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anthologie

Les disparus

3 Février 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Lire a choisi dans chaque catégorie le meilleur livre de l'année 2007 - dont les auteurs sont primés ce jeudi. Du roman à la biographie en passant par le livre de jeunesse, la rédaction a décidé de vous faire partager les débats qui ont animé cette sélection en vous donnant la liste des nominés. En bonus, la réaction en vidéo du vainqueur, Daniel Mendehlson, l'auteur des Disparus.

Les disparus


Prix Médicis Etranger 2007
Qu’est-il arrivé à Shmiel Jäger, à son épouse Ester et à leurs quatre superbes filles ? Pour leurs parents émigrés en Amérique, ils sont morts au tout début de l’occupation de la Galicie par les Allemands, dénoncés par leur bonne polonaise. Né en 1960 Daniel Mendelsohn, petit neveu de Shmiel, a toujours douté de cette version officielle, et, dès son enfance, s’est mis en quête de la vérité...

Qu’est-il arrivé à Shmiel Jäger, à son épouse Ester et à leurs quatre superbes filles ? Pour leurs parents émigrés en Amérique, ils sont morts au tout début de l’occupation de la Galicie par les Allemands, dénoncés par leur bonne polonaise. Né en 1960 Daniel Mendelsohn, petit neveu de Shmiel, a toujours douté de cette version officielle, et, dès son enfance, s’est mis en quête de la vérité. Ce livre est à la fois le résultat d’ une vie d’enquête, et le récit de cette enquête elle-même. Un récit volontairement tortueux : tout est dit quand l’auteur compare la narration classiquement chronologique de la bible à celle de l’Iliade, fourmillante d’histoires dans l’histoire. Daniel Mendelsohn ne se contente pas de compiler les témoignages pour retracer le destin de ses Disparus. Il livre aussi les circonstances dans lesquels ils ont été recueillis, les histoires des témoins, et la façon dont il a retrouvé leurs traces. Celles-ci l’ont conduit en Australie, en Israël, au Danemark, et bien sûr à Bolechow, cité galicienne dont est originaire sa famille et où Shmiel, seul, était resté. Au fil de ses recherches, la véritable histoire des Disparus se fait jour. Frydka, fille de Shmiel, a aimé un jeune catholique qui est mort avec elle ; sa sœur Lorka elle aussi survécu aux premières Aktionen avant de rejoindre la résistance et d’être rattrapée par la barbarie nazie… Mais cette enquête n’est pas qu’historique. En s’attachant autant aux faits qu’à la psychologie et à l’entourage de ses Disparus, l’auteur donne à son livre l’allure d’un atelier proustien, où le lecteur voit, à force de détails accumulés peu à peu, le passé ressusciter sous ses yeux.

Mot de l'éditeur
Dans la famille de Daniel Mendelsohn, il y a un trou : en 1941, son grand-oncle, sa femme et leurs quatre filles ont disparu dans l’est de la Pologne. Comment sont-ils morts ? Nul ne le sait. Pour résoudre cette énigme, l’auteur part sur leurs traces. Le résultat ? Non un énième récit sur la Shoah, mais un formidable document littéraire, à la fois enquête dans l’Histoire et roman policier. Écoutons ceux qui l’ont lu : Joyce Carol Oates : « Daniel Mendelsohn a écrit une oeuvre puissamment émouvante sur le passé “perdu” d’une famille, qui rappelle à la fois l’opulence des oeuvres en prose de Proust et les textes elliptiques de W.G. Sebald.» Jonathan Safran Foer : « Entre épopée et intimité, méditation et suspense, tragédie et hilarité, Les Disparus est un livre merveilleux. » Traduit de l’anglais par Pierre Guglielmina.
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Amin Maalouf : Le conteur

3 Février 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Un écrivain extraordinaire, un conteur comme on en fait plus qui vous incite au voyage. Laissez vous bercer par ces merveilleuses histoires.
Gentle13

Né à Beyrouth (Liban) en 1949, Amin Maalouf vit à Paris depuis 1976. Après des études d’économie et de sociologie, il entre dans le journalisme. Grand reporter pendant douze ans, il a effectué des missions dans plus de soixante pays. Ancien directeur de l’hebdomadaire An-Nahar International, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique, il consacre aujourd’hui l’essentiel de son temps à l’écriture de ses livres.

Voici une biographie plus détaillée...

http://www.aminmaalouf.org/




Amin Maalouf
dimanche 1er juin 2003.
 
Amin Maalouf (né en 1949 à Beyrouth), un journaliste du temps jadis en quête de vérité...

 

Amin Maalouf : Léon l’Africain
Amin Maalouf : Léon l’Africain
Editions le livre de Poche, EAN : 9782253041931, 5.50 €
Amin Maalouf : Le rocher de Tanios
Amin Maalouf : Le rocher de Tanios
Editions le livre de Poche, EAN : 9782253138914, 5 €
Amin Maalouf, le conteur

"Pour connaître le monde, il suffit de l’écouter. Ce que l’on voit dans les voyages n’est jamais qu’un trompe-l’oeil. Des ombres à la poursuite d’autres ombres." le périple de Baldassare

Amin Maalouf est tout d’abords un merveilleux conteur et cela explique certainement une grande partie de sa popularité.

