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Ombres et lumières

Publié le par gentle13

Ecrire sans rime ni raison
Ecrire pour un oui ou pour un non
Mais écrire
Ecrire pour dire je t'aime

Aujourd'hui comme demain envers et contre tout

Ecrire pour ton sourire
Ecrire pour entendre ton rire
Voir dans tes yeux le reflet de l'amour
Et dans tes mains tenir le bonheur d'une vie

Ma vie devient ta vie qui devient notre vie

C'est la nuit,
Quand plus rien de bouge
quand les ombres s'estompent
se dresse le voile ou bascule la conscience

Seul face au vide
Debout sur le bastingage
comme un bateau ivre
je dérive

Au loin j'aperçois une lueur
Une lampe tempête balaie la nuit
je m'accroche à cet espoir
je garde le cap

De la solitude est né l'espoir
Du courage est né l'amour
Sans rime ni raison
je t'aime envers et contre tout

Ni le temps ni l'espace
Ni les regrets ni les remords
pas plus les anges que les diables
ne me feront oublier ton visage

Le temps a passé
l'espace nous a séparé
L'amour nous a égaré
dans les couloirs de l'infidélité

Que reste-il de cet amour
Qui un jour nous a unis
le reflet de cet union
s'estompe sur les rives de la solitude.


Gentle13



Publié dans texte perso

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Guy Jean

Publié le par gentle13

Volià un poète, qui je pense ne vous laissera pas indifférent, quant à moi il m'a interpellé mais jusqu'à présent sans raison vraiment précise j'hésitais à le mettre en ligne. Aujourd'hui en relisant le texte et les vers cités en contre bas je me suis finalement décidé à le publier. J'espère que mon choix sera judicieux.
Amicalement
Gentle13



Guy Jean : un poète à la proue de la vie

lundi 19 février 2007.
 
Je vais vous parler aujourd’hui d’un poète tout à fait étonnant que j’ai rencontré lors du dernier festival du livre de Nice. Il se nomme Guy Jean. Il a vu le jour de l’autre côté des mers sur les bords de la baie des chaleurs, en Acadie.
Guy Jean : Du sang sur les Astilbes
Guy Jean : Du sang sur les Astilbes
Ecrits des Hautes Terres Collection « Cimes, EAN : 9782922404388
Ce sont des paysages merveilleux qui virent la naissance de ses premiers poèmes et lorsque j’ai découvert les recueils de cet artiste, ce fut pour moi, un véritable évènement.

En effet, cette poésie possède à la fois le trait, la fulgurance, mais ce qui est très rare de nos jours, cette part de sensibilité qui plonge chaque mot dans la gorge du coeur.

Ce peintre du langage trace au couteau la marche du sang qui troue la toile de notre quotidien et bouscule notre pauvre mémoire. Guy Jean nous parle aussi de la cruauté du monde où il n’existe aucun bouclier capable de protéger l’homme du mauvais sort. Le poète s’intéresse également au temps, cet espace éphémère et terrible, où le jour disparaît sans cesse entre les aiguilles de l’heure et les doigts crochus de la nuit... Et puis il évoque cette indifférence où les hommes se croisent, se bousculent sans jamais se voir. Ce décor aveugle et cruel marque au fer rouge notre poète. Le dialogue, se traduit c’est avant tout par la rencontre entre deux êtres, deux mondes, deux solitudes, avant que la mort ne vienne frapper à la porte du soir et Guy Jean l’exprime magistralement dans la rivière de ses poèmes.

Mais n’oublions pas l’amour, l’amour omniprésent ; qu’il porte le masque de la révolte, de l’indignation, ou même qu’il incarne cette quête de la réconciliation avec les origines de cette humanité entre le Serpent de la Connaissance et l’Innocence sous le Pommier ! Mais lorsque Guy Jean nous propose « Sur le fil tendu des amours », nous entrons dans l’océan du désir où chaque vague est une promesse qu’une autre bouscule avant que la troisième ne vienne occuper un instant toute la scène. Ainsi passent les jours sous la meule du quotidien. Mais entre oubli et regret, nos rêves n’ont pas épuisé toutes les graines. La beauté ouvre la cascade toujours neuve du plaisir. Des odeurs, où prend racine la danse des corps, invente des étoiles au ciel des jeunes filles mêmes si les blessures serrent de refuge ou de fuite à nos étreintes déçues.

