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  le blog anthologie

anthologie

Jean Marc La Frénière

25 Décembre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

J'ai découvert cet auteur il y a quelque temps et j'avoue avoir été enchanté par ce que j'ai découvert, j'ai d'ailleurs sur anthologie un lien qui vous conduire sur le site même de cet écrivain. Je vous laisse découvrir cet homme par le biais de son blog et lire tout ce qu'il l' a écrit. Bonne lecture
Gentle13



Les Editions Chemins de Plume nous offrent un petit bijou en faisant paraître le dernier ouvrage de Jean-Marc La Frénière Parce que.
Jean-Marc La Frénière : Parce que
Jean-Marc La Frénière : Parce que
Editions Chemins de Plume, EAN:9782849540541, 12 €
Ces textes poétiques interpellent l’arête friable de la curiosité ; c’est sans doute la raison pour laquelle le peuplier regarde par-dessus mon épaule ce livre étonnant qui parle de lui avec des mots simples comme la transparence de l’aube qui s’étire.

Il penche son visage et comme je poursuis ma lecture, il ose une feuille d’or ourlée de verdure. Elle se pose si doucement, si délicatement qu’aucun mot de la page ne remarque ce papillon végétal. Son souffle est si pur et son rêve si léger qu’il pousse notre conscience au-delà de cette ligne qui ferme le regard et dévore les formes qui osent la toucher...

Le poète bouscule notre regard sans cesse distrait par un obstacle appartenant au monde matériel. Il nous oblige à dépasser la vue étroite et minuscule du quotidien. Jean-Marc vit avec un loup, au milieu des vaches qui volent et de pierres qui pondent !... Alors, vous allez me dire que vous n’avez rien de commun avec cet énergumène ! Je vous réponds : bien au contraire. Ecoutez cet artiste qui "ramasse les virgules dans les armoires... et mange les pépins pour renaître pommier... " il vous mènera au pied de vous-même, car ses mots sont des épices aux vertus magiques. Le vent soulève la poussière, mais il n’oublie jamais d’emporter nos pas sur la colline silencieuse de la mémoire.

Cet ouvrage n’est pas seulement à lire, mais bien à vivre. Le lecteur se métamorphose en curieux qui hèle ou salue les images qui passent. Ces mots sont comme des baisers qui cherchent des lèvres pour s’enflammer, des yeux pour s’envoler, des visages pour s’enfouir dans la blancheur des rêves encore à naître.

C’est alors que tout bascule, tout change, le quotidien revêt ses habits d’apparat et l’homme invente la rencontre avec l’autre ; celui qui se cache dans le lit des mots, dans le regard de l’ombre assise contre le mur, dans la tendresse des fleurs légères et fragiles, dans cette encre qui s’accroche à la page et fige les secondes...

Jean-Marc La Frénière, en un style admirable, avec des mots discrets, des mots de tous les jours, nous saisit par le cœur et nous entraîne dans une écriture où le jour et la nuit ont un visage d’ange... Lecteur, ne résiste pas à cette invitation, elle bousculera tes frontières, déplacera tes murs et en échange t’offrira le royaume admirable qui exauce tous les vœux.

"J’ai trois épouvantails dans mon jardin, dont l’un à bicyclette. Je le soupçonne de pédaler jusqu’au village durant la nuit. Il a toujours des brins de paille en sueur et le chapeau de travers. En fait, ils aiment les oiseaux et ouvrent même la porte aux ratons laveurs. Sur le rang, mon jardin est le plus pauvre en légumes mais le plus riche en mots.

Plus loin, j’ai un étang plein de grenouilles, de nénuphars, de carpes japonaises et de cheveux de fée. Quelques canards et un héron s’y posent quelques fois. Il sert aussi de patinoire aux libellules du coin. Au premier flot du matin, la rosée me réveille et me sert le café sur le comptoir des yeux.

Le murmure des gnomes sous la galerie me sert de radio quand je me sens trop seul.

Entre le vent et le flanc des montagnes, il n’y a pas de murs mais des passages, des accalmies, des souffles. Les regards portent trop loin pour s’encombrer de choses. Il n’y a que mon loup qui collectionne les objets, les vieilles bottes à vache, les balles trop mordues, les os trop secs, les peines de croc, les cœurs cassés, la babiche des raquettes qu’il finit par manger. Elle lui sert probablement de brosse à dents. Sur tant d’espace nettoyé, je me repose dans mon songe. On y lave ses yeux, on danse sur des rivières infranchissables. J’habite la lumière où mes mots font un bruit de chevaux emballés.

De l’herbe pousse dans mes oreilles, de la luzerne dans mon nez. J’ai sur la tête un chapeau d’absolu percé par la misère, le bonheur et le temps.

Je compte les secondes en fragments d’infini. J’ai des lucioles dans les yeux, l’odeur des chevreuils sur le cuir des mots, de l’eau d’érable dans les veines. Je goûte la framboise au milieu du mois d’août, les cerises noires amères que picossent les pies, le cœur de pomme et le cormier quand arrive l’automne. Je suis une roche qui a pris la parole, un arbre qui se tait dans le chant des oiseaux, une rivière qui déborde sous la crue des saisons, une épine, une ronce en quête de tendresse."

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Henri Michaux ou l’intérieur du miroir

14 Décembre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Vous ai-je déjà parlé de cet homme là : Henri MICHAUX, me semble t-il que oui. J'ai fini il y a peu de temps "la vie dans les plis" un petit recueil de texte que j'ai trouvé particulièrement intéressant, de ce fait je reviens vers vous avec "l'intérieur du miroir" du même auteur et je pense que là encore le voyage paraît des plus captivant. Donc, laissez moi vous prendre par la main et vous faire traverser le miroir et suivre l'auteur là où il nous guide. Un monde poétique : un monde sans guère, sans violence, un monde bailsé de douceur et de tendresse où les armes non  plus raison d'être où seul les mots et les phrases dites où écrites ont de l'importance.
Gentle13


 
Comment peut-on concevoir un nouveau livre sur Henri Michaux après la biographie de Jean Pierre Martin ?
Robert Bréchon : Henri Michaux
Robert Bréchon : Henri Michaux
Edition Aden, Collection le cercle des poètes disparus 25 €
Robert Bréchon n’a pas écrit à proprement parler un autre livre, mais il a relevé le défi que lui lança, il y a environ un demi-siècle, Henri Michaux, lui même : montrer son oeuvre sans parler de sa vie ! De toute manière, ’je ne savais rien de lui’... Je devais tout tirer de ses textes... ’, alors, pour réaliser ce véritable exploit, Robert Bréchon ne possédait que trois repères sous la forme de trois dates : 1/ 1945 : la découverte de l’oeuvre. 2/ 1956 : la rencontre de l’artiste. 3/ 1959 : la publication du livre.