Ces romans sont passionnants et foisonnants de détails historiques à tel point que l’on a parfois du mal à croire que ses personnages sont purement fictifs. Son style soutenu ne laisse rien au hasard mais reste néanmoins accessible à tous les lecteurs.

Il est indéniable que son impressionnante érudition y est pour beaucoup mais cela n’explique pas tout. Son passé de journaliste lui a aussi permis d’avoir un regard très spécifique sur le monde : à la fois précis et à la portée de tous car écrit Pour tous.

En effet, Amin Maalouf ne conçoit pas l’écriture comme un métier de culture qui serait réservé à un petit nombre : "Quand je commence à écrire, je sens toujours que je m’adresse aux lecteurs" (propos recueilli par Hamidou Dia).

Ces romans se situent dans un passé historique sur lequel il a longuement travaillé avant d’écrire la moindre ligne. Ainsi, il devient à la fois un véritable journaliste des chroniques du passé et un véritable conteur de par l’exotisme et la richesse de ses écrits. Exilé lui-même, intègre et pointilleux comme il sait l’être, il ne pouvait pas ne pas montrer du doigt à travers ses romans l’absurdité et la répétitions des haines entretenues ...

Pour connaître l’avenir, penche-toi sur le passé...

"Lorsque la foi devient haineuse, bénis soient ceux qui doutent !" Le périple de Baldassare, "Toutes les langues, toutes les prières, m’appartiennent, je n’appartiens à aucune" Léon l’Africain

Chacun des romans d’Amin Maalouf montre l’absurdité des conflits identitaires et religieux.

Que ce soit dans Les Croisades vues par les Arabes, dans Léon l’Africain ou à travers l’histoire de Tanios dans le Rocher de Tanios, ce romans entremêlent l’histoire propre de ses héros et celle, implacable de notre histoire commune.

Sa vision intégre du monde issu de son métier de journaliste s’exprime clairement dans les différents récits des politiques en oeuvre que ce soit au temps des croisades, au XVIème siècle ou au XIXème.

Ce qui frappe c’est la répétition constante des horreurs causées par le fanatisme, le racisme et la stupidité humaine comme si l’Histoire n’était qu’un éternel recommencement jusqu’au jour où l’Homme apprendra enfin à ouvrir véritablement son coeur à la tolérance dans une "vision d’une humanité à la fois fondamentalement une et respectueuse de toutes les différences". (Propos recueilli par Hamidou Dia)

Amin Maalouf et la quête identitaire

"Ton destin s’arrête où ta vie commence" le Rocher de Tanios, "N’hésite jamais à t’éloigner , au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances" Léon l’Africain

Ce qui frappe chez les héros de ses romans c’est qu’il sont eux-même, à un moment ou un autre de leur vie des étrangers sur leur propre terre, des être en rupture avec leur culture d’origine. Tout comme Amin Maalouf, lui-même exilé. Frappé par le destin et /ou la main de Dieu, ses personnages n’ont qu’un seul choix possible : celui d’accepter la fatalité ou de s’exiler pour refuser d’être témoin et complice de faits qu’ils réprouvent que soient au niveau historique global (Léon l’Africain) ou au niveau personnel (le Rocher de Tanios).

Les personnages d’Amin Maalouf s’exilent non pour fuir mais pour être maître de leurs propres destins. Ils partent pour se trouver et être fidèle à leur coeur, un coeur épris de justice, de fraternité et de paix... un beau rêve ?!



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Serge Ritman

3 Février 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Serge Ritman présente babar.

Vie brève


Né en 1954 à Cholet, Serge Ritman (Martin sur la carte d’identité) a publié poèmes, essais, articles divers et notes de lecture.
Il confond tout et fait toujours plusieurs choses à la fois : cela peut ne pas convenir mais ça lui convient.
Il enseigne la langue et la littérature (Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Versailles, Centre de Cergy) après avoir enseigné longtemps dans une classe… mais il apprend chaque jour à écouter le poème de sa vie et des vies qui s’y mêlent, s’y emmêlent, surtout en écoutant les enfants dans les cours de récréation ou aux fonds des classes.
Il n’a pas de projet littéraire, il n’aime pas les cénacles et encore moins les conclaves tout en participant activement à diverses revues didactiques (comité de rédaction et chroniques dans Le Français Aujourd’hui, chroniques dans Argos, « Lire le mouvement » dans Les Actes de lecture, etc.) et littéraires (Europe, Prétexte, Sapriphage, Serta , etc.).
Il préfère une poignée de mains et une discussion échauffée qui ne mène à rien d’autre qu’à ne pas se comprendre : au moins aura-t-on été ensemble « pour de vrai ». La lecture (l’écriture ?) n’est-elle pas de cet ordre (s’entendre sans forcément se comprendre : toute la différence entre la relation et le pouvoir), de ce désordre donc ?