Attention, le poète met en garde celui qui possède la lucidité, celle qui écarte la lumière et dont le regard ne perçoit jamais les bras tendus des secrets ni l’aveu sur les lèvres de la chair. Comme tout artiste véritable, Guy Jean nous convie à partager une expérience insolite. En effet, à l’occasion d’une nouvelle connaissance que fit notre poète avec un bédéiste de renommée internationale, Edmond Baudoin, il fut décidé la création d’un ouvrage à quatre mains : « les blanches feuilles où dansent nos âmes ». Ce livre traduit l’inspiration mêlée de ces deux artistes. J’avoue que le résultat est étonnant car la maîtrise dont ces deux créateurs ont fait preuve, nous pousse dans les bras d’une aventure unique entre le lecteur, le poète et l’illustrateur. Un « journal d’atelier » conclut l’oeuvre et sert de guide à celui qui découvre la quête merveilleuse entre le Verbe et le trait, le mot et l’image.

Je voulais avant de vous quitter attirer votre attention sur un autre recueil « Et l’eau répondit... ». L’eau, cet or bleu du XXIe ne pouvait laisser indifférent un poète, et encore moins celui qui passe ses jours dans la musique des rivières.

Guy Jean multiplie les expériences, car un artiste ne peut que poursuivre sa voix sur les chemins inconnus où la Terra Incognita garde jalousement les trésors de secrets ancestraux toujours à découvrir. L’artiste est un conquérant, un explorateur, un pionnier qui, au péril de sa vie, doit repousser sans cesse, les limites de son art. Guy Jean appartient à cette race de poètes jamais rassasiés, qui remettent toujours au lendemain la halte que la plupart ne cesse de réclamer. Mais le verbe n’attend pas et l’artiste se doit de le servir, sans aucune réserve. N’est-ce pas là, justement, que réside la grandeur et la majesté de ce poète d’exception.

" Le jour disparaît au bout du sillage
à la dérive
A la faveur de la nuit
les étoiles raconteront
la profondeur du temps

Les liens noués à s’en briser le cœur
la longue vibration des peines et joies
les trésors qui nous glissent des mains éclatent en mille larmes
les montages, les ruelles, leurs odeurs
la soif, les deuils, les objets de famille
les corps qu’on a servis dans l’amour et la maladie
La mémoire coule au fond de la mer
je me retourne face au vent
la mort se lève au large... "

(Extrait de"Terres frontalières du quotidien"

"Ton absence m’écrase
je deviens pierre
je ferme les yeux
te ramène tout autour de moi
tisse à neuf le cordon ombilical
mère mienne, toute mienne.

Sarcophage de pierres précieuses
j’y couche ton corps
ne s’arrachera jamais plus du mien.

Qu’a-t-on besoin du père
en marche vers l’ailleurs ?

Ma mémoire décompose ton visage
je ne puis retenir l’odeur du lait
sur ton sein.
Ton absence m’écrase
je deviens pierre."

Extrait de "Les blanches feuilles où dansent nos âmes"

" Si la rivière était à sec ?

La rive ridée
comme chagrin en deuil.

Un trou
une échelle de bâtons ficelés
à dix mètres les coups de pelle
poursuivent un mince filet d’eau
chaque jour plus loin de la lumière
chaque jour plus faible
chaque jour la soif
plus creuse que le puits.

Les pieds dans la boue sèche
perdue la route vers l’autre monde."

