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Le Japon à l'honneur

Publié le par gentle

Depuis un certains temps je vous propose une série d'auteur, dont les livres que j'ai lu m'ont positivement enchanté. Un jour j'ai fais la connaissance de cet homme là Haruki Murakami, en tout hônneté je n'ai jamais rien lu de lui et comme dit le proverbe "l'occasion fait le larron"je me lance donc dans l'aventure. A ce sujet je vous livre le commentaire d'Hélèna Villovitch, du magazine Elle" L'heure est venue de porter Haruki Murakami en triomphe [...] Pourquoi lui ? Si vous posez cette question, c'est que vous n'avez pas encore lu cet auteur immense. Sitôt que vous aurez pénétré dans son univers, vous aurez compris."Il a son actif toute une série de livre que je vous conseille vivement de vous procurer. Pour ma part j'ai commencé avec celui là" Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" il existe un site web consacré à cet auteur comme aux auteurs Japonais en général
Armando

Haruki Murakami est né en 1949 à Kobé. Le roman dont je vous propose des extraits se caractérise par sa singularité. Il ne ressemble vraiment à rien d'autre. A la frontière entre réalisme et onirisme, il a un style simple, dépouillé et direct. Le seul bémol, comme souvent avec les romans qui côtoient le rêve, réside dans la relative déception finale. Rien de plus difficile en effet que de trouver une conclusion à la hauteur du rêve

La course au mouton sauvage,
Traduit du japonais par Patrick De Vos,
Editions du Seuil, (coll. points roman, n°R 519) 1990.

          La nuit était étrangement douce, tandis que le ciel demeurait de plomb. Un vent humide du sud soufflait tranquillement. Comme d'habitude. Une odeur de mer se mêlait à un pressentiment de pluie. Les alentours étaient plongés dans une languissante nostalgie. L' herbe drue des berges aménagées résonnait du chant des insectes. A tout moment, la pluie semblait vouloir se mettre à tomber. Une pluie si fine qu'on se demandait si s'il pleuvait vraiment, et qui pourtant vous détrempait de pied en cap sous vos vêtements.
          Dans la lumière blanche et incertaine des lanternes, on voyait courir l'eau de la rivière. Une eau peu profonde qui vous arrivait à peine aux chevilles. Elle était aussi claire qu'autrefois. Comme elle provenait directement de la montagne, il n'y avait aucune raison pour qu'elle fût polluée. Petits cailloux et terres sablonneuses roulait au fond du lit de la rivière où, ça et là, de petits barrages étaient destinés à arrêter les sables mouvants. Au bas de ces barrages, dans des trous d'eaux profondes, nageait des petits poissons.
          Durant les périodes de sécheresse, le flux est littéralement bu par le fond sablonneux, ne laissant qu'un chemin de sable blanc légèrement humide. En guise de promenade, je décidai de suivre ce chemin en direction de l'amont et de chercher le point où la rivière était absorbée par son lit. Je finis par m'arrêter, croyant avoir découvert quelque chose, comme l'ultime filet du cours d'eau, puis, l'instant d'après, tout avait disparu. Les ténèbres des profondeurs de la terre l'avaient avalé furtivement
          J'aimais les chemins en bordure des fleuves. Aller avec le courant de leur eau. Et sentir leur respiration au gré de la marche. Les fleuves vivaient. Ils avaient fait les villes. Au cours des dizaines de milliers d'année, ils avaient usé les montagnes, transporté les terres, comblé les mers, puis fait poussé les arbres. Depuis le début des temps, les villes leur appartenaient, et sans doute ne cesseront-elles jamais de leur appartenir.
          En cette saison des pluies, les eaux coulaient dans leur lit, tout au long, jusqu'à la mer. Les arbres plantés en bordure de la rivière embaumaient la jeune pousse. Ce verdoiement imprégnait l'air en profondeur. Quelques couples étaient allongés sur l'herbe, épaule contre épaule, des vieux promenaient leur chien. Des lycéens fumaient une cigarette à côté de leur moto. Une nuit de début d'été comme tant d'autres.

p. 94-95.


          Quand j'eus vidé mes bières, je lançai de toutes mes forces les deux boîtes vides en direction des terrains qui s'étaient substitués à la mer. elles disparurent, englouties par l'océan d'herbes qui ondulaient sous le vent. J'allumai alors une cigarette.
          J'étais en train de la finir quand je vis quelqu'un muni d'une lampe de poche marcher lentement à ma rencontre. C'était un homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'une chemise grise, d'un pantalon gris et coiffé d'un chapeau gris. Sans doute un employé de la surveillance des aménagements.
          « Vous avez lancé quelque chose tout à l'heure, n'est-ce pas ? dit-il, debout à mes côtés.
          - En effet, dis-je.
          - Qu'est-ce que vous avez lancé ?
          - Quelque chose de rond, en métal et portant un couvercle », dis-je.
          Le gardien était quelque peu désarçonné.
          « Pourquoi avez-vous fait ça ?
          - Sans aucune raison. Ça fait douze ans, sans interruption, que je les balance comme ça. Un jour, j'en ai même lancé une demi-douzaine d'afilée, et personne n'a jamais rien dit.
          - Ça, c'est du passé. fit le gardien. Ce terrain appartient aujourd'hui à la municipalité, et il est interdit de jeter des ordures sans autorisation sur un terrain municipal ! »
          Je restai muet quelques instants. Je ne sais quoi trembla un moment en moi, puis cela cessa.
          « Le vrai problème, dis-je, c'est que ce que vous dites a un sens.
          - C'est ce que dit le règlement», dit l'homme.
          Je sortis mes cigarettes de ma poche en soupirant.
          « Qu'est-ce qu'on va faire ?
          - Je ne vais tout de même pas vous demander d'aller ramasser ce que vous avez jeté. Il fait noir et il commence même à pleuvoir. Alors, ne recommencez-plus.
          - Je recommencerai plus, dis-je. Bonne nuit.
          - Bonne nuit », fit le gardien et il s'en alla.
p. 96-97.