L’aventure commença vers la fin de la seconde guerre mondiale avec l’achat de « Panorama de la jeune poésie française » de René Bartelé, publié à Marseille en 1943. Un poème toucha tout particulièrement Robert Bréchon qui avoua, que 60 ans plus tard, ce poème « emportez-moi » le touche toujours autant.

Puis, ce fut la découverte en 1946, dans la collection « Poète d’aujourd’hui » chez Seghers, de Michaux. Il y eut, plus tard, Raymond Bellour qui donna un « Henri Michaux ou une mesure de l’être » paru chez Gallimard, mais aussi, les introductions des oeuvres complètes en trois volumes à la bibliothèque de la pléiade, toujours chez Gallimard.

Tout semblait dit... Il n’y avait plus, peut-être, qu’à souligner ou suivre la route déjà balisée... Mais relever un défi, est avant tout faire acte de création. Pour atteindre son but. Robert Bréchon eut recours à l’écriture. Une écriture qui, ne cherche pas l’effet, une écriture, qui connaît le chemin de l’âme toute simple, toute pure. Avec cet ouvrage, Robert Bréchon réalise une synthèse entre l’homme et son œuvre, tout en respectant l’un et l’autre, ce qui représente un véritable tour de force.

Seul Michaux, artiste peintre, demeure quelques pas en arrière, laissant à l’écrivain le rôle principal, car l’oeuvre picturale connaît une audience universelle encore à venir pour la prose et la poésie.

Michaux est-il un poète à part entière, un poète véritable ? N’est-il pas plutôt un pionnier du monde visible, mais également et surtout du monde invisible ? Mais, me direz-vous, devenir comme dans le Nouveau Monde, l’aventurier des grandes plaines, n’est-ce pas justement incarner « le poète » dans ce qu’il a de plus authentique et de plus sacré ?

Michaux a suivi la piste des hallucinogènes pour atteindre et pénétrer dans des univers fantastiques. De ces expériences mystérieuses, le poète nous a laissé une écriture qui sent la foudre et où les éclairs de la vie claquent à l’intérieur de chaque mot, comme autant de paroles inconnues qui nous traversent, nous bousculent, transfigurant le pas minuscule de notre quotidien. N’est-ce pas ainsi que l’artiste se métamorphose en mythe ?

Hors de tous les courants, de toutes les modes éphémères, Michaux, a refusé tous les honneurs, les décorations, car il considérait que ’l’écriture ne suit pas, elle précède’. Il ne faisait que poursuivre une direction qui depuis sa naissance, ’lui fait choisir sa voie singulière’. Le poète se défiait de tout ce qui pouvait limiter, clore, enfermer, sa marche dans le doux ronron hypnotique de la ’ routine’.

Michaux savait maintenir « cet état d’éveil » qui s’exprimait par une présence active. ’Nous dormons notre vie, nous passons à côté d’elle, nous sommes des somnambules, l’ambition du poète c’est de parvenir à ce niveau supérieur d’éveil qui est à l’éveil ordinaire ce que celui-ci est au sommeil’

’j’écris pour me parcourir...’. L’écriture semble bien à la recherche du poète. De cette chasse naît, derrière chaque mot vaincu, un nouveau personnage ! Aussi le poète incarne-t-il ce ’fameux point d’interrogation en marche’. ’À la mesure, au limité, on aboutit plus, quoi qu’on fasse alors, on est dans les ondes sans fin du démesuré. D’une façon, c’est un peu un retour...’

’L’homme est un enfant qui a mis une vie à se restreindre, à se limiter, à se voir limiter, à s’accepter limité. Adulte, il y est parvenu, presque parvenu. L’infini, à tout homme, quoi qu’il veuille ou fasse, l’Infini ça lui dit quelque chose, quelque chose de fondamental. Ça lui rappelle quelque chose. Il en vient.’, nous confie le poète dans le dernier volume de la saga mescalienne, « les Grandes Epreuves de l’Esprit ».

Robert Bréchon nous montre dans ce livre indispensable à une approche plus profonde peut-être de « cet artiste univers » entre prose et poésie, tout ce qui exclut l’enfermement, cette limitation plus ou moins consciente de soi-même. Michaux n’a cessé, par le biais de ses phrases mouvantes, tendues comme une coulée de lave, d’exprimer les malaises de ce Mystère qui nous entoure.

Cette quête multiple, jamais achevée, prouverait la présence d’un mouvement que l’homme doit saisir pour atteindre le seuil où se tient « le vivant ». Tout est en devenir, tout est donc à découvrir, au-delà de ce temps aussi insaisissable que ce monde à trois dimensions.

Le livre de Robert Bréchon s’achève par « quelques renseignements sur quatre vingt années d’existence, sorte de guide qui permet au lecteur de comprendre le cheminement de « cet artiste cosmique » que nous sommes encore loin de cerner.

Il faudra, sans doute, plusieurs générations, avant que nous appréhendions l’oeuvre dans son ensemble. L’ouvrage de Robert Bréchon ouvre une brèche, admirable et terrible, offrant à notre regard stupéfait l’étendue de notre éternité, non aux confins des galaxies, mais bien à notre porte, dans la fuite innocente du contenu de notre sablier.

"... Il y a une solidarité des créatures
Contre les abus de pouvoir du créateur
Si j’étais Dieu, j’aurais pitié du cœur des hommes,
Et des bêtes"

(mesure de l’homme -Henri Michaux)

"Le problème de la nuit reste entier. Comment la traverser, chaque fois la traverser tout entière ?
Que mes secondes sont lourdes ! Jamais je ne les aurais crues si lourdes. Instants éléphantiasiques.
Loin de tout, rien en vue et pourtant comme des bruits à travers un filtre.
J’entends des paroles ininterrompues, comme si sans cesse, on répétait : Labrador, Labrador, Labrador, Labrador,
Labrador, Labrador. Une poche me brasse. Pas de fond. Pas de porte, et moi comme un long boa égaré... Oh espace, espace abstrait (...) (...)
Fatigué de monter, vais-je descendre ? Mais je ne suis plus fatigué. Je ne sais plus rien de ce qui est de la fatigue. Je ne la connais plus.
Je suis grand. Je suis tout ce qu’il y a de plus grand. Le seul peut être tout à fait grand. Où sont les êtres ?..."

