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  le blog anthologie

Leonardo Rosa

5 Mars 2008 , Rédigé par gentle13 Publié dans #anthologie

Une nouveauté que je découvre en même temps que vous "Léonard Rosa" peintre et poète d’exception


Né à Turin en 1929, Leonardo Rosa s’intéresse à la poésie et à la peinture depuis l’enfance. Il est à l’origine de la première revue de poésie parue dans l’Italie de l’après-guerre « momenti » qu’il a créée alors qu’il était âgé seulement de 18 ans. à Turin en 1929, Leonardo Rosa s’intéresse à la poésie et à la peinture depuis l’enfance. Il est à l’origine de la première revue de poésie parue dans l’Italie de l’après-guerre « momenti » qu’il a créée alors qu’il était âgé seulement de 18 ans.

Apparition du silence


Leonardo Rosa

cliquez ici pour voir en grand

Propos du livre  

Apparition du silence nous donne une méditation sur les frontières des mots et leur place dans le monde contemporain. Il est constitué de trois textes, Charivari, La peau des mots, Apparition du silence, tous trois liés aux séjours du peintre dans les Cyclades, qui forment le recueil d’un poète inattendu et retrouvé.
Dès avant 1997, date à laquelle il donne à nouveau un texte à la publication, avec Les Chariots du ciel (éd de l’Amourier), Leonardo Rosa forge le projet d’une exploration comme méthodique de son rapport retrouvé à la langue, aux mots, à la poésie. Apparition du silence constitue le résultat de cette exploration… Le bref et saisissant texte de Charivari présente au lecteur l’image d’un poète “ traqué par les bruits, cerveau en bouillie ” ; autour de lui se dressent deux monuments poétiques Apparition du silence et La peau des mots. La peau des mots naît au moment où le mot apparaît “ comme un être vivant ” : toute violence qui lui est faite, nous est faite ; dépouillée de son sens, anéantie, violentée, mise à mort, la langue risque de devenir arme pour nous agresser et nous soumettre. Si Leonardo Rosa assigne à la poésie la fonction de dire les risques que courent les mots, et nos souffrances comme leurs souffrances, c’est en elle aussi qu’il va chercher un espace apaisé, celui dans lequel on s’installe au moment de Apparition du silence, hors des fracas et de la vulgarité, dans un partage à lèvres mi closes…
Le projet poétique de Leonardo Rosa dit ainsi la souffrance des mots et des hommes, pour laisser se lever, paradoxale, une parole du silence : leur possible réconfort.
La traduction française est due à Bernard Noël.


Extrait

 

La traduction française est due à Bernard

1.-
quand il ne reste
imperceptible
que le murmure de la nature
j’ai besoin de me taire
je m’écoute
enveloppé dans le silence
2.-
mugissement de la mer
battement des vagues
contre les flancs de l’île
la respiration du silence
3.-
le silence a des odeurs de vert et de mer
ce parfum me pénètre
4.-
dans le silence je me sens transparent
et tu peux passer à travers moi
5.-
peut-on regarder le silence ?



 Un second extrait :

si les mots ont un corps

qui nourrit le corps des mots ?

mots fatigués

mots dénudés

mots désossés

*

si les mots sont le corps de la pensée

en quelle matière sont les pensées ?

mots disséqués

mots tant usés

mots exténués

mots en suspens comme dentelles d’air

17

 

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J
beau poète, vraiment
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:
me voilà de retour et j'en profite pour relire ce texte, qui me plait bien.Bonne soirée, petits bisous semés dans le vent de la nuit.
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A
 Oh! Ce livre me tente beaucoup. Les mots sont pour moi comme des êtres vivants... attachants...répugnants...beaux, attirants...Voici qq. chose sur ce thème écrit il y aqq. temps...sesArthi  Un Petit mot  Juste un petit mot.Un petit mot.J’en ai cent. J’en ai mille.A garder. A donner. A te dire.Des mots de tous les jours. Des mots des dimanche.Des mots courts. Des mots longs.Des mots croisés.Des mots composés.Des mots composés qui ne seront plus petits mais qui seront… quand même des mots. Qui sont. Là. Au creux de moi, au creux de mon ventre, de ma tête.Des mots qui me caressent et me torturent.Des mots doigts. Des mots mains.Des mots langues.Des mots sexe(s).Des mots, fort, et encore.Des mots profonds ou de surface.Des mots velours.Des mots de jeunesse.Des mots forts. Et encore.Des mots là. Oui. Là.Des mots qui ne bougent pas. Si, bouge, un peu…Des mots forts.Bouge !Des mots secrets. Inavoués.Des mots torture. Des mots durs.Des mots graves et aigus. Des mots qui chantent.Des mots d’argent. Des mots d’or.Des mots gratuits. Oui. Oui ! Encore…Fort !Je les sens. Ses mots. Tes mots. Tes mots foutre. Tes mots salés.Tes mots léchés et reléchés.Mes mots bus et avalés.Nos ivresses de mots. Nos saouleries.Des livres entiers qui rampent dans toute ma chair.Des lettres, des graphies, des fourmis d’encre.Des mots qui sortent. De ma bouche.Du bout de mes doigts.De mon sexe.Des mots courants. Ou inusités.Des mots rumeurs. Des mots discours et chatouilleurs ! Des mots qui grimpent à l’assaut.Des mots qui tournent autour du pot. Autour du port. Des mots qui s’encrent. Des mots qui s’amarrent.Des mots qui mouillent, qui suintent.Des mots en promenade.Des mots en vacances.Des mots en tension.Des mots. Des gros mots. Orduriers. Susurrés.Des mots baiseurs et fornicateurs.Des mots lâchés, hurlés, criés.Des mots. Copyright © Arthémisia – août 2005  
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F
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:
faut le lire lentement pour bien assimiler le contenu, je suis allée trop vite et je ne le sentais pas, j'ai relu lentement et effectivement, pour moi c'est pas mal, mais tu connais ma perception de la poésie.Bon après midi, je m'en vais faire un peu de peinture, non non, pas un tableau comme ce monsieur, juste des murs. Bisous.
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