          Le septième jour, à compter de mon arrivée sur les lieux, j'assistai à la première chute de neige. Ce jour-là, chose rare, le vent ne souffla guère le matin, de lourds nuages couvrirent le ciel d'une couche de plomb. J'étais en train d'écouter un disque en sirotant un café, après mon footing et ma douche, quand il se mit à neiger. Il tombait des flocons durs et biscornus qui venaient heurter bruyamment les vitres. Une brise légère se leva et la neige commença à courir vers le sol à vive allure, hachurant l'espace de traits inclinés à trente degrés. Clairsemés au début, ces hachures auraient pu être celles d'un quelconque motif reproduit sur le papier d'emballage d'un grand magasin, mais quand il se mit à neiger sérieusement, tout se voila de blanc au-dehors, et montagnes et forêts devinrent invisibles. C'était une vraie giboulée du nord, rien à voir avec les première chutes de neige tranquilles que l'on connaît occasionnellement à Tokyo. Cette neige-là enveloppait tout, gelait la terre jusqu'à la moelle.
          Elle ne supportait pas non plus qu'on la regarda très longtemps, aussi avais-je déjà mal aux yeux. Je baissai les rideaux, pris un livre que je lus à côtédu poêle à mazout. Quand, parvenu au bout du disque, le bras automatique revint au repos, tout autour de moi tomba dans un terrible silence. Un silence de mort, littéralement. Je posai mon livre et, sans raison précise, je fis un tour méthodique de mon domaine. Du salon j'allai à la cuisine, vérifiai le débarras, la salle de bains, le cabinet de toilette, la cave, ouvris l'un après l'autre les portes à l'étage. Il n'y avait personne. Le silence s'était coulé comme de l'huile dans les moindres recoins. Tout au plus résonnait-il différemment de pièce en pièce.
          J'étais seul comme jamais je ne l'avais été dans ma vie (...)
          La neige cessa de tomber au début de l'après-midi. Aussi soudainement qu'elle avait commencé. L'épaisse masse nuageuse se déchirait çà et là comme une terre argileuse, et des trouées du ciel tombaient de grandioses colonnes de lumière qui glissaient d'un endroit à l'autre sur la prairie. C'était magnifique.
          Une neige dure jonchait partout le sol, comme si l'on avait saupoudré la terre de petits gâteaux de sucre. On eût dit que chaque flocon se serrait solidement sur lui-même, dans un refus obstiné de fondre. Mais, sur le coup de trois heures, la neige s'était quasiment volatilisée. La terre était détrempée et le soleil déclinant baignait la prairie d'une lumière tendre. Les oiseaux, comme libérés, se mirent à chanter.
p. 276-277.

Publié dans anthologie

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D'ORMESSON

Publié le par gentle

Aujourd'hui Jean D'Ormesson, qui parmi vous n'a jamais lu un livre de lui ? Un écrivain hors pair, un intellectuel comme on n'en fait plus. Je suis pour ma part fan de cet homme, et je peux vous dire qu'il écrit à merveille. Je vous ais par la même occasion noté une liste de tout ce qu'il a écrit. J'en ai lu quelqu’un : Comme "Le juif errant, presque rien sur presque tout, la douane de mer" etc. c'est pour moi un régal que de lire cet homme là. De la littérature à l'état pur qui vous enchaîne aux pages, envoûté par le charme de l’écriture ; de la Grèce à l’Italie, il nous convie à le suivre en toute simplicité.

Armando





Jean d’ ORMESSON
Élu en 1973 au fauteuil 12

Grand Officier de la Légion d'honneur

Prédécesseur : Jules ROMAINS

Œuvres
Discours et travaux académiques

Romancier, chroniqueur
Biographie

Né à Paris, le 16 juin 1925, d'une famille de conseillers d'État, de contrôleurs généraux des finances, d'ambassadeurs de France et de parlementaires, parmi lesquels un chancelier de France et un député à la Convention nationale.
Études, voyages, amours. Essais et erreurs. Travaux et postes divers. Académies et distinctions.
Grand prix du roman de l'Académie française pour La Gloire de l'Empire, 1971.
Élu à l'Académie française, le 18 octobre 1973, au fauteuil de Jules Romains (12e fauteuil).