Non mais !Serge Ritman

Illustrations de Danielle Avezard
Éditions Tarabuste rue du Fort - 36170 Saint-Benoît-du-Sault (0254476660) Prix: 10€

Ce livre est un petit manifeste « prétendancieux ». Il emmêle une relecture de l’ABC de Babar et une autobiographie de B en partant de celle de A écrite par Henri Michaux (Les autres ont tort. Cela est sûr./ Mais lui, comment doit-il vivre?/ Toujours agir avant de savoir…). Bref, l’emmêlement avec les images de Danielle Avezard n’arrange pas les affaires puisqu’on s’y perd. De plus: «laissez les éléphants ne pas apprendre � lire» (Prévert) en exergue signale que l’illettrisme (Izou, ça suffit! vive Dada, Dada est mort, vive Babar!) a enfin gagné les poètes! Dire que certains d’entre eux font encore partie de la société des gens de Lettres… Un livre pour tous ceux qui ne veulent pas être des gens, et surtout pas gentils… non mais! il n’y a pas que les méchants, il y a les éléphants et, qu’on se le dise, il n’y a pas qu’un âne qui s’appelle Ritman! Il est grand temps de dire «non mais!» � tous ceux qui font «oui bêê!».

Non mais! (extrait 1) Serge Ritman

La litanie des bébés
Apprenez par cœur pour commencer

Babar c’est le roi des zélés fans, Bébert c’est Albert qu’aime pas la carne d’Ambert, Bibir toujours avec Lolo et sa lyre à l’heure du kir, Bobor qu’est pas beau sur les bords d’eau, Bubur qu’a pas bu de la dernière eau de burette, et cetera, ah! ah!
Vous ne comptez pas: Boubour et Bouibouir celui qui pleure sous cape et celui qui sourit pour un oui, Beubeur qu’est pas vache mais baratineur, Boiboir qu’a pas cassé sa pipe malgré ses déboires.
Et les autres? Babar vous les dira dans ses bras, a … re! a … re.

B commence par la fin

Je ne vous lâcherai pas de sitôt. Fatigue! Fatigue! Non mais! Je recommence dans l’ordre alpha-bête-à-tics: suivez mon doigt en regardant la lune! Vous avez un certain doigté? Alors commençons par le début. Vous voyez ce que je veux dire? Alors finissons-en, mais seulement à la fin. Et puis parlons-en! Je suis fatigué de commencer! Alors je sais que vous le pensez: il ne va pas nous le réciter! Mais qu’est-ce que vous vous répétez? Moi je vous réponds qu’on tient à sa réputation quand on est fatigué de naissance. Je ne suis jamais allé plus loin que la deuxième lettre de mon bout du nez. Bon! Ça suffit comme ça!

B prend la première place

On ne va pas me faire le coup dans toutes les listes. Le b.a.-ba c’est de partir le premier: je pars donc en tête. Mais vous voyez ce que je veux dire dans le rétroviseur? Il faut courir devant en répétant le principe de base! Je les vois alors tous passer au principe du sommet. Et me voilà baba car il suffit de partir à point. Alors? Je trace une ligne là où j’en suis et on dira ce qu’on veut. Je prends la première place sans la prendre à personne. C’est un bêta qui me l’a appris: l’origine est dans la ligne qu’on se trace au moment voulu. Comprenne qui pourra: ça fonctionne.
Lire l'extrait suivant

 

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Zéno Bianu

3 Février 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Une petite nouveauté  sur anthologie que j'ai trouvé très beau à lire. A vous de vous faire votre opinion.
Gentle13

Zéno Bianu

aux éditions Fata Morgana.

La Troisième rive vient de paraître, avec onze dessins de Richard Texier aux éditions Fata Morgana. À découvrir sur Pleutil le 25 septembre.

La Troisième Rive (extrait) Zéno Bianu

Un point
un seul point
que tu cherches
sans relâche

le point de la nuit
le point de la vie

un point
un seul point
ouvert dans le ciel
le commencement du commencement
le point ardent
irrémédiable

grand temps
il est grand temps
de revenir à ce point

grand temps
entre la rouille et la soie
de retrouver une brèche
toujours plus aiguë

un point
pour ponctuer le monde
au plus juste
au plus chaviré

point-foyer
point porteur de tout
point
d’un retour à tout

pour fuser dans le vrai
ricocher dans l’immense

grand temps
il est grand temps
de rassembler l’éparpillement
de mettre sa peau sur la table

grand temps
de terrasser toutes les idoles
de pénétrer l’invisible
d’inspirer jusqu’au ventre du ciel

c’est le point
de la qualité pure des choses
le tiret
d’Emily Dickinson
griffant l’illimité

c’est le point
des marques d’ongles éperdues
derrière chaque syllabe

un point
pour tenir le monde
pour tanguer encore et toujours
quand la nuit s’effondre

un point
avec cette force d’enfance
oui
comme un poids
d’enfance
dans la poitrine

cette force enfin désenfouie

c’est le point
le seul point
irradiant
point-source
sans repère
sans attache
point d’abandon
soleil de souffle

qui mord l’infini

 

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Alain Emery

2 Février 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Un mot sur Alain Emery


 

Je cherche mes mots depuis presque vingt ans. Quand je les trouve, il m’arrive de publier dans les revues, de gagner quelques concours et de sortir quelques livres*. Je ne sais pas pourquoi j’écris, mais j’en profite. Je suis très connu dans ma rue. Du coup, ma boulangère n’oublie jamais de mettre deux croissants de côté. Comme quoi la célérité a du bon. Le reste du temps, j’essaie de lire les livres empilés autour de mon lit. Russel Banks, Jean Vautrin, William Faulkner et tout un tas d’autres individus peu recommandables. La vérité, c’est que je dors dans une librairie. Ce qui fait de moi, depuis le début de cette aventure, un type finalement très chanceux…  *

  • Les larmes de cyanure (poèmes), Editions Page Artistique, 1989.