Publié dans anthologie

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Forum+ livre d'or

Publié le par gentle13

Bonjour à vous toutes et tous qui me suivez j'ai mis en place un forum et un livre d'or afin de partager la même passion. Je tiens à remercier tout particulièrement Arthémisia qui s'est inscrite et qui a inauguré ce forum j'espère que d'autres suivront.
Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente journée
Amicalement
Gentle13

Publié dans texte perso

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Michaël Glück

Publié le par gentle13



Michaël Glück

© Michel Durigneux

L'auteur

Naissance le 10 juin 1946 à Paris
Écrivain, traducteur. Est traduit en italien, espagnol, catalan, allemand, chinois.
- Enseignant (lettres, philosophie) de 1969 à 1983
- Lecteur, traducteur dans l’édition (Flammarion, Ed. Jean-Michel Place 1980-1982)
- Directeur du Centre Culturel Municipal puis du théâtre la Colonne, Miramas (1985-1989)
- Multiples collaborations artistiques

Propos du livre  

Dans les marges de la Genèse, j’écris. Dans la suite des jours. Pour ouvrir dans les mots.
Risquer des sens. Cette fois, il s’agit d’un rêve, d’une incapacité à le comprendre, à l’entendre ;
il s’agit d’une échelle dont les barreaux se brisent quand la main prétend les saisir.
Ou d’une résistance. Au rêve ou du rêve.

cliquez ici pour voir en grand

 

 



Extrait
il s’endormit là

il rêve
dans l’insomnie je lis cela qu’il
rêve
que sa tête lève une échelle
vers le désert du ciel

nuées d’oiseaux
montent et descendent
nuées d’oiseaux sur leurs perchoirs

au-dessus du dormeur
une voix se lève
une voix dit
c’est moi

je lis cela dans le livre
posé sous la nuque

je n’entends rien
je vois la pierre et…

Publié dans anthologie

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L’oiseau migrant

Publié le par gentle13

 Au dessus des cimes il vole

L’auguste oiseau aux ailes déployées

 

Majestueux il plane au dessus du monde

Il voyage d’un bout à l’autre de la planète

 

Quel constat peut-il faire de ce qu’il voit ?

Quelle interprétation peut-il en tirer ?

 

Passe les jours, passe les nuits.

S’il pouvait parler et écrire, il en aurait des histoires à raconter.

Dans son univers tout est différent,

Aucune vengeance mais un besoin instinctif de survie.

 

Au dessus des cimes il vole

L’auguste oiseau aux ailes déployées,

Soumis à un ordre invisible,

Continue sa route vers des horizons plus cléments

 

Je voudrais être comme lui et le suivre dans sa course à travers le monde, voyagé au rythme des saisons

Car sans questions se poser

Vivre sa vie d’oiseau lui suffit

 

Mais voilà je suis homme

Avec mes doutes et mes craintes

Soumis aux contraintes existentielles

Je me plie aux contraintes matérielles.

 

De loin en loin je suis le vol des oiseaux migrants

Je ferme les yeux un instant

Et je suis parmi eux

Voyageant côte à côte dans un ciel limpide.

 

Dans un ciel d’azur

Sans limite pour nos yeux

Eblouis par la beauté du monde

Mais anéantis par la bêtise humaine.

 

Et l’oiseau alors me dit :

2000 ans ont passés et qu’avait vous appris ?

Sans voix suis-je resté !

Q’aurais-je pu lui répondre sinon

RIEN…

 

Gentle13

Publié dans texte perso

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Pour une discussion entre amis : Forum perso

Publié le par gentle13

Une petite nouveauté sur anthologie, un forum de discussion pour partager notre passion commune pour la poésie et la littérature, j'espère que vous accueillerez  favorablement ce nouveau service
http://passionpoesie.forumperso.com/

Publié dans texte perso

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La Dame Blanche ou « le Verbe en robe de chair »

Publié le par gentle13

Poète et poésie encore et toujours et jusqu'à mon dernier souffle. Toujours à la recherche de nouveauté pour vous faire partager ma passion pour les mots. Lire je ne suis pas tombé là dedans mais j'ai grandi avec, pour "l'écriture" cela est venue sur le tard et ne pas plus lacher et j'en suis fort aise. J'espère simplement que tout mes choix vous plaisent et vous satisfassent.
Gentle13

La Dame Blanche ou « le Verbe en robe de chair »

mercredi 20 février 2008 par Victor Varjac
Gallimard nous propose dans son élégante collection « L’un et l’Autre » un ouvrage de Christian Bobin, que je qualifie de miraculeux : La Dame Blanche.