1956 L’amour est un plaisir, roman  (Julliard)
1959 Mazarin, en collaboration  (Hachette)
1959 Du côté de chez Jean, essai  (Julliard)
1960 Un amour pour rien, roman  (Julliard)
1966 Au revoir et merci, essai  (Julliard)
1968 Les Illusions de la mer, roman  (Julliard)
1971 La Gloire de l’Empire (Grand prix du Roman de l’Académie française)  (Gallimard)
1972 Dans l’esprit des hommes, 25e anniversaire de l’UNESCO, en collaboration  (PUF)
1973 La Gloria dell’ Impero, traduction italienne  (Rizzoli, Milan)
1974 Au plaisir de Dieu, romani  (Gallimard)
1974 The Glory of the Empire, traduction anglaise  (Knopf, New york)
1978 Le Vagabond qui passe sous une ombrelle trouée, essai  (Gallimard)
1981 Dieu, sa vie, son œuvre, roman  (Gallimard)
1982 Mon dernier rêve sera pour vous, biographie de Chateaubriand  (Jean-Claude Lattès)
1984 Jean qui grogne et Jean qui rit, chroniques  (Jean-Claude Lattès)
1985 Le Vent du soir, roman (Prix Vallombrosa pour la traduction italienne : Il vento della sera)  (Jean-Claude Lattès)
1986 Tous les hommes en sont fous, roman  (Jean-Claude Lattès)
1987 Le Bonheur à San Miniato  (Jean-Claude Lattès)
1988 Album Chateaubriand  (Gallimard)
1989 Garçon de quoi écrire, entretiens avec François Sureau  (Gallimard)
1991 Histoire du Juif errant, roman  (Gallimard)
1992 Tant que vous penserez à moi, entretiens avec Emmanuel Berl  (Grasset)
1994 La Douane de mer, roman  (Gallimard)
1996 Presque rien sur presque tout, roman  (Gallimard)
1997 Casimir mène la grande vie, roman  (Gallimard)
1997 Une autre histoire de la littérature française. Tome I  (Éd. Nil)
1998 Une autre histoire de la littérature française. Tome II  (Éd. Nil)
1999 Le rapport Gabriel, roman  (Gallimard)
2001 Voyez comme on danse  (Robert Laffont)
2002 C'était bien  (Gallimard)
2003 Et toi mon cœur pourquoi bats-tu  (Robert Laffont)
2005 Une fête en larmes  (Robert Laffont)
2006 La Création du monde  (Robert Laffont)

Publié dans anthologie

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Paulo Coelho

Publié le par gentle

Anthologie vous présente en ce matin du 29 décembre un auteur que j'ai aimé lire, le tout premier est comme chacun d'entre vous le sait est l'alchimiste, voyage au bout de des rêves l'Egypte est les pyramides. Mais ce n'est pas tellement celui qui m'a plu c'est "sur le bord de la rivière Piedra" lui m'a littéralement envouté page après page je n'ai pu quitter le livre tellement j'étais pris dans livre, j'étais à la fois le personnage et le lecteur. Donc là encore allez à sa rencontre, gravissez « la cinquième montagne », suivez le guerrier de la lumière, vivez votre légende personnelle afin de rien regretter

Armando

Paulo Coelho

samedi 1er mars 2003.
 
Pourquoi Paulo Coelho est un véritable guerrier de la lumière...

Paulo Coelho : L’Alchimiste
Paulo Coelho : L’Alchimiste
Editions Anne Carrière,

Pour des millions de lecteurs dans le monde, ce livre a été une révélation : la clef d'une quête spirituelle que chacun de nous peut entreprendre, l'invitation à suivre son rêve pour y trouver sa vérité.

"L'Alchimiste" est le récit d'une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d'un trésor enfoui au pied des pyramides. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son cœur, à lire les signes du destin et par-dessus tout à aller au bout de son rêve.

Destiné à l'enfant que chaque être cache en lui, L'Alchimiste est un merveilleux conte philosophique, souvent comparé aux classiques du genre - « Le Petit Prince », « Jonathan Livingston le goéland » -, ce livre, devenu best-seller international, a valu en France le Grand Prix des lectrices de « Elle » à l'auteur du « Pèlerin de Compostelle » et de « La Cinquième Montagne ».


Paulo Coelho : Manuel du Guerrier de la Lumière
Paulo Coelho : Manuel du Guerrier de la Lumière
Editions Anne Carrière,
Paulo Coelho : La Cinquième Montagne
Paulo Coelho : La Cinquième Montagne
Editions Anne Carrière
Paulo Coelho : Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré
Paulo Coelho : Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré
Editions Anne Carrière,
Paulo Coelho en hippie
Paulo Coelho en hippie
Je vous y vois déjà... quoi, le Panorama du Livre, une librairie et un site de véritables libraires indépendants et n’hésitant pas à être impertinents sacrifie au culte de l’auteur actuel le plus lu au monde !... Alors, trop facile comme choix du mois ?... pas si sûr...

Paulo Coelho, de l’ombre à la lumière

Monsieur Coelho n’a pas toujours été ce sympathique quinquagénaire à la barbe blanche et au sourire bienveillant.

Il est né au Brésil, pays du foot et des cariocas et plus précisément à Rio de Janeiro en 1947 - une ville encore plus connut pour son taux de criminalité que pour ses plages.

Au sujet de son enfance et de sa jeunesse, on sait peu de choses si ce n’est qu’il ne fut pas toujours aussi fervent catholique qu’il semble l’être depuis son pèlerinage à Compostelle en 1986.

Bien au contraire, ce futur écrivain à succès était plutôt connut pour avoir expérimenté tout ce était humainement possible d’expérimenter en terme de drogues et de sectes plus ou moins satanique... ce qui lui valut divers internement dans un asile psychiatrique entre 1966 et 1968 (regardez la photo, ça change non ?!)

Question d’époque ?... plutôt question de recherche... ce grand mystique, en perpétuel quête de savoir et de signes du très Haut, à dû - comme il l’a écrit lui-même - descendre au plus profond de lui-même (et de l’enfer) et rejeter jusqu’à l’idée même de divinité afin de pouvoir se construire en homme libre.

Il fut donc, au grès des années : hippie, dramaturge, metteur en scène et compositeur pour des stars pops du moment comme l’excellentissime Elis Règina.

Ecrivain, il ne le réalisa que sur le tard, après un voyage ou plutôt un pèlerinage à Compostelle (1986) où, dit-il, il a compris le sens de sa ’légende personnelle’ et l’a enfin mis en pratique... en revenant vers la lumière...