  • Strychnine (journaux), Editions Hadès, 1991.

  • Typhoïdes (journaux), Editions Hadès, 1991.

  • Piano Bastringue (aphorismes), 1992.

  • Des nouvelles de Bretagne (recueil collectif), Editions Les Affolettes, 2003.

  • On n’a pas tué tous les affreux (nouvelles), Editions Alna, 2003.

  • Remix (recueil collectif), Editions Hachette, 2004

  • Canaille&Compagnie, Editions de la Tour d’Oysel, 2005


    La fosse aux lions

    par Alain Emery

    Je l’ai fait. Je suis entré dans la fosse aux lions. Seul et sans arme. Je ne suis pas une mauviette. Mine de rien, j’ai fait mon service militaire. J’ai connu l’époque de Danièle Gilbert. J’ai même lu quelques lignes des mémoires de Loana. Ce n’est pas une classe de 5ème qui allait me faire tourner de l’oeil… J’étais censé leur parler littérature, j’y suis allé. Bille en tête. Je me voyais déjà reformer, devant un parterre d’adolescents médusés, le Cercle des Poètes Disparus. Je sais, je ne doute de rien…

    Mais n’ayons pas peur des mots, le matin, je me suis montré brillant. Je vous assure. Attachant. Charmeur. J’ai négocié sans encombre. Maîtrise totale, comme on dit. Les profs m’avaient pourtant prévenu de l’ampleur de la tâche. Autant vous dire qu’en sortant de la classe, à midi, je roulais un brin des mécaniques…

    C’était compter sans l’après-midi. Sans l’épaisse chaleur qui régnait sur cet honorable établissement. Sans les affres de la digestion. Résultat, je me suis retrouvé devant trente mioches anesthésiés. Une volière de pélicans blasés aux paupières tombantes. Trente sacs de sable. Aucune de mes pirouettes ne parvenait à les ranimer. Mes plus sémillantes aventures les laissaient de marbre. Pour vous donner une idée, je me sentais comme un flamand rose embourbé dans la mélasse. Les profs, eux, s’en payaient une tranche. Je suais à grosses gouttes. J’étais à deux doigts d’implorer le Tout Puissant…

    C’est alors que je l’ai vu.

    Mon sauveur. Une bouille de crapule criblée de tâches de rousseur. Les genoux dédiés aux écorchures. Un cuir déjà râpé et une casquette des Chicago Bulls. Il buvait mes paroles comme du petit lait. Clignait de l’œil comme un vieux complice. Du coup, mon cœur s’est remis à battre. J’avais réussi ! Réussi, oui, rien que ça, à transmettre ma passion pour Faulkner, Giono, Hemingway… Ce gosse baignait dans les classiques. Avalait tout cru Melville. S’imprégnait de Borges. J’ai bombé le torse en toisant les profs, assis dans le fond de la classe. Au gosse, j’ai adressé le sourire le plus mielleux du monde : 

    - Oui, bonhomme. Tu veux poser une question ?

    Il a souri de toutes ses dents. À l’aise. Et tout le monde l’a entendu me demander :

    - Dis, m’sieur, écrivain, c’est cool, pour pécho les meufs ?

    Je reprendrais bien un verre, moi.

    Alain Émery

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Colette Nys-Mazure

27 Janvier 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Bonjour très chères et chers bloggeur du net, merci de votre fidélité. Ceci m'encourage encore et toujours à aller plus avant dans cette aventure que j'ai entrepris il y a à peu près un anou plus mais peu importe le temps ce n'est pas ça l'important. Ce matin, en visitant comme souvent,  "pleut il" un site littéraire que je trouve fantastique comme bien d'autre du même genre j'ai découvert cette dame qui nous vient de Belgique et qui écrit de manière admirable. Je vous présente deux de ces livres dont le dernier est signé par notre regretté Daniel Gelin, je vous laisse donc en bonne compagnie et vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée
Gentle13









Colette Nys-Mazure est née à Wavre en Belgique. Longtemps professeur de lettres, elle anime des ateliers de lecture, d'écriture, collabore à différentes revues et aime faire connaître la littérature de son pays au-delà des frontières.
Poète, nouvelliste, essayiste, elle écrit volontiers en correspondance avec des peintres, des musiciens.
Ses textes ont été traduits en plusieurs langues.
retour à la liste des ouvrages

EXTRAIT

AIMÉE-AIMANTE
C'est une femme de soie sauvage. Poreuse sous les mains savamment tendres. Une femme de collines et de combes, de feuillages, de mousses. Une ligne sinueuse en volutes et volupté. Sucs et salives, écartèlement vertigineux. Elle, disloquée, réunie. Une femme très loin, à héler, harponner. Très proche à pétrir, goûter, savourer. Une femme d'espace amoureux saturé de miel et d'ombres intimes, de fière approchée, de tressaillement secret. Rauque et luisante dans la rumeur du plaisir imminent. Tambour de la jubilation.