... ...

"Grand, j’aimerais aller vers plus grand encore, vers l’absolument grand. Je m’offre s’il existe. J’offre mon néant suspendu, ma soif jamais encore étanchée, ma soif jamais encore satisfaite. Tout convient : le lieu est vaste. Plus vaste. Plus de fermeture. Pas de témoins. Fais signe si tu existes, viens, me prenant comme insecte dans une couverture. Viens tout de suite. Ceux d’en bas tirent sur moi, cerf-volant dans le vent, cerf-volant qui ne peut résister, qui ne peut couper sa corde..."

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olympia Alberti

11 Décembre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Bonjour, aujourd'hui je vous présente une nouvelle d'un auteur, que j'avoue ne pas connaître mais qui là encore mérite d'être connu. Donc je le soumet à votre sagacité et à votre amour du livre. Là encore voyage et rêve au rendez-vous dépaysement assuré pour les sédentaires que la vie, le boulot ect.. contraint à rester là où ils résident. Laissez vous aller au gré des pages, laissez vous imprégniez par les mots et les images.
Bonne lecture
Gentle13

1bis, rue Abou-Nawas ou le soleil des souvenirs
lundi 10 décembre 2007.
 
Les Editions Elyzad nous proposent le dernier livre d’Olympia Alberti 1bis, rue Abou-Nawas, « une véritable merveille ».
Olympia Alberti : 1 bis, rue Abou-Nawas
Olympia Alberti : 1 bis, rue Abou-Nawas
Editions Elyzad, EAN : 9789973580078, 13,90 €
Cet ouvrage nous transporte de l’autre côté de la mer, où les souvenirs, devenus impalpables, se mêlent à la lumière et dont la présence est devenue tellement physique que le lecteur pourrait presque les toucher.

D’où provient ce miracle ? Inutile de chercher bien loin ce qui crève les yeux. En effet, depuis qu’elle tient une plume, Olympia sait dompter les mots, les soumettre à sa volonté d’images, de rythmes et à sa profonde humanité.

Elle a le goût de l’écriture sonore qui évoque et bouleverse, qui vous saisit à bras le coeur. Elle noircit une page comme elle frotterait une lampe magique. Aussitôt « le bon génie » paraît et exauce les vœux de l’auteure qui, comme le vent, cherche à coiffer l’impossible de son bonnet de joie.

Ce livre est un journal d’âme. Il évoque des situations, des lieux avec une telle intensité que l’on sent les odeurs monter de la terre, les arbres danser sous la caresse du jour, mais aussi la poussière du chemin, la respiration de la mer et toute la simplicité de cette vie dont l’écho pénètre le lecteur d’une douce violence, comme les couleurs suaves et chaudes qu’entretiennent les comètes.

Le rêve est là, éveillé, comme sorti de son berceau, il marche, parle, s’agite, il cherche à capturer notre regard, sa présence devient familière comme le sable errant dans la rue Abou-Nawas, comme le jour dessine et rature les formes et les lignes, attachés à la course du soleil. Alors, quand on a vécu sous le feuillage des légendes, au milieu d’un éblouissement qui, sans cesse, entrebaille la porte du quotidien, il est presque impossible de vivre ailleurs, où les maisons se ferment, les rues se métamorphosent en moteurs bruyants aux chaussures de gomme et où les voisins se griment à l’abri de leurs volets mi-clos, cherchant à brouiller les heures en agitant le mirage d’un emploi du temps imaginaire.

L’éternité semble dormir là-bas, où « la grande bleue » incarne la liberté d’être et la joie de vivre avec le pain si chaud, si tendre, si vivant, si drôle. Ici, ce pain n’a plus de goût, il est devenu fade, triste, presque résigné sous sa croûte brune.

Alors, on rouvre la fenêtre, celle qui donne sur l’écriture, sur le voyage, celle qui possède la profondeur de l’infini où l’on puise l’eau pure et fraîche dans la paume d’un monde que l’on ne peut oublier. Il est devenu cette cicatrice qui semble coudre le cœur en son milieu, comme une frontière, et qu’un chagrin trop lourd ne manquerait pas de déchirer.

Peut-on réapprendre à vivre, comme on apprend à marcher ? Ici, le paysage est si différent. Ici, on dirait un décor qui chercherait des comédiens pour l’animer... Ici, on ne devient qu’une existence...

Il ne reste plus, pour se sauver du naufrage, que la création... Qu’elle entre, submerge, emporte tout sur son passage laissant la vie, plus vraie que la parole, surgir de la grisaille avec cette sincérité qui transporte les âmes au-delà de cette petitesse qui écrase les jours entre les doigts poisseux du quotidien.

Ce livre est une beauté qui se visite comme une révélation sous l’œil bienveillant de la lumière.

"J’écris pour les mains calleuses
Qui jamais ne toucheront mes livres
Pour les analphabètes
Et ceux qui ne croiseront jamais
Qu’au large de mes mots
J’écris pour ceux qui ont soif
Qui ont faim du seul pain
Qui leur manque
L’Amour
J’écris parce qu’ils ne le savent pas
Et qu’ils se trompent pour de l’argent,
J’écris pour essuyer le crachat
Des racistes à leur visage
J’écris là pour leur rendre
Un jardin -
Celui qu’ils m’ont pris
Sans le savoir"

"j’ai vécu au bord d’une plage de bleu et de sables lents à s’étirer. Les promenades m’y étaient moins solitude que commu- nion, parfois, avec le monde, ouverture au chant subreptice des êtres. Les claque- ments de vagues me firent souvent élargir le cercle de mes pas ; j’allais, plus loin, jusqu’aux jardins intérieurs, où des airs de flûtes cascadent et font leur fraîcheur. Un jour, je dépassai un mur délité bordant un jardin immobile : il semblait veiller à contenir un parfum, une histoire. Revenant des rosées d’une autre musique, je m’arrêtai. Le mur se craquelait, des plaques de sable séché s’en étaient exco- riées. Cette retenue précaire de terre ocre attirait ma paume : je la posai sur l’om- breuse pierre ameublie. Je n’attendais rien, j’étais."