Quelques années plus tard, en 1994, la maison d’édition Anne Carrière lui donne la chance de publier en France l’Alchimiste, une histoire de berger cherchant à réaliser sa propre quête intérieur et c’est le succès.

Un succès international puisqu’il est publié en 55 langues dans plus de 140 pays et est actuellement l’auteur contemporain le plus lu au Monde.

En parcourant Internet, on trouve d’innombrables sites d’illustres inconnus qui, tous, le porte aux nus comme étant l’auteur qui a transformé leur existence...

Paulo Coelho, le langage de la simplicité

Alors pourquoi fait-il autant d’émules... certainement parce qu’il a eu la très bonne idée d’écrire ses romans dans un style limpide, facile à la compréhension, d’aucuns disent simpliste...

Néanmoins ce style lui a permit de renouer avec un style littéraire des plus rafraîchissant et ce faisant, d’intéresser à la lecture un large panel de lecteurs.

Sur ce point, il a vu juste, car la lecture ne devrait jamais être réservée à une élite.

Ainsi, en énonçant des paraboles toutes simples : la lutte entre le bien et le mal, comment se réaliser en tant qu’être humain libre, ressentir le divin au fond de soi, écouter son intuition, Paulo Coelho a touché du doigt le mal-être ambiant de la société actuel : la perte des repères familiaux, religieux et sexuels, la rentabilité à outrance, le non-respect de la qualité du temps qui passe... comment alors s’étonner que ses romans remportent autant de succès ?

Il apporte une réponse et se révèle être un guide pour ceux et celles qui ne savent plus vers qui se tourner et voit en lui, un maître à penser, un véritable philosophe...

Paulo Coelho, philosophe du XXIème siècle ou Gourou de secte ?

Et c’est bien là où le bas blesse. L’engouement suscité par cet homme rejoint presque l’engouement que certains voient dans un gourou de secte. Que les choses soient claires, il s’en défend vigoureusement.

Néanmoins, plusieurs éléments dans ses textes rejoignent une vision plutôt animiste et charismatique de la divinité (Sur le bord de la rivière Piedra...) mais on peut y voir là, plus que le développement d’une quelconque théorie, l’influence de ses origines brésiliennes, le peuple brésilien étant un peuple hautement charismatique...

Rendons à César...

Mais rendons à césar... et laissons-le lui-même s’expliquer :

-  Comment vous voyez-vous vous-même ? Comme écrivain, maître, prophète ?
-  (Rires) Je suis écrivain. Je ne me permettrais jamais de jouer le rôle de Maître - je n’en aurais d’ailleurs pas la patience. Un prophète ? En aucun cas ! Non, je suis un pèlerin. A la façon de ces poètes des temps anciens qui étaient toujours en chemin, pour apprendre à connaître les différentes cultures. (extrait de l’interview de Construire N°31 du 3/08/99)

Alors ne boudons pas notre plaisir de lecture et redécouvrons ses textes en essayant de nous rappeler que leur véritable but est, avant tout, de nous divertir et avant de cracher sur cet auteur atypique, n’oublions que sa grande réussite - et on peut l’en remercier - a été d’intéresser à la lecture à grand nombre de personne !

Le site officiel : http://www.paulocoelho.com

Un site de citation extraites de ses livres : http://membres.lycos.fr/dulcie/

Paulo Coelho
Paulo Coelho

Publié dans anthologie

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Amin Maalouf : Le conteur

Publié le par gentle

Bonsoir, dans la catégorie écrivain étranger je vous présente Amin Maalouf. J'ai lu de lui "le rocher de Tanios", et "les jardins de lumière", que je vous conseille d'ailleurs à toutes et à tous. Deux livres que j'ai beaucoup aimés. Voilà un écrivain talentueux qui sait manier les mots à merveille et vous entraîne dans un monde magique
Bonne lecture
Armando


Achetez-le sur Amazon

 

Éditions J.C. Lattès et Livre de poche.

 

Lorsqu'on emploie les mots « manichéen » ou « manichéisme », on songe rarement à Mani, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIe siècle, que les Chinois nommaient Le Bouddha de lumière et les Égyptiens L'Apôtre de Jésus. Bien loin des jugements tranchés et sans appel auxquels on l'associe, sa philosophie tolérante et humaniste visa à concilier les religions de son temps. Elle lui valut les persécutions, le supplice, la haine. Mille ans après, l'accusation de manichéisme conduisait encore les Albigeois au bûcher...

Toujours avec un souci authentique de lier l'histoire au roman, Amin Maalouf réussit à nous transporter avec brio au temps de Mani, ce prophète qui prônait la tolérance envers toutes les religions et les cultures. Il redéfinit le manichéisme dont le sens premier a été totalement déformé et transformé. Il décrit comment l'homme, s'est fait persécuter en tentant de diffuser l'amour de tous les hommes, quels qu'ils soient, aux différents peuples de l'époque. Approche parfois difficile, peut-être un des livres les moins faciles à aborder, mais très instructif.

Né dans un Liban déchiré par les fanatismes, nul mieux que l'auteur de Léon l'Africain, de Samarcande (prix des Maisons de la Presse 1988), et du Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993), ne pouvait raconter l'aventure de cette existence.


Amin Maalouf est né à Beyrouth (Liban) en 1949. De langue arabe et de culture française, il écrit pourtant en français. Son père était auteur, professeur et journaliste.

Élève des écoles de Jésuites à Beyrouth, Amin Maalouf étudie la sociologie et les sciences économiques, continuant la longue tradition familiale et se lancera dans le journalisme. Il débute en écrivant divers articles de politique internationale dans les colonnes du quotidien Al-Nahar.