INQUIÈTE
Jamais en repos. Fil extrême entre hier et demain, le regret, l'appréhension. Dans l'anxiété de la faille, du désastre, du malheur toujours imminent qu'elle attise. Elle tourne son visage rétréci vers le ciel, interprète les nuages, les retards, les équivoques. Ferme la fenêtre sur l'été, la guêpe ou le frelon; devance l'échec, le sinistre. Elle s'arrache les cheveux, se casse les ongles. Livide, elle redoute et se lamente en sourdine. Châtre ses proches. Elle retient ses enfants de vivre pour les empêcher de mourir.

SAUVEGARDÉE
De l'aube elle garde un air de royauté. Si démunie soit-elle, elle porte trace d'anciennes richesses. Comme une cape l'immuniserait du mal, du gel. On l'aperçoit égarée dans une rue, une gare, un bureau ; on la voit pareille à toutes les femmes. Une fine poussière recouvre déjà son visage qui fut vif, brillant et malicieux ; un retard dans les gestes, la démarche, l'achemine, loin du fracas et de la fureur, vers la blessure toujours fraîche des tombes. De l'enfance elle détient un talisman.




Il a dû falloir au poète (il, elle) une énergie patiente, une sauvage révolte toujours à l'affût pour retourner à son « rectangle clair du papier qui la hèle, la hale (... ) impérieux». Il a dû y avoir l'évidence de l'inspiration, soudain douce et consolante mais aussi le froid, le vide, également le harassement du quotidien. Mais tout est né, de ce que dictaient en poésie, les violences des éléments, le sang perdu, les cellules en combat, les petites morts et les rebonds.

La fraternité de poètes de même parage a encouragé, renouvelé, établi ce besoin de louanger, constater, méditer. La dureté de la vie, l'évidence de certaines joies ont développé ce qui existait déjà : un culte de la pudeur, de la mesure indispensable, si l'on veut que la référence à l'Universel soit durable. Le poète (il, elle) a écrit pour Autrui. Je suis autrui, conforté, et ma gratitude me poussera à dire ces poèmes, comme j'ai dit Éluard, Char, Follain, Cadou, Chedid, Reverdy et bien d'autres, pour améliorer un public concerné, le rendre plus fraternel. Je les dirai pour le « mieux vivre » de mes enfants (au nombre de cinq également). Je les dirai aussi pour les grands inconsolables. Espérant qu'ils méditeront d'une façon ou d'une autre: «que la mort n'aura pas eu le dernier mot».


Daniel Gélin.

 

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Pierre Autin-Grenier,

26 Janvier 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Je ne ferais pas de commentaire, vous avez tout sous les yeux, découvrez le personnage à votre guise, à votre rythme sans vous pressez. Prenez le temps de lire chaque mots chaque phrases pour saisir l'ensemble de l'oeuvre. Le personnage peut paraître austère au vu des photos mais ne vous fiez jamais aux apparences...
Gentle13


né à Lyon à la Saint-Isidore 1950, il bruinait légèrement sur les quais de Saône. Auteur de poèmes en prose, nouvelles, récits et textes courts d’autofiction, il partage son temps entre sa ville natale et le Vaucluse où il habite.”
Liens : la vidéo du Matricule des anges dont le dossier du n° 42 m’a été généreusement consacré. Le second, du site Pleutil, avec une bibliographie assez à jour. Enfin en p.j quelques courts poèmes en prose à paraître en mars prochain chez Folio sous le titre Les Radis bleus.



Pierre Autin-Grenier, écrivain
chez lui à la Salamandre - décembre 2002

http://olivier.roller.free.fr/autingrenier.html
http://www.editions-verdier.fr/banquet/97/n26/inedits1.htm
http://www.sitartmag.com/autingrenier2.htm
http://www.orage-lagune-express.com/cl6.htm

              Chef de file
              Collation

Il est nécessaire d'ouvrir les volets pour découvrir les dix petits triptyques qui composent le précieux volume de la Légende de Zakhor. Dix textes en trois versions, française, allemande et italienne (c'est le principe de la collection " Sentiers ", dont cet ouvrage constitue le onzième volume).

