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  le blog anthologie

Patrick Boucheron

30 Mars 2018 , Rédigé par gentle13


Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015.

Une histoire qui ne s'embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l'identité, mais prend au large le destin d'un pays qui n'existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l'incarner tout entier. Une histoire qui n'abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c'est par dates qu'elle s'organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue.


Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l'ouvrage réunit, sous la direction de Patrick Boucheron, un collectif d'historiennes et d'historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : il s'agit de prendre la mesure d'une histoire mondiale de la France, c'est-à-dire de raconter la même histoire – nul contre-récit ici – qui revisite tous les lieux de mémoire du récit national, mais pour la déplacer, la dépayser et l'élargir. En un mot : la rendre simplement plus intéressante !

Ce livre est joyeusement polyphonique. Espérons qu'un peu de cette joie saura faire front aux passions tristes du moment.

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Jean christophe Rufin

30 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

Comment cet Aurel Timescu peut-il être Consul de France ? Avec son accent roumain, sa dégaine des années trente et son passé de pianiste de bar, il n a pourtant rien à faire au Quai d Orsay. Il végète d ailleurs dans des postes subalternes. Cette fois, il est en Guinée, lui qui ne supporte pas la chaleur. Il prend son mal en patience, transpire, boit du tokay et compose des opéras... Quand, tout à coup, survient la seule chose au monde qui puisse encore le passionner : un crime inexpliqué. Suspendu, ce plaisancier blanc ? À quoi ?

Au mât de son voilier, d accord. Mais avant ? Suspendu à des événements mystérieux. À une preuve d amour qui n arrive pas. À un rêve héroïque venu de très loin... En tout cas, il est mort. Son assassinat resterait impuni si Aurel n avait pas trouvé là l occasion de livrer enfin son grand combat. Contre l injustice. Avec tout son talent d écrivain (Rouge Brésil, prix Goncourt 2001, Le Collier rouge, Immortelle randonnée...) et son expérience de diplomate (comme ambassadeur de France au Sénégal), Jean-Christophe Rufin donne vie à Aurel et nous le présente dans une première histoire. Ne nous y trompons pas : suivre cet anti-héros au charme désuet est un plaisir de lecture mais aussi un moyen de découvrir les secrets les mieux gardés de la vie internationale.

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Douglas Preston

30 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

Un voyage au coeur d'une des régions les plus sauvages de la planète sur les traces d'une cité mythique et d'une civilisation disparue.
 


Bienvenue dans l'impénétrable jungle de la Mosquitia, dans le nord-est du Honduras. C'est là que s'est aventuré le romancier et journaliste Douglas Preston aux côtés d'une équipe de scientifiques pour lever le voile sur l'un des derniers mystères de notre temps : la fameuse Cité blanche, ou Cité du dieu singe, qu'évoquait Hernán Cortès au XVIè siècle et que personne à ce jour n'avait réussi à localiser.

Ancienne malédiction, jaguars et serpents mortels, parasites mangeurs de chair et maladie incurable, controverse scientifique... Ce récit digne des aventures d'Indiana Jones et riche d'enseignements sur la plus importante découverte archéologique de ce début de XXIè siècle remet en perspective ce que l'on croyait savoir des civilisations préhispaniques, à l'heure où la mondialisation et le réchauffement climatique menacent de condamner notre monde au sort tragique de cette cité mystérieusement disparue.

« Douglas Preston a écrit, au péril de sa vie, un récit d'aventures puissant et terrifiant. » David Grann, auteur de La Cité perdue de Z.

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Patrick Boucheron

30 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

Giannino di Guccio, marchand de Sienne du XIVe siècle, est persuadé d'être l'héritier du royaume de France. Sous le nom de Jean Ier, il consacre sa vie à récupérer son trône. Une véritable enquête historique et une incroyable aventure picaresque. " Nous sommes en septembre 1354, Giannino devient le roi Jean, imposteur sincère et mythomane convaincant qui "fabrique la vérité pour la prouver".

Car entre ces deux images, celle d'une vie qui bascule et celle d'une vie qui s'écrit, que se passe-t ?il ? Une histoire de fausse barbe, de trésors cachés et de berceaux échangés, où l'on visite les prisons d'Aix, Marseille et Naples, où l'on s'interroge sur une couronne en or et un sceau presque authentique, une histoire faite de mille intrigues enchevêtrées, de rumeurs, de calculs et de naïvetés, mais aussi de tricheries et de manipulations, ainsi que d'une bonne quantité de ruses et de maladresses, le tout nous menant jusqu'en Hongrie. On laissera au lecteur le plaisir de démêler le vrai du faux. "

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Etienne Marcel

29 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

Le 31 juillet 1358, le massacre d'Etienne Marcel marqua la fin de la première Révolution de la bourgeoisie française. Grâce à l'étude approfondie des événements militaires,

 

politiques, financiers consécutifs à la défaite et à la capture du roi Jean le Bon à Poitiers par les Anglais, ainsi que l'état économique et social de la France à l'époque, Jacques d'Avout donne tout son relief à la tentative d'Etienne Marcel et à son échec. Il dépouille le célèbre prévôt des marchands de ses couleurs d'image d'Epinal et nous présente un chef politique se heurtant à des adversaires supérieurs en habileté ou en duplicité.

