L'homme de la creuse
L’histoire s’est passée il y a fort longtemps que la mémoire des hommes l’a oubliée, pourquoi en parler maintenant me diriez-vous ?
Parce qu’un jour le hasard ou autre chose à guidé mes pas dans une petite librairie ou régnait un désordre indescriptible, les livres, les magasines entassés sur des chaises, par terre sur des étagères couverts, hélas de poussière, comme si elle fût oubliée des hommes depuis longtemps. Son propriétaire, un vieil homme, les cheveux blanchis, les sourcils épais et drus avec un regard malicieux qui vous regarde au fond des yeux qu’on a l’impression qu’il scrute votre âme. Lorsque j’y suis entré je fus surpris de voir un pareil décor.
Soudain, quelqu’un surgit derrière mon dos, avec une voix grave, en me demandant ce que je désirais, rien répondis-je en sursautant, je regarde seulement ce que vous avez. Je sentis son regard me pénétrer au plus profond de moi que j’en ressentis un certain malaise au point de quitter sa boutique sur le champ.
Ne bougez pas je reviens dit-il et disparu comme il était arrivé, au bout d’un petit moment il me tendit un petit livre et me dit : « prenez ceci et allez vous en » Je lui en demandais le prix « c’est offert, allez au revoir j’ai à faire et je dois fermer ». Je me retrouvais sur le trottoir sans comprendre ce qui m‘étais arrivé. Au d’une semaine environ, je décidais de retourner voir le vieil homme et le remercier de son geste, arrivé à l’endroit où la librairie devait se trouver, il n’y avait plus rien qu’une boutique vide, une grille cadenassée à la place. Imaginez mon étonnement, enfin bref ; je rentrais dans la plus proche boutique et demandais pourquoi la librairie était vide et fermée, la personne me regarda avec étonnement et me répondit qu’il n’y avait jamais eu de librairie avec un vieil homme, que j’avais du me tromper de rue, j’insistais en lui disant que non et qu’il m’avait laissé sa carte avec ses coordonnées. Je la lui ai sortie, lui tendis, il me regarda perplexe : « Elle est vide me dit il » en me la rendant effectivement tout était effacé…
Bizarre non !
J’ouvris le livre et commença à lire :
Au fin fond de la Creuse il y à de cela une éternité maintenant un homme est assis au bord d’un étang, une canne à pêche à la main il attend patiemment qu’un poisson veuille bien se laisser prendre… Mais c’est une autre histoire.
Pour l’instant notre pêcheur, le regard dans le vide et le visage blême, soliloque. On aurait tendance à le prendre pour un fou mais ne vous méprenez pas il est loin de l’être, il parle à haute voix. Une sorte de prière presque une lamentation.
« Qu’ai-je fait de mal dans la vie pour que tu m’infliges un tel châtiment, ai-je tué ou volé quelqu’un, ai-je fait du tort ou nuis consciemment. Je vis ma vie honorablement du fruit de mon labeur, je fais acte de charité chaque fois que je peux, je suis honnête envers les autres et envers moi. » Alors pourquoi une telle vie de solitude et de détresse que j’en suis fatigué ; que j’en souhaiterais mourir par moment ? Que le silence comme seul réponse…
A l’autre bout de la France, dans l’arrière pays niçois, un autre petit village oublié des hommes et des Dieux, peuplé par trois « pelés et un tondu ». Là, dans la seule taverne du village, assise au bar une femme seule boit sa bière, le regard dans le vide, perdue dans ses pensées, qu’elle n’entend pas qu’on lui parle. C’est le patron qui lui dit qu’il va fermer et qu’elle doit payer et partir. Elle sort machinalement un billet froissé de sa poche lui tend sans un mot, prend sa monnaie et part sans dire un mot.
Bizarre celle là se dit il en regardant son employé tout aussi étonné que lui…