On connaît le Pierre Autin-Grenier narrateur, chroniqueur et rêveur de la vie quotidienne ; on connaît moins le poète. Ici, la poésie (en prose) est la dominante, même si le récit affleure à chaque pas. Une poésie des couleurs (à commencer par le bleu), des sonorités (celles des mots comme celles de la nature), une poésie du souvenir (" Zakhor " en hébreu signifie " Souviens-toi "), de l'énigmatique, du merveilleux, de la terre et des soirées paysannes. Le vin et l'ivresse, la mer et la mort, la nuit et les oiseaux, le temps et les choses de la vie, les portes et les fenêtres qui s'ouvrent... Thèmes et motifs se combinent dans une écriture où chaque mot est pesé, où chaque phrase résonne d'harmoniques et de vibrations. Chacun des titres est prometteur d'une " présence ", d'une " vision ", d'un " voyage ", d'une ouverture vers un monde qui se recrée à chaque instant, par le jeu de la mémoire et de l'imagination, et aussi par celui de la parole.

Ainsi, " le monde peut continuer ", et Rimbaud n'est pas loin lorsque " nous descendons des fleuves somptueux, lovés dans la petite barque de l'imaginaire ". Ainsi peut s'abolir le quotidien dans l'invention d'îles " incertaines ", dont la conquête instaurera la vie réelle. La mémoire de la nature, d'un " âge d'or " est porteuse d'un avenir, grâce à " celui qui est, de toujours, parmi nous et qui jamais ne décevr[a] notre attente ".

Légende de Zakhor, dix poèmes en prose qui ne se satisfont pas d'une lecture superficielle. En même temps, se laisser conduire par cette prose poétique relève du vrai plaisir de la lecture, celui qui laisse au fond de nous quelque espoir inexplicable.

Pierre Autin-Grenier est notamment l’auteur de la trilogie romanesque « Une histoire » : Je ne suis pas un héros (L’Arpenteur, 1993, Folio n° 3798) ; Toute une vie bien ratée (L’Arpenteur, 1997, Folio n° 3195) ; L’éternité est inutile (L’Arpenteur, 2002), et d’un journal, Les radis bleus (Folio n° 4136).
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Rémi Arnaud

26 Janvier 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Bonjour en ce dimanche matin où coincé au boulot je vous présente Rémi Arnaud un jeune homme de 28 ans mais au talent prometteur à ce qui me semble, mais comme toujours pour vous faire votre propre idée je vous soumets deux extraits de ces oeuvres pour faire une idée plus précise du personnage. Je n'ai pu trouver d'autres renseignements car il faut s'inscrire à "copain d'abord" au préalable, quoique je trouve ça un peu aberrant mais bon....
Gentle13




Fils du soleil et du vent, habitant le paradis terrestre entre Mont Ventoux et Sainte Baume, ma vie d’ermite lunatique est bercée entre autres par l’écriture de poèmes et de chansons.
 
Publiant mon premier recueil LA NUIT DES MIROIRS en 1997 (Librairie Galerie Racine), je recherche à entraîner mes lecteurs dans la valse lente et intense de l’enfance et de l’amour. C’est là précisément que je puise ma force et mes racines. Les seuls lieux que la société laisse à peu prés intacts. Mes poèmes renvoient à la façade éblouie des rêves et des souvenirs sans oublier les volets clos de la douleur si présents à notre époque.

 L’été à Goult

 

Par la fenêtre beaucoup trop tard, la pluie est revenue soudaine et froide. La fille a compté et recompté toutes les terrasses. Le vent lui ôtait sa chemise.

Ici ce sont des vacances accessibles et qui se cachent pourtant. Le printemps est déjà passé, l’été meurt de soif encore et toujours dans la chambre des vertiges.

En nous agenouillant contre la terre humide, dans notre dos la colline fermait les yeux. Tout n’était qu’apparence vive. J’attendais quelqu’un et c’était presque vrai.
J’attendais obstinément la lumière, la chaleur, la terre et toujours cette sourde et envahissante mélancolie des longues plaines basses.

Elle était là debout à l’épaule de la nuit tombante. Les oiseaux nous mangeaient dans la main. La porte fermait mal.

Enfin la souffrance changea de corps dans le cri cinglant des cigales. C’est toute l’histoire du monde où nous fûmes. Ce bleu du ciel auquel j’espère et par lequel je m’échappe.
Revenir, je reviendrai, sans cesse loin de tout, d’halètements en halètements.

Dites-lui simplement que je la cherche.

PULSION PREMIÈRE

 

Sous le soleil plein de midi elle m’embrassa vivement. Le temps se mit à se refuser sans terme.

C’est un phénomène rare. Le vent, ses terres fracturées. Les ailes du moulin ne s’arrêteront plus désormais sur les bouches entrouvertes de la surprise.

Dès qu’elle eût lancé le harpon d’un rendez-vous, la lumière réglée à son maximum, je sus alors qu’elle ne reviendrait pas, n’ayant aucunement l’infinie patience des fenêtres.