Gallimard nous propose dans son élégante collection « L’un et l’Autre » un ouvrage de Christian Bobin, que je qualifie de miraculeux : La Dame Blanche.

Pour suivre les traces d’Emily Dickinson, il fallait un magicien du verbe et Christian Bobin a rempli parfaitement sa mission.

En effet, comment décrire au public une jeune femme qui, peu à peu, se métamorphose en apparition de plus en plus diaphane ?

Saisir l’instant, depuis ce 10 décembre 1830 à Amherst (Massachussetts) où Emily, fille d’Edward Dickinson, homme de loi et d’Emily Norcross, jette à la face du monde, son premier, jusqu’à ce matin du 15 mai 1886, où la poétesse, telle une fleur de lys, rend son dernier soupir dans sa ville natale.

Aucun habitant d’Amherst n’avait croisé la poétesse depuis vingt cinq ans. Sa disparition prit alors des airs de légende. La mort avait retrouvé la trace de celle qui marchait vers la transparence depuis un quart de siècle. Sa silhouette ne put retenir la moindre poussière d’ombre, même le médecin, venu constater le décès, dut rédiger son acte sur le seuil de la chambre d’où il apercevait une _ forme immaculée qui reposait sur un lit.

"quand ce sera mon tour de recevoir une couronne mortuaire, je veux un bouton d’or". Comme une réponse de la nature au désir d’Emily, le pré derrière la maison accueillait une foule vibrante de taches d’or, accourues des quatre coins du cœur.

Pour son ultime voyage terrestre, elle passa de sa table d’écriture à sa tombe, (située derrière la maison), respectant ainsi jusqu’au bout, son vœu de ne pas quitter sa demeure. Elle avait cinquante cinq ans... mais doit-on, peut-on donner un âge à une poétesse qui s’entretint durant toute son existence avec l’éternité ?

Christian Bobin, nous emporte , nous éblouit, nous éclabousse de sa plume, si légère et si dense, si tendre et si profonde. Chaque phrase devient une découverte, une surprise, une pépite et devant nos yeux ébahis, se dresse une fine silhouette, jeune et frêle qui va, tout au long de l’ouvrage nous entraîner dans un monde si humain et si sensible, que vous ne pourrez plus jamais percevoir la société du XXIe siècle avec le même œil.

Il existe une magie qui vous prend la main et vous mène face à une existence si particulière, qu’elle ressemble à un personnage venu d’un autre âge, d’un autre monde... et pourtant, Emily est et demeure tellement humaine qu’elle vous entre dans le corps, comme la beauté dévore vos sens. Avec ce livre indispensable, je dis bien indispensable, Christian Bobin, nous permet d’être dans l’intimité d’un génie presque effacé par les hommes.

Au fil des pages, nous apprenons l’alphabet de la passion et le chant admirable de l’écriture du ciel. Il y a tant de mystères qui nous entourent, tant de questions suspendues à nos lèvres, tant de soifs accrochées à notre curiosité qu’ouvrir ce livre, c’est pousser le cercle d’or qui pulvérise nos peurs et nous offre le chemin qui mène doucement à notre vérité...

"Son jardin est sa seule église. Elle ne s’embarrasse pas de théologie : elle voit la brise maternellement passer sa main fraîche sur le front enfiévré des roses, et elle en conclut ce que n’auraient jamais conclu les docteurs de l’Eglise confits dans leur prudente érudition : « l’amour que Dieu nous porte n’est pas semblable à celui des ours. » L’auteur d’un manuel sur les fleurs d’Amérique du Nord parle avec la même ardeur de l’innocence des ronces et de la sauvagerie du ciel où personne n’entre de son vivant. L’enthousiasme de ce jardinier visionnaire la séduit. « Quand j’étais petite et que les fleurs mouraient, j’ouvrais le livre du docteur Hitchcock. Cela me consolait de leur absence et m’assurait qu’elles vivaient encore. » Les pissenlits - avec leurs caravanes solaires arrêtées partout dans les prés - sont ses fleurs préférées. Elle cueille un trèfle sur la tombe de son père et le met à sécher dans la Bible, sur ce passage de l’Epitre aux Hébreux : « la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. »

