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  le blog anthologie

Colette Nys-Mazure

27 Janvier 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Bonjour très chères et chers bloggeur du net, merci de votre fidélité. Ceci m'encourage encore et toujours à aller plus avant dans cette aventure que j'ai entrepris il y a à peu près un anou plus mais peu importe le temps ce n'est pas ça l'important. Ce matin, en visitant comme souvent,  "pleut il" un site littéraire que je trouve fantastique comme bien d'autre du même genre j'ai découvert cette dame qui nous vient de Belgique et qui écrit de manière admirable. Je vous présente deux de ces livres dont le dernier est signé par notre regretté Daniel Gelin, je vous laisse donc en bonne compagnie et vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée
Gentle13









Colette Nys-Mazure est née à Wavre en Belgique. Longtemps professeur de lettres, elle anime des ateliers de lecture, d'écriture, collabore à différentes revues et aime faire connaître la littérature de son pays au-delà des frontières.
Poète, nouvelliste, essayiste, elle écrit volontiers en correspondance avec des peintres, des musiciens.
Ses textes ont été traduits en plusieurs langues.
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EXTRAIT

AIMÉE-AIMANTE
C'est une femme de soie sauvage. Poreuse sous les mains savamment tendres. Une femme de collines et de combes, de feuillages, de mousses. Une ligne sinueuse en volutes et volupté. Sucs et salives, écartèlement vertigineux. Elle, disloquée, réunie. Une femme très loin, à héler, harponner. Très proche à pétrir, goûter, savourer. Une femme d'espace amoureux saturé de miel et d'ombres intimes, de fière approchée, de tressaillement secret. Rauque et luisante dans la rumeur du plaisir imminent. Tambour de la jubilation.

INQUIÈTE
Jamais en repos. Fil extrême entre hier et demain, le regret, l'appréhension. Dans l'anxiété de la faille, du désastre, du malheur toujours imminent qu'elle attise. Elle tourne son visage rétréci vers le ciel, interprète les nuages, les retards, les équivoques. Ferme la fenêtre sur l'été, la guêpe ou le frelon; devance l'échec, le sinistre. Elle s'arrache les cheveux, se casse les ongles. Livide, elle redoute et se lamente en sourdine. Châtre ses proches. Elle retient ses enfants de vivre pour les empêcher de mourir.

SAUVEGARDÉE
De l'aube elle garde un air de royauté. Si démunie soit-elle, elle porte trace d'anciennes richesses. Comme une cape l'immuniserait du mal, du gel. On l'aperçoit égarée dans une rue, une gare, un bureau ; on la voit pareille à toutes les femmes. Une fine poussière recouvre déjà son visage qui fut vif, brillant et malicieux ; un retard dans les gestes, la démarche, l'achemine, loin du fracas et de la fureur, vers la blessure toujours fraîche des tombes. De l'enfance elle détient un talisman.




Il a dû falloir au poète (il, elle) une énergie patiente, une sauvage révolte toujours à l'affût pour retourner à son « rectangle clair du papier qui la hèle, la hale (... ) impérieux». Il a dû y avoir l'évidence de l'inspiration, soudain douce et consolante mais aussi le froid, le vide, également le harassement du quotidien. Mais tout est né, de ce que dictaient en poésie, les violences des éléments, le sang perdu, les cellules en combat, les petites morts et les rebonds.

La fraternité de poètes de même parage a encouragé, renouvelé, établi ce besoin de louanger, constater, méditer. La dureté de la vie, l'évidence de certaines joies ont développé ce qui existait déjà : un culte de la pudeur, de la mesure indispensable, si l'on veut que la référence à l'Universel soit durable. Le poète (il, elle) a écrit pour Autrui. Je suis autrui, conforté, et ma gratitude me poussera à dire ces poèmes, comme j'ai dit Éluard, Char, Follain, Cadou, Chedid, Reverdy et bien d'autres, pour améliorer un public concerné, le rendre plus fraternel. Je les dirai pour le « mieux vivre » de mes enfants (au nombre de cinq également). Je les dirai aussi pour les grands inconsolables. Espérant qu'ils méditeront d'une façon ou d'une autre: «que la mort n'aura pas eu le dernier mot».


Daniel Gélin.

 

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C
bisous de bon week-end! christelnb: on a gagné une place au weborama hier mais on est en train de se faire doubler ! je compte sur votre clic! merkiiiiiiiiiiiiiii!!!
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F
COUCOU TOIET BIEN ALORS EST CE QUE VS PARLEZ AVEC MA MERE ?BISOUXFANY
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:
très bel hommage de Daniel Gelin, c'est très élogieux pour le travail de cette femme.Très bon dimanche et grosses bises
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