En 1976, alors que la guerre civile déchire son pays, il part pour la France avec son épouse et ses trois enfants, où il devient rédacteur en chef de Jeune Afrique en poursuivant sa carrière de journaliste. Cela l'amène à couvrir de nombreux événements, de la guerre du Vietnam à la révolution iranienne, et à parcourir pour des reportages une soixantaine de pays, soit l'Inde, le Bengladesh, l'Éthiopie, la Somalie, le Kenya, le Yémen et l'Algérie.

En 1985, après le succès des Croisades vues par les arabes, Amin Maalouf renonce au journalisme pour se consacrer entièrement à l'écriture. Il est installé dans une petite maison de pêcheur sur l’île française d’Yeu.

Il est l'auteur de nombreux romans qui ont pour cadre le Moyen Orient, l'Afrique et le monde méditerranéen.

Ses romans tentent de jeter un pont entre les mondes orientaux et occidentaux, dont il se réclame simultanément.
Ses livres ont été traduits en plus de 20 langues.

« Quand on a vécu au Liban, la première religion que l'on a, c'est la religion de la coexistence » affirme Amin Maalouf.

Amin Maalouf

dimanche 1er juin 2003.
 
Amin Maalouf (né en 1949 à Beyrouth), un journaliste du temps jadis en quête de vérité...

Amin Maalouf : Léon l’Africain
Amin Maalouf : Léon l’Africain
Editions le livre de Poche, EAN : 9782253041931, 5.50 €
Amin Maalouf : Le rocher de Tanios
Amin Maalouf : Le rocher de Tanios
Editions le livre de Poche, EAN : 9782253138914, 5 €
Amin Maalouf, le conteur

"Pour connaître le monde, il suffit de l’écouter. Ce que l’on voit dans les voyages n’est jamais qu’un trompe-l’oeil. Des ombres à la poursuite d’autres ombres." le périple de Baldassare

Amin Maalouf est tout d’abords un merveilleux conteur et cela explique certainement une grande partie de sa popularité.

Ces romans sont passionnants et foisonnants de détails historiques à tel point que l’on a parfois du mal à croire que ses personnages sont purement fictifs. Son style soutenu ne laisse rien au hasard mais reste néanmoins accessible à tous les lecteurs.

Il est indéniable que son impressionnante érudition y est pour beaucoup mais cela n’explique pas tout. Son passé de journaliste lui a aussi permis d’avoir un regard très spécifique sur le monde : à la fois précis et à la portée de tous car écrit Pour tous.

En effet, Amin Maalouf ne conçoit pas l’écriture comme un métier de culture qui serait réservé à un petit nombre : "Quand je commence à écrire, je sens toujours que je m’adresse aux lecteurs" (propos recueilli par Hamidou Dia).

Ces romans se situent dans un passé historique sur lequel il a longuement travaillé avant d’écrire la moindre ligne. Ainsi, il devient à la fois un véritable journaliste des chroniques du passé et un véritable conteur de par l’exotisme et la richesse de ses écrits. Exilé lui-même, intègre et pointilleux comme il sait l’être, il ne pouvait pas ne pas montrer du doigt à travers ses romans l’absurdité et la répétitions des haines entretenues ...

Pour connaître l’avenir, penche-toi sur le passé...

"Lorsque la foi devient haineuse, bénis soient ceux qui doutent !" Le périple de Baldassare, "Toutes les langues, toutes les prières, m’appartiennent, je n’appartiens à aucune" Léon l’Africain

Chacun des romans d’Amin Maalouf montre l’absurdité des conflits identitaires et religieux.

Que ce soit dans Les Croisades vues par les Arabes, dans Léon l’Africain ou à travers l’histoire de Tanios dans le Rocher de Tanios, ce romans entremêlent l’histoire propre de ses héros et celle, implacable de notre histoire commune.

Sa vision intégre du monde issu de son métier de journaliste s’exprime clairement dans les différents récits des politiques en oeuvre que ce soit au temps des croisades, au XVIème siècle ou au XIXème.

Ce qui frappe c’est la répétition constante des horreurs causées par le fanatisme, le racisme et la stupidité humaine comme si l’Histoire n’était qu’un éternel recommencement jusqu’au jour où l’Homme apprendra enfin à ouvrir véritablement son coeur à la tolérance dans une "vision d’une humanité à la fois fondamentalement une et respectueuse de toutes les différences". (Propos recueilli par Hamidou Dia)

Amin Maalouf et la quête identitaire

"Ton destin s’arrête où ta vie commence" le Rocher de Tanios, "N’hésite jamais à t’éloigner , au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances" Léon l’Africain

Ce qui frappe chez les héros de ses romans c’est qu’il sont eux-même, à un moment ou un autre de leur vie des étrangers sur leur propre terre, des être en rupture avec leur culture d’origine. Tout comme Amin Maalouf, lui-même exilé. Frappé par le destin et /ou la main de Dieu, ses personnages n’ont qu’un seul choix possible : celui d’accepter la fatalité ou de s’exiler pour refuser d’être témoin et complice de faits qu’ils réprouvent que soient au niveau historique global (Léon l’Africain) ou au niveau personnel (le Rocher de Tanios).

Les personnages d’Amin Maalouf s’exilent non pour fuir mais pour être maître de leurs propres destins. Ils partent pour se trouver et être fidèle à leur coeur, un coeur épris de justice, de fraternité et de paix... un beau rêve ?!

Amin Maalouf
Amin Maalouf

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Princesse Ottomane

Publié le par gentle

Toujours chez panorama du livre pour vous présenter ou re présenter Kénize Mourad, elle est l'auteur d'une série de livre dont bien entendu le célèbre" De la part de la princesse morte j'ai trouvé pour ma part ce livre somptueux, elle y parle de sa mère, avec une infinie tendresse, la dernière sultane Ottomane. Elle nous entraîne dans son univers, page après page vous vous laissez griser par ce formidable roman. Femme de tête autant que femme de coeur : lisez ce petit commentaire j'ai trouvé sur le net.