Depuis l’enfance - jusqu’à son séjour chez Mary Lyon - Emily cueille les fleurs qui rêvent dans les bois et les collines autour d’ Amherst. Elle les baptise de leur nom latin puis les couche sous une couverture de papier cristal, dans le dortoir de son herbier où dorment bientôt plus de quatre cents religieuses décolorées d’un autre monde : plusieurs fleurs sur chaque page encadrent la majesté d’une fleur centrale, leurs pétales à peine froissés et leurs tiges maintenues par de luisants papiers collés. En attente de l’époustouflant soleil de la résurrection, elles se souviennent des lumineux souffles de leur ancienne vie. »"

Christian Bobin, La Dame Blanche, Editions Gallimard Coll. L’Un et l’Autre - Code EAN :9782070784929, prix : 14,50 €

Je ne peux que conseiller aux lecteurs qui viennent de rencontrer la Dame Blanche, d’entrer dans son monde si proche et si lointain de nos cœurs, en se procurant Car l’adieu c’est la nuit (ce titre est emprunté au poème 586 d’Emily lorsqu’elle connut une période d’intense créativité) (1858 à 1865) recueil dense, qui vous fera partager un quotidien que le poésie métamorphosait en fragments d’univers en passerelles jetées entre deux mondes, entre le concret et le spirituel !...

Découvrez sans plus attendre ces pages blotties au fond d’un tiroir qui viennent de prendre leur essor... et de goûter au plaisir de l’espace où vous les attendiez...

" Je ne l’ai pas encore dit à mon jardin -
De peur d’y succomber.
Je n’ai pas tout à fait la force à présent
De l’apprendre à l’Abeille -

Je ne le nommerai pas dans la rue
Les boutiques me dévisageraient -
Qu’un être si timide - si ignorant
Ait l’aplomb de mourir.

Les collines ne doivent pas le savoir -
Où j’ai tant vagabondé -
Ni révéler aux forêts aimantes
Le jour où je m’en irai -

Ni le balbutier à table -
Ni sans réfléchir, au passage
Suggérer que dans l’Enigme
Quelqu’un en ce jour marchera"

(Poème page 41)

"Je serais peut-être plus seule
Sans la solitude -
Tant je me suis faite à mon Sort -
L’Autre - la Quiétude -

Pourrait rompre la Ténèbre -
Encombre la petite Chambre -
Trop étriquée - de loin - pour contenir
Le Sacrement - de Sa Personne -

L’Espoir m’est étranger -
Il pourrait déranger -
Son doux cortège - profaner le lieu -
A la souffrance consacré -

Il est peut-être plus facile
De faillir - la Terre en Vue -
Que de gagner - ma Bleue Péninsule -
Pour y périr - de Volupté - "

(Poème page 161)

"Le Cerveau - est plus spacieux que le Ciel -
Car - mettez-les côte à côte -
L’un contiendra l’autre sans peine -
Et Vous - de surcroît -

Le Cerveau est plus profond que la mer -
Car - tenez-les - Bleu contre Bleu -
L’un absorbera l’autre -
Comme l’Eponge - l’eau du Seau -

Le Cerveau a le poids exact de Dieu -
Car - Pesez-les - Once pour Once -
S’ils diffèrent - ce sera comme
Le Syllabe et le Son -"

Publié dans anthologie

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Olympia Albert

Publié le par gentle13

Un fois de plus je reviens vers Olympia Alberti parce que là encore le jeu en vaut la chandelle, je vous laisse en sa compagnie afin de vous delecter des extraits que j'ai mis en ligne.Je ne sais pas pour vous mais moi ça me donne envie d'acheter ses livres pour en savoir plus sur elle et sur ses oeuvres.
Gentle13




L'auteur  

“Olympia Alberti n’est pas un pseudonyme.
De même mes livres n’empruntent à la fiction que les silences de la pudeur : l’écriture c’est ma vie.
célébrant par excès de gravité, je suis à la fois passionnée et détachée, ayant égal bonheur à exprimer qu’à suggérer, pour faire naître en l’autre l’instant de la beauté.”
Une vingtaine de livres publiés (romans, poèmes, essais, nouvelles, livres d’art).
Traductions en chinois, en grec, en espagnol.

