux sifflant sur les branches  accompagne la musique d’une ville qui s’éveille de la torpeur du passé.

 

Le jeune adolescent a grandi et à l’heure où je vous parle il a gagné son pari, il a misé sur son courage, sa détermination et puis malgré tout il y a toujours une part de chance à laquelle il faut croire. Grâce aux filles il a pu à son tour travailler dans « l’hôtel du vieux monsieur ». Dix ans après à force de travail et d’acharnement il a pu reprendre la gérance de l’hôtel. De la petite troupe du départ il ne reste rien, aujourd’hui Anton, les jumeaux et Jessica et Blanche, sont devenues des adultes responsables.

La conclusion que j’en tire, tout comme eux d’ailleurs, qu’il n’y pas de fatalité et tant qu’un souffle de vie nous animes nous devons nous battre pour rester debout.

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Patricia 23/06/2010 19:17



Un très joli texte Paul,un espoir qui peut être entendu pour les jeunes en difficulté.


La théorie de" la résilience" si bien expliqué par Boris cyrulnick.


  Tu es vraiement trés doué!