Armando

Quel est votre rapport avec l'argent? Très amusant. Je n'avais jamais gagné davantage qu'un salaire normal. Tout à coup, avec le succès de mon livre, j'ai touché le jackpot. Je me suis sentie terriblement coupable, par rapport à mon éducation et à mes anciennes valeurs gauchistes. Alors, j'en ai donné et j'en ai perdu beaucoup avant d'apprendre à m'en servir, simplement.

BIOGRAPHIE :

Princesse turque-ottomane née à Paris, de père indien et de mère turque.

Ella a étudié la psychologie et la sociologie à l'Université de Paris-Sorbonne.

Journaliste au "Nouvel Observateur" de 1970 à 1983, spécialiste du Moyen-Orient et du sous continent indien, Kénizé Mourad a couvert les guerres du Liban, les conflits israélo-palestinien, indo-pakistanais et du Bangladesh, la révolution iranienne.

Outre ses articles pour différents journaux (Match, Elle, Le Monde Diplomatique, le Journal de Genève et des émissions pour France Culture...), Kénizé Mourad est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "De la part de la princesse morte", publié en avril 1987 et traduit en 23 langues et "Le jardin de Badalpour" publié en mai 98, traduit en une dizaine de langues.

Kenizé Mourad

mardi 1er juillet 2003.

 
Son nom vous est peut-être déjà familier... elle est l’auteur - jalousée - d’un roman qui s’est vendu à plus de 3 millions d’exemplaires dans notre seule pays : De la part de la princesse morte (1987). Témoin et conteuse d’une époque...

 

Kenizé Mourad : Le parfum de notre terre, Voix de Palestine et d’Israël
Kenizé Mourad : Le parfum de notre terre, Voix de Palestine et d’Israël
Editions Robert Laffont,
Kenizé Mourad : De la part de la princesse morte
Kenizé Mourad : De la part de la princesse morte
Editions le livre de Poche,
Kenizé Mourad : Le jardin de Baldapour
Kenizé Mourad : Le jardin de Baldapour
Editions le livre de Poche,
Dans De la part de la princesse morte (1987) elle conte une vie qui lui est chère, celle de sa mère, la Princesse Selma, fille d’une des dernière sultane ottomane de la Turquie des années 20 au Paris des années 40.

 

Un roman ? Non, une épopée fleuve plutôt et d’autant plus poignante qu’elle est vrai. La Princesse Selma fait partie de ces héroïne de romans qui vous émeuvent car décrite sans artifice et donc, tellement humaine... un magnifique témoignage d’amour d’une fille pour sa mère.

Après son succès, elle poursuivra avec Le jardin de Baldapour (1999) où elle retranscrira l’histoire de sa propre recherche d’identité et d’appartenance filiale pour, enfin, s’en libérer.

Kénizé Mourad est donc un auteur très particulier à la fois attachant et princier, grand reporter pendant 15 ans et fille de Rajah...

Elle est présente sur le Salon du Livre de Nice pour présenter son nouvel ouvrage : La parfum de notre terre, Voix de Palestine et d’Israël où, par le biais de témoignages des deux camps et en ces temps troublés, elle essaie de nous permettre de comprendre le lien cornélien liant les deux communautés. Un livre fort et audacieux.

Notre ’Grand Reporter’ à nous au Panorama du Livre se nomme Gilbert et il se trouve qu’il est un ami personnel de l’auteur. A ma demande, il a accepté de lui proposer une interview et elle a eu la gentillesse de l’accepter. Je m’efface donc et vous laisse savourer leur compagnie...

Entrevue au Salon du Livre de Nice

Chaleur accablante, que l’on retiendra pour cette 8ème édition de ce salon du livre de Nice et cependant particulièrement réussie, si ce n’est déjà par la présence d’une sélection particulièrement prestigieuse d’auteurs, qui nous font rêver. Parmi eux, Kenizé Mourad...

Cette interview sera singulièrement difficile à mener, car la présence de Kenizé -vous vous en doutez- fut très remarquée. Les moments de tranquillité furent très rares, les lecteurs enthousiastes de l’auteur mythique De la part de la princesse morte, se sont pressés autour d’elle, avec ce regard qui ne trompe pas...

A la question pourquoi ce livre, Kenizé Mourad nous rappellera que la question du Moyen-Orient reste un sujet essentiel concernant la paix dans le monde. Que le règlement de cette "épine planétaire" apaisera une partie non négligeable des tensions internationales, notamment le terrorisme.

Qu’elle est très étonnée des réactions des lecteurs de ce livre, qu’elle sait particulièrement délicat, que les avis sont très partagés et souvent passionnés en fonction des différentes cultures religieuses de chacun.

Que beaucoup liront ce livre non comme un témoignage à charge ou à décharge du problème israélo-palestinien, mais que devant les récits poignants et bouleversants des différents acteurs de ce conflit, certains prendront obligatoirement partis pour l’un des deux champs.

Qu’elle s’en trouve particulièrement désolée puisqu’elle s’est efforcée de relater d’une manière qu’elle pense objective, les histoires vécues d’Israéliens et Palestiniens, meurtris par les actes d’une violence inouïe, emprisonnés dans une impasse explosive...

Kenizé nous raconte comment survit Orit, dont la sœur a été tuée dans un attentat à Jérusalem, elle nous explique ensuite comment Jérémy, le rabbin, protège les paysans palestiniens des attaques des colons ; comment Itaï, l’officier israélien a choisi l’objection de conscience pour ne plus avoir de sang sur les mains.