Bibliographie

Romans

Un jasmin ivre, Prix des Créateurs, (Albin Michel, 1982)
Une mémoire de santal, (Albin Michel, 1983)
La Dévorade, Prix George Sand, (Albin Michel, 1985)
Rive de bronze, rive de perle, (Actes Sud, 1989)
La Sarabande, (Le Rocher, 1991)
13, rue Saltalamacchia, collectif, (Le Ricochet, 1997)
Les enfants reviendront après l’Épiphanie, (Le Verger éditeur, 2002)

Nouvelles

Le Noyau de safou, (Albin Michel, 1987)
Promenade des Anglais, (Melis, 2001)

Poèmes

L’Amour palimpseste, suivi de La Dernière lettre, (Albin Michel, 1982)
Cœur rhapsodie, cœur absolu, suivi de Requiem, (Albin Michel, 1985)
Croire vivre
Olympia Alberti

 cliquez ici pour voir en grand

 

Propos du livre  

“Croire vivre” est né d’un instant de dialogue avec une fervente amie, Denise Gaillard – amie à qui ces pages sont d’évidence dédiées. Je disais ma conviction que l’amour ne finit pas avec la limite des expériences que nous en connaissons, qu’il s’infinit à travers notre conscience, et l’ouverture que nous voulons bien lui accorder. En ce sens, il y a la Parole, et les mots. Je ne sais pas encore pourquoi je pense, et pas seulement avec ma tête, que la source n’est pas la même pour les deux instances, pas plus que la tessiture : c’est une affaire de densité, d’intensité, de profondeur. D’où l’écoute silencieuse du vent, des forêts, et de la lente et irrépressible montée des sèves. L’amie me dit alors d’écrire ce silence intérieur qui vit à demeure comme un chant.


Extrait

On n’en finit pas avec l’amour.
Où en finit-on avec les racines, la vérité et l’infini ? Le jour où l’on en finit avec l’amour, on est plus mort qu’un mort, qui peut-être est parti dans la douceur et l’acceptation. Rayé de la carte des vivants, on retourne dans l’inaccompli.
Croire vivre, et ne plus faire qu’exister.
Bois sec.

L’Autre côté du monde
Olympia Alberti

 cliquez ici pour voir en grand

 

Propos du livre  

L’amour s’adresse en elle à cette grâce, ardente, qui fait réponse, de la flamme à la nuit. Histoire d’une rencontre, d’une passion et de ses sublimes tourmentes… “ L’or s’embellit constamment des blessures que lui inflige l’Orfèvre ”. Oui, l’amour est ici porté par une parole entière, nue et comblée de sa soif.
Ce texte, dans sa brièveté, avec sa justesse de ton, propose une réflexion très percutante sur le désir et ses variations. Érotisme, émotion, sensibilité et densité des images sont ici au service
d’une mise en perspective spirituelle de la passion amoureuse