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Jean Orizet :Le voyageur poète

30 Novembre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Une petite nouveauté sur anthologie. Rien que le titre donne envie d'aller voir, au grè des pages découvrir l'auteur et son univer, de savourer chaque mot et s'en delecter comme un breuvage qui appaise les tensions et ouvre la porte de la créativité poétique. "L'attrapeur de rêve" nous convie à un voyage alors suivons le, laissons nous guider et oublions, fut-se, qu'un instant nous tracasseries quotidiennes, brisons de ce fait le cercle de la monotonie et libèrons nous de l'ennuie.
Gentle13




L’attrapeur de rêves ou l’approche magique de l’éternel
lundi 19 novembre 2007.
 
Jean Orizet, Editeur, Poète et grand Voyageur a confié aux Editions Melis, un roman qui nous transporte vers cet ailleurs où tout devient possible : l’attrapeur de rêves.
Jean ORIZET : L’attrapeur de rêves
Jean ORIZET : L’attrapeur de rêves
Edition Melis, EAN : 9782352100072, 16 €
Au delà de nos jours, si souvent ordinaires et monotones, le poète nous propose ce que j’appelle "l’Eternelle Quête", celle qui jette le coeur par dessus l’épaule du regard, à la recherche de" l’autre ", cet autre qui représente, peut-être, la part la plus secrète et la plus précieuse de soi !

Cette aventure permet à Jean Orizet de nous faire partager le festin de ses voyages, de parcourir, en sa compagnie, le monde et de recueillir la parole des hommes qui bougent, aiment, torturent et qui parfois apportent le bonheur en se réconciliant.

Mais cette boule magnifique que nous appelons la terre, qui tourne sans fin dans l’espace, ne possède -t- elle pas, en ses fibres profondes, le berceau de nos rêves et les racines éternelles de notre devenir ?

Au début du roman, nous faisons connaissance avec François, journaliste, écrivain et avant tout poète, dont la jeunesse s’est épanouie au coeur même d’une bibliothèque fabuleuse où il apprit à déchiffrer les premières lettres de l’alphabet de l’âme.

Après chaque reportage, François aime particulièrement retrouver sa maison du Bois- Neuf. Elle est spacieuse et solitaire, adossée à la poitrine d’une nature sauvage. Son omniprésence permet à François de se ressourcer, peut-être même de frôler l’impalpable velours de ses désirs...

Cet artiste aime entrer dans la forêt et répondre à l’invitation de ses sentiers mystérieux que le promeneur ordinaire dédaigne toujours de peur d’égarer ses pas et sans se l’avouer de perdre "cette chose" qui bouge au fond de son être et qu’il n’a jamais su nommer.

François marche suivant l’invisible fil d’Ariane qui lui permet de franchir les" Portes d’Ivoire" sur le seuil desquelles s’enlacent les vibrations des mondes qui nous entourent et nous composent.

Lors d’une longue promenade, notre héros croise un homme dont les yeux sont la vivante réplique des siens. L’inconnu interroge le journaliste : "Excusez moi, Monsieur,savez vous comment se rendre au château des Brèches ?"François répond négativement, car il ignore l’existence même de ce ce château. L’inconnu remercie et s’éloigne. Quelques mètres plus loin, l’un et l’autre se retournent pour fixer cet "entretemps" suspendu au cou du sablier, avant de se fondre, chacun de son côté, dans cette nature qui retiendra le souvenir de cette rencontre à l’origine d’une aventure aussi extraordinaire que naturelle.

L’échange, banal et bref, a laissé dans le coeur de François, une cicatrice, celle du "premier regard". Cette scène devient la nourriture de choix d’un rêve dont l’épaisseur des images est telle, que le voyageur nocturne peut les frôler, les toucher, les respirer en un "ballet désir" qui ne quittera plus ses pensées. Au réveil, François n’aura plus qu’une idée en tête : retrouver l’inconnu qui "possède ses yeux" ! Le duo deviendra trio : Luciane, Arnaud et François. Cette triade chevauchera l’invisible coursier de leurs interrogations en traversant le labyrinthe de l’éphémère et de l’illusion.

Une histoire aux ailes de légende, à la crinière folle de l’épopée qui entraîne le lecteur dans un tourbillon où l’inéluctable bouscule le quotidien et ouvre une large brèche dans la chair de l’inconnu. Un livre de chevet dont la lecture ne s’achève jamais, car nous sommes, à un moment ou à un autre, un des personnages de ce roman qui cherche à rejoindre ses rêves !...

"Quelqu’un s’avançait vers lui. L’homme était grand, avait de l’allure : sa démarche, ses traits semblaient familiers. Ils se trouvèrent face à face et leurs regards se croisèrent. "Nous avons le même couleur d’yeux" se dit François. "Excusez-moi Monsieur, savez-vous comment se rendre au château des Brèches ? demanda l’homme. A cet instant, François eut l’impression que l’inconnu avait également noté la similitude des regards.
-  Non, je ne connais même pas l’existence de ce château, dit-il.
-  Merci, dit l’homme avant de s’éloigner. François reprit sa marche. Après quelques mètres il se retourna ; l’autre fit de même et de nouveau leurs regards se croisèrent. Puis chacun alla son chemin. De retour au Bois-Neuf, François se remémora la façon dont le promeneur était vêtu : pantalon et veste de toile couleur feuille morte, portés sur une chemise à petit carreaux de style anglais. Il inspecta sa penderie, trouva un ensemble de forme et de couleur proches, passa le tout et se planta devant une glace : l’inconnu était devant lui."

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prix goncourt

28 Novembre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

 Aujourd'ui, le nouveau prix Goncourt, j'espère que comme moi vous serez tenté de vous le procurer. Daprès ce que j'en ai lu le livre mérite d'être lu. Je n'en dirais pas plus parce que honnête j'en sais pas plus mais aussi pour ménager le suspense
Amicalement
Gentle13



Alabama song
mardi 20 novembre 2007.
 
Un nouveau regard sur un couple mythique des années 20.
Gilles Leroy : Alabama Song
Gilles Leroy : Alabama Song
Editions Mercure de France, EAN : 9782715226456, 15 €

Zelda et Scott Fitzgerald, deux noms synonymes de fêtes débridées, de beauté, d’argent et de littérature mais aussi - tels deux Icares ayant trop voulu se rapprocher du soleil - deux noms synonymes d’abus d’alcool, de scandale et de folie.

On a beaucoup écrit sur l’auteur de gatsby le magnifique et de Tendre est la nuit, sur sa langoureuse nostalgie et son obsession des histoires amours malheureuses où la femme ne dispense pas l’affection mais le dédain et brise les coeurs.