Moi qui est la confiance d’une fourmi, il fut l’heure de pousser plus loin mes investigations. Entre mon miroir et son visage viendra la floraison des asphodèles
L’ÉTÉ A GOULT
               LA VIE, INFINIMENT
               GALETS DE DURANCE
               PULSION PREMIÈRE
               SOLEIL, BIEN ENTENDU
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Girod Patricia

24 Janvier 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Petite nouvelle que je tenais à vous présenter car j'ai touvé le texte très bien. Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée. Je tiens à vous remercier pour votre fidélité.
Gentle13



J'ai exercé la profession de professeur de français jusqu'en 1999. A
cette époque, j'ai pris une retraite anticipée afin de me consacrer à ma passion, l'écriture. Avec mon homme, Jean-Claude, nous avons fondé Atypique-Editions mais nous n'avons pas pu continuer, malheureusement. Nous animons un atelier virtuel d'écriture qui commencera bientôt son quatrième recueil. Les autressont édités et l'un d'eux a remporté un prix. Je vis à Dijon depuis deux ans et, si Paris me manque, J'apprécie pourtant le calme de cette belle région. Je termine actuellement plusieurs écrits, (roman et nouvelles) et je commence un autre roman. Deux de mes ouvrages sont édités et un troisième le sera en début d'année. J'aime me frotter à tous les genres d'écriture mais avec une préférence pour mon amour de jeunesse, le fantastique, surtout depuis la parution de mon premier livre qui fut parrainé par le grand Claude Seignolle. Ecrire ? Faire écrire les autres ? Une grande passion !

ELLE

Les Princes du silence m'avaient avertie que ce serait une fille et qu'elle serait belle. Dès sa naissance, elle brilla. Il pleuvait ce jour-là, mais, à son premier cri, un rayon de soleil est venu se poser entre ses lèvres, et elle s'est tue. Elle n'a jamais parlé. L'astre lui avait volé la chaleur de sa voix pour nous réchauffer et, en retour, dans ses yeux scintilla un éclat bizarre : lumière magique auprès de laquelle celles de la terre furent à jamais bien pâles.
Quelle que soit l'heure, elle resplendissait, elle dansait et si je ne l'ai vue qu'une fois la nuit, je sais que l'obscurité se nourrissait de ses gestes et que les Etres du silence l'admiraient. Son esprit palpitait et se fondait avec les leurs dans cet Univers où elle était reine d'argent scintillante. Depuis elle, l'ombre n'est plus que l'ombre et le monde caché est vide. Je suis seule...
Ce fut une belle enfant qui ne pleurait ni n'émettait jamais le moindre son, mais qui resplendissait. Et qui dansait. Avant même de savoir se traîner à quatre pattes, tout son corps s'épanouissait en mouvements harmonieux qui semblaient des gestes de communion avec le ciel. Elle levait les mains et c'était une prière, elle arrondissait ses lèvres muettes et c'était un chant, elle fixait la lumière lunaire de ses yeux tendres et c'était une magie. Tout en elle était beauté. Elle était un ange et je sentais le souffle du monde invisible glisser jusqu'à elle et la caresser.
Souvent j'ai eu peur pour ma petite ! Je craignais le froid ou la chaleur, les braises du feu dans la cheminée, le couteau oublié sur l'évier, la précipitation à l'embrasser et à l'oublier de quelque invité de passage chez nous... elle était si fragile !
Elle grandit.
Elle brillait et dansait toujours. Elle ne parlait pas, comme si les mots eussent trahi son cúur. Son cúur, il luisait dans ses regards. J'ai vu des larmes sur ses joues pour les oiseaux blessés, les mendiants, les levers de soleilÖ Les Princes en firent des étoiles. Je l'ai vue sourire devant l'océan et devant les sommets enneigés, en plein froid, les joues toutes roses et ses cheveux soulevés par le vent. De ses sourires, les Princes firent des saisons.
Ils m'ont interdit de lui apprendre les gestes qu'il nous faut souvent connaître pour survivre et je n'ai laissé personne d'autre le faire. Ils l'auraient abîmée, ma toute belle, mon enfant, si je l'avais obligée à utiliser ces gesticulations qui me semblèrent ridicules dès que je la vis danser, briller ou sourire pour la première fois. J'ai cessé, moi aussi, de vouloir être écoutée et comprise, quand ce ne fut pas pour la protéger. Et je suis restée, sourde et muette comme elle, avec elle, près d'elle.
Quand elle devinait mes peurs, elle dansait pour moi. Je la regardais. J'avais si souvent fait la même chose pour combler le silence, pour montrer que j'étais là ! Maintenant, elle existait pour nous deux. Elle était toute ma vie !
Tous les Etres de son univers m'aidèrent à la protéger. Les autres ne la comprenaient pas. Ils voulaient qu'elle aille à l'école, une école spécialisée, pour qu'elle ressemble aux enfants normaux, qu'elle apprenne à s'exprimer ! Ils ne la regardaient même pas danser, ils ignoraient ses larmes, ses sourires, sans doute n'avaient-ils même pas vu qu'elle resplendissait ! Alors, quand ils vinrent, je la gardai serrée dans mes bras, contre mon cúur, et je ne laissai personne l'approcher. Lorsque nous f°mes seules de nouveau, elle me sourit, m'embrassa et dansa. Mais ils revinrent. Ils voulurent me l'arracher, l'emmener... Les Princes nous protégèrent.
Elle, elle resplendissait et dansait. Elle me faisait confiance. Alors nous nous sommes enfermées dans la chambre, clef tournée et meubles poussés devant la porte contre laquelle nous ne les entendions même pas cogner : en paix, toutes les deux ! Nous avions tout ce qu'il nous fallait : une grande fenêtre qui, du troisième étage, rideaux tirés le jour, nous offrait souvent la nuit et ses étoiles. Dans le cabinet de toilette je lui brossais longuement les cheveux. Dans le grand lit nous dormions et rêvions enlacéesÖ Toutes les nuits elle se levait pour danser, et capturait dans ses yeux, les rayons de lune et la mouvance du vent. Chaque matin, son regard était plus lumineux encore. Je ne l'ai vue danser qu'une fois dans la nuit, sans qu'elle le sache.
Depuis combien de temps étions-nous enfermées ainsi, sous le regard tendre des Princes muets ? Il me semblait que nous avions toujours vécu dans cette grande paix. Mais elle eut faim et, comme le temps passait, elle se mit à pleurer, tout doucement, sans gestes : juste de grosses larmes qui coulaient sur ses joues. Je la caressai et elle finit par s'endormir. Puis, elle s'éveilla en sursaut, et pleura encore. Je ne savais plus que faire. Si nous sortions, ils me la prendraient pour qu'elle trouve sa place parmi les autres, ceux qui entendent, ceux qui parlent. Elle serait mal-aimée, mal comprise, raillée même. Les Anges muets ne la suivraient pas au dehors : elle serait toute seule.
Il fallait la laisser vivre tranquillement, comme ça, près de moi. Il fallait qu'elle resplendisse et qu'elle danse. C'est tout !
Mais elle avait faim ! Ils le savaient : il leur suffisait d'attendre. Elle pleura de plus en plus souvent. Dans l'épaisseur des heures qui passaient, les Princes pleurèrent aussi.
Il faisait nuit depuis longtemps déjà. Un souffle d'air venant de la fenêtre ouverte me réveilla. La clarté de la lune coulait dans la chambre. Elle était là, dehors, sur le balcon, plus lumineuse encore que l'astre que je pouvais voir, tout rond dans le ciel. Cêest cette nuit-là que je l'ai vue danser, caressée par l'obscurité qui vivait de son éclat, entourée de ses Amis du silence qui se pressaient pour l'approcher.
Elle dansa. Elle dansa longtemps. Je n'avais jamais rien vu d'aussi merveilleux. Elle s'animait sous la lune, en mouvements plus amples qu'à l'ordinaire, sa tête levée et un sourire sur ses lèvres. Elle était si belle !
Elle tournait le dos à la grille basse du balcon.
Elle s'y est appuyée, s'est renversée en arrière et a disparu dans le vide. J'ai hurlé ! Les autres sont arrivés, j'ai ouvert la porte, je les ai bousculés et j'ai, en courant, descendu l'escalier. Dans le jardin, pour la première fois de ma vie, d'étranges sons parvinrent à mes oreilles : de la musique, la musique de ses danses... Je me suis évanouie dans un néant où le Silence m'enveloppa pour me protéger.
Son corps n'a pas été retrouvé et je suis la seule à savoir que, là où elle est maintenant, là où toutes les paroles laissent place à l'amour, elle ne cesse de danser dans son aura d'argent et qu'elle m'attend.
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Godfroid Sarah