Ma vie n’est faite que d’amour.
De tout le reste elle est “ défaite ”. C’est d’une matière qu’il s’agit, d’une manière aussi – de respirer –, d’un tissage d’air, de feu et d’eau ; mais pour se dénouer, et vivre la défaite, 1’accepter dans son enseignement et son annonciation, il faut aimer beaucoup. Il faut aimer encore, et accéder à cette réserve que Dieu nous garde pour les jours obscurs. Qu’on appelle cet espace, entre le cœur et 1’âme, tendresse, grâce ou pardon, il se donne au même paysage intime – mais c’est le contraire de 1’oubli, de 1’indifférence et de l’orgueil. C’est de 1’amour, comme d’une matière, comme d’une manière d’être. Au monde et aux autres.
D’être à 1’écoute de ce qu’aimer peut faire ou devenir, j’ai gardé en moi une place pour “ ça ”, immense et sans nom, et peut-être cet espace s’est-il maintenu, île ouverte, de se prendre aux caresses des instants secrets. Ce regard d’âme sur le monde, peut-être ne m’a-t-il jamais quittée, je n’ai pas réussi à m’en défaire, pas plus qu’à me distraire du cœur battant de vivre, et j’ai là habité à demeure d’indicible – c’est avouer le combat pour oser, chaque fois que j’ai pu y accéder, cette profération de 1’intime, la proclamer unique reconnaissance, et seule vérité.
Ma vie n’est faite que d’amour. Pour le reste, elle est une défaite. Et ils en reviennent toujours là, mes jours, à ce point d’ardue, d’ardente lumière où les choses sont justes, sues comme un chant exact, et s’inscrivent dans l’éternité.


 


 

Publié dans anthologie

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Xavier Le Floch

Publié le par gentle13

Une autre découverte que je viens de faire sur le site littéraire "vingt et une siècle"  Xavier Le Floch. J'ai trouvé là aussi qu'il fallait vous le présenter, je vous laisse en sa présence il parleras de lui mieux que je puisse moi le faire
Amicalement
Gentle13




Je suis né en 1966 à Lille puis suis descendu progressivement vers le soleil en passant par Rouen, Paris et Toulouse pour finalement débarquer à Marseille en 1994. J'écrivais déjà à l'occasion (comme tout le monde) quelques poèmes et chansons qui ne sortaient pas de mes cartons, mais là, ne connaissant personne dans cette grande ville, je décidai de prendre contact en publiant un poézine, "Feuille de chou", 4 pages photocopiées en 50 exemplaires. Dès le premier numéro, j'eus droit à un article dans la Marseillaise et rencontrai le journaliste qui me permit de tirer une trentaine de numéros mensuels de 8 pages à 300 exemplaires. Cette petite feuille m'ouvrit aussi les portes d'une radio associative pour laquelle j'animai des émissions littéraires jusqu'en 2001 et écrivis 50 épisodes d'un feuilleton. A cette époque, une troupe de café théâtre parisienne me commanda également des sketchs. Je publiai mon premier recueil de poèmes, "Epona", en 2002, à compte partagé, après ma rencontre avec une association de peintres et écrivains. Depuis trois autres recueils sont nés: "Vers de rhum" en 2003, "Mise en bière" en 2005 et "Des lyres" en 2006. J'ai également publié, à compte d'éditeur, 4 recueils collectifs de sketchs et plusieurs nouvelles dans des recueils sur concours ou des revues.

 

 

Au voleur !

 La poésie ne se vend pas,
Disent les bien-pensants.
Elle n'appartient pas,
Elle s'offre ou se reprend.

Poète, tu caresses des merveilles,
Et t'en nourris l'esprit.
Sur ton visage, le soleil
Peint un rayon d'or et de vie.

La poésie ne se vend pas,
Disent les gens bien au courant.
Ne se marchandent ici-bas,
Que les armes, les larmes et le sang.

Alors poète, tends la main
Dans la rue des commerçants
Pour une obole, un bout de pain,
Et, sois reconnaissant!

 

 

Rocaille

Le soleil se rit
Profusion des sens
Couleurs et essences
De l’homme tout petit
Qui porte un coquillage
A son infirme oreille
Et, raillante merveille,
Entend jouir la plage

 

 

  

Rencontre

 Au coin de la rue
Des animaux dénaturés
Je croisai un être perdu
Ne manquant point d’humanité 

Nous souffrîmes, complices
Quelques anciens supplices
Souvenirs d’une Histoire
Aux heurts sans gloire

 Nous partageâmes, finesse
D’amicales caresses
Et espérâmes en un sourire
L’esquisse d’un avenir 

Mais, nous fûmes censurés
Par deux gardes assermentés
Qui ramenèrent mon gibbon
Au zoo Maurice Papon 

 

 

Fête à fête

 