Mais Gilles Leroy a décidé ici de s’intéresser non pas à l’un des emblèmes de la littérature américaine du début du XXème siècle mais à son ’presque double’ féminin, son épouse Zelda.

En ressort un texte profondément intimiste où - par le biais de constants aller-retour dans l’histoire - on prend peu à peu conscience de la vie d’une femme qui voulut être libre à une époque où le rôle des femmes étaient d’être cantonnées à la gestion de la maison et des enfants et dont le grand malheur fut de tomber amoureuse d’un homme qui - loin de la libérer - va, bien au contraire, l’asservir et littéralement la vampiriser.

Un texte prenant et d’une grande sensibilité dont l’on ressort ému.

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Un jour s’en va toujours trop tôt

8 Novembre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Un petite découverte ce matin que je viens de faire sur panorama du livre, il n'y qu'a lire et se laisser transporter au fils des mots, comme un courant qui dérive tout doucement et berce notre âme poétique. Là encore les mots nous touchent, une émotion vive que nous fait partagé l'auteur du livre. L'amour encore et toujours, l'amour toujours présent au quotidien et nul n'y échappe ; Quand il frappe à votre porte vous ne pouvez que succomber à son chame et laisser opéré la magie : Celle d'un soir ou d'un matin ou d'une fin après midi où tout en admirant un coucher de soleil il vous enlace et vous fait oublier les jours tristes, le passé perfide(homme femme) qui, un jour vous a trahie et  vous fait dire non à l'amour naissant. Cependant peu résiste à Eros à ce Cupidon farceur, qui sans vous demander votre avis, vous lance à nouveau dans la course effréné du bonheur. C'est ce que je souhaite à chacun d'entre nous que cet amour dure éternellement car la mort n'est que le commencement d'autre chose.
Gentle13

Maurice Carême (Wavre 12 mai 1899 - Anderlecht 13 janvier 1978) est un écrivain et poète belge de langue française.
  • Né à Wavre, d'un père peintre en bâtiment et d'une mère épicière, il y passe son enfance et Maurice Carême est nommé Maire à 19 ans.

En 1912 il écrit ses premiers vers de lois inspirés par une amie d'enfance. Il devient instituteur de métier en 1918, tout en continuant à écrire comptines et poésies. Après une période de futurisme (1928-1932), il revient à une poésie simple à destination de la jeunesse. En 1937, le poète s'installe à Anderlecht où il passera le reste de sa vie. Il habitera surtout Avenue Nelly Melba une maison dite "La Maison blanche" à Anderlecht qui est un musée.

  • Après s'être occupé de La Revue indépendante, Maurice Carême collabore à la revue Anthologie de Georges Linze puis entre à La Revue sincère (1922)
  • Élu « Prince en poésie » au Café Procope à Créteil en 1975 - une plaque commémorative apposée sur la façade le rappelle - , Carême a vu son œuvre traduite dans de nombreuses langues. Il est en particulier très apprécié pour son amour pour les enfants, un piano essentiel de son œuvre (mais non le seul). Récompensée par de nombreux prix littéraires, illustrée par de grands artistes, son oeuvre joint à la simplicité de la forme, l'expression d'une joie de vivre qui n'exclut pas une certaine gravité. Il a aussi traduit en français des poètes néerlandophones.[1]

Jeannine Burny qui fut la fidèle secrétaire et la muse inspiratrice de Maurice Carême, présidente de la Fondation, a commis un livre édité au Printemps 2007 intitulé "Le jour s'en va toujours trop tôt Sur les pas de Maurice Carême". Editions Racine (Bruxelles.

« Un jour s’en va toujours trop tôt » ou « L’amour entre les ailes de l’âme »
lundi 15 octobre 2007.
 
Les Editions Racine nous proposent un ouvrage remarquable de Jeannine Burny sur la vie d’un des plus grands poètes belges de notre temps : Maurice Carême.
eannice Burny : Le jour s’en va toujours trop tôt - Sur les pas de Maurice Carême
eannice Burny : Le jour s’en va toujours trop tôt - Sur les pas de Maurice Carême
 
Ce livre est bien plus qu’une simple biographie, il est, à la fois, le témoignage d’un amour absolu consacré à un homme et un hymne véritable à la poésie.

Aujourd’hui, nous savons que les poètes ne donnent leur nom et leur lumière que bien après leur trépas, la reconnaissance, toujours farouche, n’osant jamais affronter ni les jours de l’artiste, ni les exigences de l’édition.

Cet ouvrage m’apparaît donc comme un élément capital dans l’histoire de la poésie du XXième siècle. En effet, Jeannine Burny se livre tout entière dans ce livre de près de cinq cents pages.

Après une enfance, que je qualifierai de « difficile », la jeune fille rencontre l’Amour, avec ce A majuscule qui fait rêver l’adolescence. Cet amour a pour nom « Maurice Carême ». Il ne tardera pas à s’épanouir au milieu d’un quotidien presque monotone _ Cet ouvrage nous permet d’entrer dans cette intimité à la fois mystérieuse et presque banale d’un artiste qui subit également les contraintes d’une incarnation. C’est sans doute ce qui rend l’homme si proche de nous, ce frère de vie que nous croisons dans la rue sans le savoir et qui porte dans le secret de son être la magie de la création. Petit âme carnivore et merveilleux que l’artiste doit assumer au quotidien et qui dévore ses heures en les multipliant.

Nous découvrons tout cela et bien davantage dans la biographie de Jeannine Burny. Le visage de la plupart des acteurs de cette traversée des jours apparaît au milieu du livre sous forme de photographies. Documents précieux pour l’esprit qui peut ainsi fixer un visage sur un nom. N’oublions pas les poèmes qui comme des fleurs, souligne le récit, lui ajoutant cette foudre de lumière, tel un arc-en-ciel à la voûte des cieux !

Merci Jeannine pour cette biographie, elle fait aimer, découvrir le poète Maurice Carême, mais elle va encore plus loin, plus haut, plus fort, car elle rend accessible à tous les hommes, la poésie, source même des mondes. Un livre incontournable qui symbolise les deux ailes de l’âme.