Comment Leïla voit son plus jeune fils prendre le chemin de l’aîné, tué pendant la première Intifada ; comment Mohammed, l’Iman, est emprisonné et torturé parce qu’il invente des parfums, pourquoi Ahmed, le combattant, veut venger son frère écrasé par un bulldozer.

Kenizé Mourad, grâce à ces témoignages d’une vérité, d’une émotion et d’une force exceptionnelle, nous explique, qu’elle tente de nous faire comprendre ce qui rend la paix si difficile et pourquoi il est urgent d’écouter ceux qui se battent pour elle, des deux côtés.

A la sortie de cet entretien, mon sentiment respectueux devant cette femme extraordinaire, fut de penser qu’elle devrait encore écrire de nombreux autres témoignages percutants, si elle espérait tenter faire progresser les mentalités, concernant ce délicat sujet...

Kenizé Mourad
Kenizé Mourad

Publié dans anthologie

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Sarabande de couleur : Bleu, noir

Publié le par gentle

Connaissais par hasard Jean -Michel MAULPOIX, un écrivain extraordinaire. J'ai de lu de lui un petit bouquin qui s'appelle "une histoire de bleu" je peux vous dire sans aucune exagération que cet homme là écrit très bien. Il vous emmène dans son univers: lisez simplement ceci"Nous rêvons d'une terre bleue, d'une terre de couleur ronde, neuve comme au premier jour, et courbe ainsi qu'un corps de femme" ou encore " les femmes aux yeux noirs ont le regard bleu". Une lecture imagée, notre âme est comme détaché de notre corps et s'envole vers un ailleurs imaginaire où la mer d'un bleu profond nous envahit petit à petit, omniprésente, elle nous protège en même temps des aléas de la vie. De cette triste réalité où nous nous sommes enfermés comme d'autres sont enfermés dans une misère noire où leur seul horizon est la rue.
Armando


La nuit sera blanche et noire

par Jean-Michel Maulpoix

(extrait)

Texte paru dans  Musique, filiations et ruptures, éd. de la Cité de la Musique, automne 2005

 

(...)

Comme pour tailler la pierre ou le bois, moudre le grain, coudre le fil, et toutes les espèces de travaux humains, pour l’infini aussi l’homme a des gestes. Ce sont ses mains qui s’en occupent (et pas seulement lorsqu’elles se joignent), allant sur des touches ou des cordes, rendant un son très singulier…

Avec quels mots dire la musique ? Telle est la question toujours posée. La musique affole ou fait taire la parole. Résonner plus loin que tout raisonnement est sa « raison d’être » : faire entendre autre chose et tout autrement que ce que la parole donne à comprendre.

Désireux que la poésie rivalise avec la musique ­en sa prétention au « Mystère », Mallarmé s’y essaie. Et c’est alors comme le spectacle d’un effort désespérant de l’esprit que son désir le conduit à métaphoriser :

Les déchirures suprêmes instrumentales, conséquences d’enroulements transitoires, éclatent plus véridiques, à même, en argumentation de lumière, qu’aucun raisonnement tenu jamais. 

Quelle est cette « argumentation de lumière » ? Ou ce « lever d’un astre sombre, enfin contemplé avec joie et terreur par un esprit qui désespère de l’absolu[1] » ? Ou que sont les « falaises vierges de toute existence[2] » dont il invente la surrection ? Des oxymores pour faire silence ? Des soupirs, des pauses ?

Mallarmé, on le sait, ne se résigne pas. Le 10 janvier 1893, il écrit avec fermeté à Edmund Gosse :

 Je fais de la Musique, et appelle ainsi non celle qu’on peut tirer du rapprochement euphonique des mots, cette première condition va de soi ; mais de l’au-delà magiquement produit par certaines dispositions de la parole, où celle-ci ne reste qu’à l’état de moyen de communication matérielle avec le lecteur comme les touches du piano. Vraiment entre les lignes et au-dessus du regard cela se passe, en toute pureté, sans l’entremise de cordes à boyaux et de pistons comme à l’orchestre, qui est déjà industriel ; mais c’est la même chose que l’orchestre, sauf que littérairement ou silencieusement. 

Cet « au-delà magiquement produit par certaines dispositions de la parole » que Mallarmé jusqu’en ses vers appelle musique se donne à percevoir « entre les lignes et au-dessus du regard », « en toute pureté », c’est-à-dire dans l’oubli même des phrases et de leur sens, lorsque les mots redevenus pareils aux touches de quelque piano donnent à entendre plutôt qu’à comprendre. Il faut que leur sens brûle sous les doigts du poète.

 

Peut-être convient-il d’imaginer un œil capable de voir la musique quand elle s’enlève dans l’espace, invisible et très pure… Ou de songer à une oreille qui saurait la contempler, comme on contemple un paysage ou un tableau…

Et que dire du regard de ceux qui sont là, attentifs et silencieux, venus pour écouter, dans une église ou dans une salle de concert ? Ils semblent considérer le jeu du pianiste ou du violoniste, mais que regardent-ils en vérité, sinon ce qu’ils ne peuvent voir, comme lorsque sur la plage leurs yeux se posent sur la mer…

(...)