Fêtes après fêtes, s'annonce un tête à tête,
Les gens disparaissent sans cesse.
Les maux de tête
Les maux de dent
Les parents
Les enfants.
Fêtes après fêtes, s'annonce la défaite,
Le temps passe, les gens trépassent.
Des ulcères aux cancers
Le foie, le Sida
Les voitures
La luxure.
Fêtes après fêtes, tout ceci m'inquiète,
Mais s'il le faut, je continuerai seul…

 

Publié dans anthologie

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Il eniger (2)

Publié le par gentle13

Et voilà pour le deuxième, veuillez m'excuser si j'insiste sur cet auteur mais je pense que cela vaut son pesant d'or vu la qualité d'écriture
Gentle13


Le bleu des ronces ou le pacte secret de la lumière

jeudi 1er mars 2007.
 
Fidèle aux Editions Chemins de Plume, Ile Eniger nous propose aujourd’hui un somptueux recueil de textes poétiques :Le bleu des ronces.
Ile Eniger : Le Bleu des ronces
Ile Eniger : Le Bleu des ronces
Editions Chemins de Plume, EAN : 97828495-40398, 12 €
Dans cet ouvrage, je découvre avec joie le regard intérieur de cette artiste à la transparence profonde, sans cesse en équilibre sur le tranchant de la vague.

Cette écriture est un acte d’amour et de foi, et telle une flamme debout, Ile Eniger traverse le quotidien en louve solitaire et sauvage.

Ne nous y trompons pas, l’artiste suit le fil des jours, des gestes habituels, et comme une fée, elle ramasse chaque miette de lumière que l’homme aveugle écrase avec insouciance, prisonnier de son Avoir. Les chemins symbolisent les rencontres, sous l’oeil amusé du carrefour des « hasards » que le temps, avec malice, sème devant chacun de nos pas.

Le poète, conscient de la puissance inébranlable de la vie qui coule dans ses veines, accepte au nom de ce pacte secret, de traverser les buissons de ronces noires. Jamais notre artiste ne reculera face aux dangers. C’est avec son sang que le poète finance sa traversée du monde, car les épines déchirent la peau des heures de celui qui cherche et traque au-delà de l’illusion du visible, le moindre signe magique, le plus petit frémissement divin. Rien ne se donne ici-bas, tout ce conquiert, de haute lutte.

Ile Eniger sait que la poésie habite notre quotidien et qu’il suffit de soulever les paupières du coeur pour découvrir un tout autre paysage ! Mais le poète n’est pas naïf, il n’est pas soumis à une foi car il incarne la recherche permanente de l’amour et de la beauté. En un mot, comme en mille, l’artiste incarne la voix mystérieuse et admirable de la Création. Dépouillées de leurs artifices, de leurs colifichets et de leurs compromissions, les heures nues, comme au premier jour, se donnent au poète qui, en échange, offre l’harmonie de sa parole. Ce recueil est bien un voyage au pays des hommes aux gestes ordinaires où l’artiste cueille, avec une patience inouïe, le nectar de la rose du coeur.

Au milieu des ronces aux mâchoires terribles, juste au sommet de cette jungle infranchissable, se tient un rayon de soleil, et de son regard naît une petite flamme bleue, mais ne serait-ce pas, dans le reflet du jour, les ailes du poète qui traversent nos plaintes familières ?

"T’en souvient-il ce qui des mains aux lèvres, comme un matin tardif dans la chambre d’avril, faisait l’envie de nous plus forte que raison ? T’en souvient-il l’arbre du lit, témoin de frondaisons si hautes, et les veines du large qui nous gardaient du vent ? Et ce bitume gris de lanterne avortée qui passait, repassait aux carreaux des fenêtres. Envieuse, la rue faisait claquer ses pas dans les bruits de la pluie. Nous marchions sur un fil du côté de l’urgence. Dans les draps mélangés, une respiration faisait chose commune. Le temps qui s’enfuyait comme du vin de grappe et ce goût sur la langue précipité d’ivresse, t’en souvient-il ? Une absolue beauté regardait ses enfants incendier la neige."

Publié dans anthologie

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