"La table était à côté du lit. Maurice aimait créer tard dans la nuit. Je me couchais alors, ne pouvant détacher ma vue de son visage. Sa main se posait sur moi. Je sentais ses doigts s’arrondir en trois coussinets où se mêlaient volupté et douceur. L’autre main restée accrochée comme à regret à la feuille où s’ébauchait un poème. Nos regards s’entremêlaient, puis se dénouaient, tentant d’échapper au désir qui les rivait l’un à l’autre. Mais nous résistions jusqu’à ce que s’achève le texte commencé. Soudain, Maurice lançait son crayon sur la table. Comment avons-nous pu attendre ainsi avec cet amour lancinant qui tendait nos corps ? Son regard me déshabillait plus vite que ses doigts pourtant si habiles. La nuit était trop courte. Au matin, je sentais Maurice comme soulevé de lumière. Très vite, sa main se mettait à courir sur le papier qu’elle éclaboussait de mots. Ils se rangeaient en lignes régulières où parfois des blancs laissaient des traces immaculées. Je les savais éphémères et à la merci de l’inspiration qui y reviendrait pour en effacer toute trace."

"Déjà tout le soir bouge.
Tu vas te mettre nue
Sous les losanges rouges,
Nue et si ingénue.

Où est le bien, le mal ?
Voici que tout se mêle.
Nous entrouvrons l’enfer
Et entrons dans le ciel.

Le présent, le passé
Houlent comme des mers.
Nous passons, enlacés,
Dans une autre lumière.

Navire de haut bord,
Pourquoi nous croire encor
Sous ces losanges rouges ?
L’univers entier bouge."

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Les planches courbes

8 Octobre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Aujourd'hui je vais vous parler d'un grand poète français qui se nomme Yves BONNEFOY que beaucoup parmi vous connaissent déjà. J'ai lu ce petit recueil de poésie et je peux vous certifier que c'est  tout bonnement magnifique. Avant de vous laisser lire certains de ces écrits je voudrais vous présenter le personnage il est fascinant à plus d'un titre. Il serait ici fastidieux de vous énumérer sa bibliographie tant elle est nombreuse qu'il est plus simple d'insérer un lien qui vous permettra d'y accèder plus facilement.
Gentle13

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Bonnefoy


Le père d'Yves Bonnefoy est ouvrier-monteur aux ateliers des chemins de fer Paris-Orléans, et sa mère est infirmière, elle deviendra plus tard institutrice. Il a une sœur aînée, prénommée Suzanne. Jeune, Bonnefoy passe à Tours des années mornes, pendant lesquelles il va souvent en vacances à Toirac, dans le Lot, chez ses grands-parents maternels ; lieu qu'il qualifiait de lieu d'exil: « le vrai lieu ». En 1936, la mort de son père bouleverse profondément sa vie. Il a alors 13 ans, et, désormais, il n'ira plus en vacances à Toirac, mais restera chez lui à étudier. Il effectue ses études secondaires au Lycée Descartes de Tours, passe un baccalauréat de mathématiques et de philosophie, puis s'inscrit en classes préparatoires à Tours (mathématiques supérieures et mathématiques spéciales). Il commence des études supérieures de mathématiques à l'Université de Poitiers, puis à l'université de Paris, où il s'installe en 1944. Depuis cette date, il effectue de nombreux voyages, en Méditerranée et en Amérique.

De 1943 à 1953, il abandonne l'étude des mathématiques, pour se consacrer à la poésie, la philosophie et l'histoire de l'art. Il se lie tout d'abord au surréalisme, ayant lu la Petite anthologie du surréalisme de Georges Hugnet, et après sa rencontre avec Christian Dotremont[1], avant de s'en détacher en 1947, critiquant la gratuité de l’imaginaire surréaliste. En plus du surréalisme, ses principales influences sont Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé et Gérard de Nerval, qui ont accompli selon lui « la véritable révolution poétique de notre modernité »[2].

Par ailleurs, Yves Bonnefoy est l'auteur de nombreuses traductions (principalement anglaises), notamment de Shakespeare. Depuis 1960, il est invité par de nombreuses universités, françaises et étrangères, et, en 1981, il est nommé à la chaire d'Études comparées de la fonction poétique au Collège de France, où il enseigne jusqu'en 1993. Son recueil Les Planches courbes, paru en 2001, est considéré comme un chef d'œuvre ; trois des sections de ce recueil figurent au programme des cours de littérature des classes de Terminale littéraire pour les années scolaires 2005-2006,2006-2007: Dans le leurre des mots, La Maison Natale et Les Planches courbes, section en prose (que l'auteur qualifie de récit en rêve) qui a donné son nom au recueil.

Les planches courbes "La pluie d'été
"
Les rainettes, le soir

Rauques étaient les voix
Des rainettes le soir,
Là où l'eau du bassin, coulant sans bruit,
Brillait dans l'herbe.

Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur la table terrestre.

Prenaient ou non nos mains,
La même abondance.
Ouvert ou clos nos yeux,
La même lumière

Ou encore ceci tout aussi magnifique
"Une pierre"

Matins que nous avions,
Je retirais les cendres, j'allais emplir
Le broc je le posais sur le dallage,
Avec lui ruisselait dans toutes la salle
L'odeur impénétrable de la menthe.

                                    Ô souvenir
Tes arbres sont en fleurs devant le ciel,
              On peut croire qu'il neige,
Maisla foudre s'éloigne sur le chemin,
Le vent du soir répand son trop de graines

J'arrêtrais là car cela continue sur une centaines de pages, des couts poèmes sublimes à lire. Quand vous commencer vous êtes entraîné bien malgré vous à poursuivre cette lecture. Il est de la même étoffe que Jean-Michel MAULPOIX et Henri MICHAUX voilà des personnages de grandes qualités qui nous invitent à lire et à nous sortir des ornières de la vie quotidienne et/où le temps semble s'arrêter comme figé, un instant très brèf où on se plonge dans un univers de douceur et de tendresse. Là, la vie n'est plus diabolisé mais idéalisé voire divinisé. Un solfège poétique où les mots ne sont plus des armes mais des notes de musique.
Gentle13

 

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Yasmina KHADRA

5 Octobre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Laàencore un livre surprenant, connait on vraiment les gens avec qui on vit ? Il est dur et émouvant à la fois. Une vie qui du jour au lendemain bascule dans le chaos, dans l'incompréhesion. Le monde s'écroule sous ses pieds lui qui avait une vie bien rangée, un travail honorable, une femme qu'il aimé... Jamais il n'aurait pu imaginer ce qui allait lui arriver et comment d'ailleurs aurait-il pu ! Je vous conseille, si ce n'est pas déjà fait, de le lire.Vous ne serez pas déçue. Par la même occasion vous avez du même auteur "les sirènes de Bagdad"que je vais d'ailleurs attaquer tout affaire cessante. J'espère que le fait de partager mes lectures avec vous ne vous gêne pas trop si c'est le cas je vous prie de m'en excuser. Suivez le lien pour faire connaissance avec ce formidable auteur
Gentle 13

http://www.yasmina-khadra.com/



L’Attentat
La note evene : 5/5La note evene : 5/5
L’Attentat
d'Yasmina Khadra
[Littérature française XXIè]