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J. M. G. Le Clézio

28 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

Prix Nobel de littérature en 2008

Parce que le conte peut faire reculer la mort, Bitna, étudiante coréenne sans un sou, invente des histoires pour Salomé, immobilisée par une maladie incurable.


La première lutte contre la pauvreté, la seconde contre la douleur. Ensemble, elles se sauvent dans des récits quotidiens ou fabuleux, et bientôt la frontière entre réalité et imaginaire disparaît.
Un roman qui souffle ses légendes urbaines sur la rivière Han, les boulevards saturés et les ruelles louches.
Sous le ciel de Séoul se lève « le vent de l’envie des fleurs »...

Voici donc des histoires croisées, celle de Jérémie, en quête de Raphus cucullatus, alias l'oiseau de nausée, le dodo mauricien jadis exterminé par les humains, et celle de Dominique, alias Dodo, l'admirable hobo, né pour faire rire. Leur lieu commun est Alma, l'ancien domaine des Felsen sur l'île Maurice, que les temps modernes ont changée en Maya, la terre des illusions  :   "Dans le jardin de la Maison Blanche le soleil d'hiver passe sur mon visage, bientôt le soleil va s'éteindre, chaque soir le ciel devient jaune d'or. Je suis dans mon île, ce n'est pas l'île des méchants, les Armando, Robinet de Bosses, Escalier, ce n'est pas l'île de Missié Kestrel ou Missié Zan, Missié Hanson, Monique ou Véronique, c'est Alma, mon Alma, Alma des champs et des ruisseaux, des mares et des bois noirs, Alma dans mon coeur, Alma dans mon ventre. Tout le monde peut mourir, pikni, mais pas toi, Artémisia, pas toi. Je reste immobile dans le soleil d'or, les yeux levés vers l'intérieur de ma tête puisque je ne peux pas dormir, un jour mon âme va partir par un trou dans ma tête, pour aller au ciel où sont les étoiles".

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La maison vide

25 Mars 2018 , Rédigé par gentle13 Publié dans #texte perso

J'ai monté les marches de l’escalier de ma vie, mais hélas, j'ai trébuché sur la dernière et j'ai chuté dans l'abîme noir et glacé, cet insondable vide qui m'habite. Une maison mal éclairée et froide. Il y a des ombres, presque des fantômes, qui hante le lieu. Je me cache, je me réfugie dans la lumière du grenier mais rien n'y fait elles me poursuivent...Pourquoi ? Quelle question, comment le saurais-je !

Qu'ai-je fais ou dis ou alors je n'ai rien fais ni rien dis, mais alors pourquoi me poursuivent elles, je ne sais pas ça reste un mystère que je ne sais pas expliquer ni maintenant ni jamais.

Ce grenier-là est poussiéreux, il est encombré de choses inutiles aux couleurs bigarrées. Mais encombré ne veut pas dire désordonné, il n’y a pas de chaos mais un certain ordre qui se dessine dans la lumière tamisée par la seule ampoule qui pend du plafond. Ce grenier-là est perché tout là-haut presque inaccessible voire même interdit au non habitant des lieux, aux voyeurs au curieux qui viennent contempler la tristesse et la misère qui y règne. Ce grenier-là n’est plus très bien isolé, le vent s’y engouffre en un long sifflement, un souffle rogue terrifiant et lugubre.

La maison vide, la maison hors du temps ou d'un temps que nous ne connaissons pas, d'un temps lointain et incertain, faisant partit d'un mythe ou d'une légende façonnée par on ne sait qui et surtout dans quel but. Le plus surprenant dans cette maison, c'est qu'il n'y a que le grenier qui semble meublé, bien que sommairement... Effectivement on n'y a trouvé une vieille chaise à bascule, un lit, un meuble bas sur lequel est posé une lampe tempête et des photos jaunies par le temps, un couple âgés, ridés par les ans et les souffrances, il y aussi par ci par là des tableaux qui trainent sur des tréteaux bancals qui tiennent encore debout par on ne sait quel miracle. Le vent qui s'engouffre dans le grenier ne les effleurent même pas, comme si un paravent le tenait à distance.