23 Janvier 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Bonsoir Anthologie vous propose cette jeune femme de 23 ans qui à un talent d'artiste incroyable, je vous laisse la découvrir en paix et j'espère l'apprécier. Faite vous votre propre idée en cliquant sur les liens en bas de la page. Là encore elle mérite d'être connu et d'être lu. C'est grâce à nous tous que la poésie et la littérature perdure, que la beauté dans ce monde nous émerveille encore et toujours
Amicalement
Gentle13



Quand la poésie permet de s'échapper et de rendre tout plus attrayant...
Agée de 23 ans jeudi, j'ai terminé des études d'institutrice maternelle. Je vis depuis peu en appartement avec mon Amour... La musique et la poésie sont mes passions.

Je m'appelle Sarah Godfroid, je suis née à Bruxelles le 15.11.1984. . Mes passions sont: jouer du piano, écrire et lire de la poésie. 
J'écris parce que je dois écrire, j'en ressens le besoin. Mes sources d'inspirations sont tout ce qui m'entoure, des choses qui me font penser à d'autres et je suis partie, j'écris...
Mes lectures sont essentiellement constituées de poèmes, j'essaie d'élargir mon champ de lecture mais cela m'est pénible car je trouve dans la poésie des choses que je ne trouve pas ailleurs. J'écris des poèmes depuis l'âge de 13 ans.
Semence...

J'imagine
tour à tour
les différents visages
sur lesquels
il aurait pu
prendre racine
et vivre sa vie
couleur paille

Il gît là
c'est un cheveu
Anonyme
de la racine
A la pointe

On peut juger
Sa taille
Sa couleur
N'aide en rien.

Voyage...

La page ne resta
pas longtemps blanche,
les pliages conçus
par l'enfant
lui donnèrent des rivières.

La voilà devenue bateau,
avion piquant du nez.

Ces pliures source de vie
je les peindrai en rouge.
   perdre connaissance
                 Demi-soleil
                 Furtif
                 Qui      

 

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