Editeur : Julliard
Publication :7/9/2005

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Amine, chercheur israélien d'origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple à son peuple d'adoption et s'est entièrement consacré à son métier et à sa femme Sihem. Jusqu'au jour où un attentat se produit à Tel Aviv. Son ami Naveed, policier, lui annonce alors que Sihem a été tuée et qu'elle est en plus soupçonnée d'être la kamikaze.
Le sujet n'était pas évident. Pour aborder le thème des kamikazes israéliens, il fallait au moins l'audace de Yasmina Khadra - Mohammed Moulessehoul de son vrai nom ; rien à voir, donc, avec la femme qu'on aurait pu imaginer. L'auteur emmène son lecteur, passionné dès les premières lignes de ce roman époustouflant, dans les méandres de la conscience humaine. Et la conscience est ici double. Il y a d'abord celle d'Amine, cet éminent chirurgien d'origine arabe et naturalisé israélien, qui tente de comprendre. La question n'a de cesse de revenir : pourquoi ? Pour quelles raisons sa femme, cet être doux, dénué de haine et de mystère, s'est-elle fait exploser dans un restaurant, bondé d'enfants de surcroît ? Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Et comment lui, qui l'aimait tant, qui lui avait donné toute sa vie, n'a-t-il rien vu venir ? Dans sa quête éperdue pour approcher les raisons qui ont pu motiver un tel acte, Amine va devoir se frotter à ces hommes et ces femmes qui n'ont en tête que la cause palestinienne… au péril de leurs propres vies. Le récit est haletant, mené par une plume brillante et concise. L'auteur n'a aucun mal à nous tirer des larmes de chagrin et d'incompréhension, de compassion et de haine. Yasmina Khadra souhaitait devenir "une plume au service de la littérature, cette sublime charité humaine." Pari réussi.
Faustine Amoré

Les Sirènes de Bagdad
La note evene : 4/5La note evene : 4/5
Les Sirènes de Bagdad
d'Yasmina Khadra
[Littérature française XXIè]

Editeur : Julliard
Publication :17/8/2006

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La descente aux enfers d'un jeune homme broyé par le terrorisme. Fuyant son village, dérivant jusqu'à Bagdad, il se retrouve dans une ville déchirée par une guerre civile féroce. Sans ressources, sans repères, miné par l'humiliation, il devient une proie rêvée pour les islamistes radicaux.
Yasmina Khadra écrit simplement. Calmement. Il plante le décor, s’installe et déploie l’intrigue. Il sait où il va. Il a quelque chose à prouver et pourtant, sa démonstration ne tire pas de conclusion. En aucun cas elle n’est empesée ni donneuse de leçons. Car derrière l’écriture maîtrisée point une colère sourde. Yasmina Khadra a beaucoup à dire. Et il sait comment empêcher qu’on lui coupe la parole. Il écrit dans l’urgence et avec autorité, tissant son discours dans la fibre même du récit. Le héros des ‘Sirènes de Bagdad’ court à sa perte comme aucun de ses contemporains occidentaux n’oserait le faire : au nom de la dignité. Il part en croisade pour défendre des valeurs piétinées, témoin de luttes de pouvoir qui le dépassent et nous concernent tous.
Il faut cependant concéder aux détracteurs de Yasmina Khadra (cela dit, qui ose aujourd’hui encore être défavorable à un discours de tolérance ?) un certain manichéisme quand il s’agit de camper les troupes américaines. Mais pour une poignée de GI qui font figure de brutes épaisses dans ce roman, combien de musulmans taxés d’intégrisme dans l’imaginaire collectif ? Et combien de terroristes sont-ils vus comme de simples coquilles vides au service de l’obscurantisme ? L’écrivain emploie toute sa sensibilité et sa fougue à démontrer comment un jeune homme lettré bascule vers la haine, comment un esprit lucide se sacrifie pour une question d’honneur, et comment une vie peut être balayée d’un simple coup de rangers.
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Kaled HOSSEINI

5 Octobre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Je viens de finir ce petit livre là et je peux vous dire que c'est un vériable chef d'oeuvre et le mot n'est pas trop fort vous pouvez me croire. Une histoire magnifique, une histoire émouvante qui ne laissera insenble personne. Je l'ai lu très vite, j'ai savouré chaque page j'ai voyagé en même temps que les deux personnages du livre d'un bout à l'autre, on vit au rythme du livre on partage les émotions, les craintes, les regrets et les remords. Mais je n'en dirais pas plus , je préfère vous laisser découvrir le livre par vous même et d'en tirer vos propres conclusions. Comme je dis toujours "Ecrire c'est parler tout bas" alors écoutons Hosseini en silence pour en apprécier chaque mot et découvrir un pays ravagé par la guerre et la bêtise de certains hommes qui s'arrogent le droit de vie et de mort sous couvert de la religion alors qu'ils ne font que la pervertir., mais là c'est un autre problème.
Bonne lecture
Gentle13


Les Cerfs-volants de Kaboul











Les cerfs volant de Kaboul


Editeur : Belfond
Publication :7/4/2005

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« Il vaut mieux être blessé par la vérité que réconforté par un mensonge »