C'est cela la réalité de la maison vide, un cauchemar, la maison de l'oubli, l'effrayante histoire qui s'est déroulé ici il y a fort longtemps, un drame sans pareil qui a engendré la peur l'angoisse. La terrible nécessite de fuir l'endroit et de l'ensevelir; de l'effacer à tout jamais de la mémoire des hommes. La maison vide ou la maison de l'oubli comme l'on surnommé certains. La maison vide c'est comme cette horloge sans mécanisme mais qui bat la mesure du temps. Une bizarrerie inconcevable que personne n'a pu élucidée.

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La deuxième vie

25 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

" Par un beau midi de début d'été, le 28 juin 2012, j'ai émergé d'une sieste pour découvrir que le côté gauche de mon corps était paralysé et que toute la partie gauche du monde avait disparu. Au cours des dernières années, j'ai souvent raconté les épisodes marquants ayant précédé et suivi mon AVC –

les questions des amis, les échanges d'histoires avec des camarades d'hôpital m'amènent à évoquer des détails qui semblent les faire sourire et réfléchir. Écrivain, je me suis exposé à la question : "Pourquoi tu ne fais pas un livre de tout ça... ?' Ce récit s'est construit au coup par coup, fragments détachés au flot du temps et qui évoquent l'histoire d'un "coup' – je reprends le mot anglais de stroke qui me plaît plus que le froid et technique acronyme AVC. Le coup, c'est ce que tu prends sur la tronche, c'est aussi le coup d'État à la suite duquel le régime s'effondre... Nul besoin de lire ces fruits de mon écervellement dans l'ordre où ils sont présentés ; on peut les lire comme je les ai cueillis, faisant confiance au grand blagueur céleste pour que chacun s'y perde et s'y retrouve... "
Victime d'un AVC massif en 2012, Antoine Audouard a eu la chance de s'en sortir et de reprendre le fil de son existence. Dans ce livre, il raconte avec liberté et humour la " partie gratuite " qui lui a été offerte. Son récit est de ceux qui nous aident à ressentir tout le sel et la beauté de la vie.

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Le récit d'une reconstruction : Adelaïde Bon

25 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

«  J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc.
Après, la confusion.
Année après année, avancer dans la nuit.
Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j’ai traversé mon passé, j’ai confronté les faits, et phrase après phrase, j’ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre.
Page après page, je suis revenue à la vie.  »

A. B.Quand ses parents la trouvent en pleurs, mutique, Adélaïde ignore ce qui lui est arrivé. Ils l’emmènent au commissariat. Elle grandit sans rien laisser paraître, adolescente puis jeune femme enjouée. Des années de souffrance, de solitude, de combat.
Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert l’affaire dite de l’électricien, classée, et l’ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. On lui attribue 72 victimes mineures de 1983 à 2003, plus les centaines de petites filles qui n’ont pas pu déposer plainte.
Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde affronte le violeur en série qui a détruit sa vie.
 
Avec une distance, une maturité et une finesse d’écriture saisissantes, Adélaïde Bon retrace un parcours terrifiant, et pourtant trop commun. Une lecture cruciale.
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25 Mars 2018 , Rédigé par gentle13

Un premier roman québécois à l'humour noir irrésistible

" Ma mère se suicidait souvent. " Ainsi commence la confession pleine de verve d'un jeune adulte narrateur, qui ne se remet pas de la séparation d'avec sa mère alors qu'il avait 7 ans, et qui a vécu d'hôpital psychiatrique en famille d'accueil. Ses propos, sorte de code de survie en milieu hostile, d'un humour d'autant plus réussi qu'il semble involontaire, sont habités d'une rage contre ceux qui les ont séparés, contre ces humains qui ne le comprennent pas, tandis qu'il idéalise sa mère, devenue sa véritable obsession. Au bout du compte il pense l'avoir localisée à Sherbrooke. Mais saura-t-il se faire accepter par elle ?


D'où vient que le récit de cet homme sans pitié, accro aux jeux et à la pornographie, assassin d'animaux, manipulateur, violent, homophobe et raciste, arrive à toucher le lecteur ? David Goudreault, d'une écriture inventive, drôle et rythmée, réussit le tour de force de partager l'empathie poétique et toute en finesse qu'il a pour son héros. On rit des observations et pensées bancales du marginal, de ses références littéraires approximatives (il cite à tour de bras Platon, Shakespeare ou Coluche). On est touché aussi par la critique grinçante et juste que ce texte recèle contre un monde dur, hypocrite, qui abandonne à lui-même un enfant avec lequel il n'a jamais su communiquer.
Sous la carapace du jeune voyou, ce magnifique premier roman met à nu avec talent et sensibilité un cœur aimant qui ne sait simplement pas aimer.

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