Le roman se déroule entre Kaboul et San Francisco des années 70 à nos jours. Amir et Hassan sont frères de lait, et se vouent une amitié indéfectible. Cependant ils ont des existences bien différentes : le premier est le fils d'un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. Mais Hassan subit une véritable ignominie sous les yeux d'Amir, qui reste pétrifié. Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Une voix au téléphone lui explique qu'il existe un moyen pour lui de se racheter. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans et de son propre passé.
Peindre d'abord, sur un papier de soie, un joli décor. Celui de l'Afghanistan du début des années 1970, avant l'invasion par les Russes, avant la guerre civile : un pays paisiblement multi-ethnique. Placer ensuite, dans ce décor, des personnages. Amir, l'enfant pachtoun, fils d'un riche commerçant. Et Hassan, son ami, son frère de lait, le fils hazara du serviteur de son père. Faire vivre ces personnages, en créer d'autres, les faire évoluer. Ajouter une trahison, une lâcheté, un mensonge. Décrire le départ, précipité, d'Hassan et son père, sous la pluie et les larmes. Puis l'exil, quelques mois plus tard, d'Amir et le sien, juste avant l'invasion. Installer ensuite les personnages aux Etats-Unis, faire croire qu'ils ont refait leur vie, et jouer avec les tons pastel. Puis, soudain, retourner le papier de soie, tremper son pinceau dans du brun, du gris, du noir : du très sombre. Et décrire l'Afghanistan, meurtrie, sous le joug des talibans : les lapidations, les mutilés contraints de vendre leur prothèse sur les marchés, les femmes frappées pour un seul mot, les enfants violés dans les orphelinats… Coller, sur le papier de soie les ficelles de l'intrigue, avec, par exemple, cet appel mystérieux qui demande à Amir de revenir en Afghanistan, pour expier sa faute de jeunesse. Ou la révélation sur la véritable identité d'Hassan. Avec ses cerfs-volants, Khaled Hosseini nous propose un condensé saisissant de l'histoire récente de son pays. Il nous dresse le portrait d'un homme rongé par le remords d'une trahison, et sa formidable soif de rédemption. C'est à la fois passionnant et bouleversant. Dommage que l'écrivain ait manqué parfois d'un peu de souffle pour faire monter encore plus haut ses cerfs-volants dans le ciel littéraire.
François Ménard
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L'Ecosse à l'honneur

17 Septembre 2007 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

A mon sens un petit chef d'oeuvre à lire et à avoir sous le coude, je pense que lorsqu' on a ouvert un livre pareil il doit être difficile de s'en défaire sans être pris dans les mailles du filet de l'auteur, un livre palpitant qui nous transporte en Ecosse : le pays des landes et des druides.
Mais je vous laisse découvrir par vous même ce court extrait qui vous donnera du moins je l'espère l'envi de vous le procurer. Peu importe l'endroit où l'on vit la littérature se vit, se lit sous toutes les latitudes, la poésie est un passe partout qui ouvre les portes du coeur de chacun d'entre nous. On a tous une sensibilité particulière mais chez certains elle est plus importante que chez d'autres.
Amicalement et comme toujours bonne lecture
http://www.encres-vagabondes.com


 
 

Desmond EGAN, Music et autres poèmes


 

À une quarantaine de minutes de Dublin, les arbres de Monasteverin qui se découpent contre le ciel abolissent le passage du temps. Est-ce un hasard si les choucas, ces oiseaux qui vivent si vieux, en ont fait leur domicile ?

paysage de visages tragiques
où le temps se fond en éternité
ce vaste mouvement gris
qui nous recouvre tous.

Desmond Egan parle ici de l'ouest de l'Irlande, mais Monasteverin est peut-être la première étape de ce voyage vers l'ultime péninsule de l'île. C'est ici que nous avons rencontré le poète, là où, depuis bientôt vingt ans, il est aussi le directeur artistique du Festival Gerard Manley Hopkins. Il en a fait un lieu vibrant où chercheurs et poètes du monde entier se retrouvent année après année dans une célébration de l'œuvre du grand poète victorien et de la poésie contemporaine. Pendant une semaine, c'est aussi l'occasion d'approcher la personnalité riche et exigeante de Desmond Egan et de mieux connaître l'œuvre de ce grand poète d'aujourd'hui. Né en 1936 à Athlone, en plein cœur de l'Irlande, il est l'auteur de plus d'une quinzaine de recueils, traduits en plusieurs langues et couronnés par de nombreux prix.

« Music et autres poèmes » est son dernier recueil paru en français. On y retrouve la multiplicité des tonalités d'un poète qui lit le monde dans un paysage. L'ultime péninsule de l'île dessine la limite entre l'homme et une béance qui est le domaine de flots secoués jusque dans leurs abîmes par une tempête incessante. Son regard est une leçon d'humilité en même temps que la possibilité d'un apaisement :

le genre de crique dont vous
pourriez vous souvenir à l'instant de la mort
ainsi que des haies pourpres
drapées de fuchsias plus haut sur la route
des montbretias orange incandescent
et vous partiriez consolé

Le monde que regarde Desmond Egan est l'espace d'une méditation où passé et présent se rejoignent. Penseur, le poète lit dans sa trame profonde le passage de l'homme, en remonte les sinuosités pour toucher enfin à ce qui fait son devenir :

les voix des collines
sont celles de nos parents
et de leurs pères
et de leurs pères encore

Desmond Egan déchiffre au front de l'horizon ce qui dépasse le temps, l'abolit dans ce qui est présence. Voyant, le poète est traversé par le passé qui n'a jamais cessé de loger dans ce paysage. Il entend un cri qui remonte les siècles, voit à l'infini les corps martyrisés d'un peuple irlandais dont la souffrance passée continue d'habiter ses enfants. Chaque pas posé en terre irlandaise fait jaillir le choc de la mémoire. Il n'est pas de fossé qui n'éveille au promeneur le souvenir de la grande famine. Desmond Egan écrit un monde dans un prisme où se croisent l'histoire et l'essentiel, ce qui en fait la mesure, en cerne l'irréductible. Il trace les frontières de granit que bat en vain l'océan et inscrit cette mémoire ineffaçable qui est le legs tragique de l'histoire. Il n'est pas de passé dans le présent car l'un et l'autre continuent d'être, à jamais entremêlés.

ne vieillissant pas quand nous vieillissons
nos grandes collines sont métaphore
mémoire de terre
silencieux memento

Desmond Egan pense le monde et l'éprouve en ce qu'il a de plus intime. Sa poésie revêt aussi le visage de tous les jours lorsqu'elle célèbre la mémoire de la petite Emear, sa robe à fleurs, ses poupées et son vélo. Le monde habite la falaise mais est contenu tout entier dans les pétales des coquelicots.

il semblerait petite fille
qu'eux
(les coquelicots) et toi soyez la beauté cachée du monde
ton être tendu tout entier vers ce flamboiement où tu joues
le temps de quelques
années humaines

Dans la simplicité apparente des mots du poète résonne aussi bien l'ampleur de la symphonie que la voix de l'instrument qui joue en solo un lamento discret et poignant.

« Music et autres poèmes » vient d'obtenir le Prix du Livre insulaire 2005 au salon international de l'Ile d'Ouessant.

Cécile Oumhani 

   






Desmond Egan
Music et autres poèmes







 
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