Publié dans anthologie

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Ecrire et lire encore et toujours

Publié le par gentle

 Je suis content de vous retrouver après ce réveillon, qui j'espère, a été pour vous festif et joyeux. La vie continue et je souhaite que pour toutes et tous et elle prendra un tour nouveau et que tout vos vœux et désir seront réalisés. Maintenant faut un peu se reposer en attendant le réveillon du jour de l'an qui marquera la fin de l'année 2006 qui a été j'espère pour vous tous meilleure que les précédentes, donc n'étant pas pessimiste mais parce que, d'après certaine personne de mon entourage, cela ne souhaite pas à l'avance j'attendrais donc que le jour vienne pour présenter mes vœux de fin d'année. Ce petit chant d’amour que je vous dédie pour vous remercier de vos visites sur mes deux blog

Armando

 

Le réveillon de noël est fini, vive le prochain

Dieu vous à comblé de ses bien faits

Qu’il en soit ainsi

Le reste de votre vie durant

 

La vie continue 

Et c’est cela qui compte

Puisse tous les enfants du monde

Ne plus connaître la souffrance

 

Puisse tous les enfants du monde rire

Qu’ils sèchent enfin leurs larmes

Et que naissent sur leurs visages un sourire

Que leurs cœurs connaissent l’amour et la joie

 

Puissions-nous écouter le chant d’allégresse

Qui monte du fond de notre âme

Afin que la vie allège notre vieillesse

Et qu’il adoucisse notre dernier voyage.





Lettres Intimes ou les messagères de la pensée

jeudi 21 décembre 2006.
 
En cette fin d’année 2006, les Editions Textuel nous proposent un splendide ouvrage consacré, le croirez-vous, à des lettres intimes ! Comment peut-on seulement envisager une telle publication à l’ère du texto, des SMS, des e-mail (courriel en français), de la conversation sonore, de l’écriture bâclée ?
Anne-Marie Springer : Lettres Intimes
Anne-Marie Springer : Lettres Intimes
Editions Textuel - Diffusion Seuil-Volumen,
Folie, sans aucun doute, anachronisme peut-être... mais cette démarche n’est finalement pas si absurde ni suicidaire que cela. Avez-vous remarqué cette accélération du temps, dictée par l’amoncellement des tâches à accomplir ? Cette course (que j’appellerais plus volontiers fuite), permet à peine à l’individu de glisser sur le dos des choses, sans prendre le temps d’avoir une ombre !

La femme possède toujours, malgré cette agitation superficielle, le sens de l’heure et le poids de chaque seconde. C’est sans doute pour cette raison qu’Anne-Marie Springer s’est mise, juste après la naissance de sa fille Zoé (1994) à collectionner des lettres qui parlaient à son émotion, à son regard secret.

L’homme oublie les sentiments, qui sont depuis toujours le ciment de nos existences. En cela, il s’éloigne de lui-même et laisse vide la coquille qu’il devait remplir. Mais c’est dans la chair du temps que l’être sculpte son visage intérieur et donne à son destin la récompense de la lumière.

L’heure n’appartient plus à ce vocabulaire qui donnait aux sentiments leurs habits de fête. Quand Anne-Marie Springer découvrit, chez un commissaire priseur, une lettre d’un jeune officier artilleur à Joséphine Beauharnais, elle eut une révélation.

On pouvait, soudain par la magie d’une missive, se retrouver de l’autre côté du miroir, où les écrits nous livraient la nature profonde et discrète des individus. "Je n’ai pas passé un jour sans t’aimer, écrivait Bonaparte, je n’ai pas passé une nuit sans te serrer dans mes bras, je n’ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l’ambition qui me tiennent éloigné de l’âme de ma vie". Que d’émotions contenues dans ces quelques lignes !

Certaines écritures tentent de résister au déchiffrage, tandis que d’autres documents cachent une date, un lieu... Puzzle où l’on trouve parfois l’indice manquant d’une biographie, ou bien c’est une liaison insoupçonnée qui se fait jour, ou bien encore il s’agit d’un éclairage sur une personne ayant jouée un rôle important et que l’histoire, par pudeur ou stratégie, laissait dans l’ombre des jours.

Il existe aussi des lettres qui jouent à cache-cache. Elles disparaissent durant de longues périodes, parfois des siècles et au moment où elles sont considérées comme définitivement perdues, elles font irruption dans les lieux les plus insolites ou les plus divers.

Avec l’emploi des moyens de communication qui ne nécessite plus ni le papier, ni l’encre, où l’homme devait former lettre après lettre, mot après mot, phrase après phrase, le déroulement de sa pensée, l’écriture phonétique domine le sujet, les codes et abréviations pulvérisent la musique et le paysage de la langue, pour la réduire à quelques signes utiles et rapides.

Les correspondances se raréfient, et le vide s’installe peu à peu entre les êtres, ne laissant à cet espace terrible que le battement inutile d’un temps qui frappe ses coups le noir où sommeille la chute ! Mais en ouvrant cet ouvrage magnifique, où chaque page recèle un trésor, un étonnement, une découverte, vous entrerez dans le monde magique de la pensée.

Soulignons que l’édition de ce livre a bénéficié du soutien de la Fondation d’entreprise de la Poste, ainsi que la Fondation Martin Bodmer www.fondationbodmer.org.

Laissez-vous emporter par le charme de l’écriture manuscrite, par la danse des mots, le rythme des phrases. Le cœur des hommes est dans chacun de ses documents.

Un cadeau éternel et magique !

Alfred de Vigny à Auguste Froustey-Bouvard, le 27 septembre 1862 : (C’est en 1858 que commence la liaison d’Alfred de Vigny avec son « dernier amour » : Augusta Froustey-Bouvard (1836-1882) dont une cinquantaine de lettres nous gardent le témoignage. Elle a vingt deux ans, lui en a soixante et un). "... Mon ange, je veux te surprendre un matin, mais je te dirai l’heure afin que nous soyons seuls, bien seuls, et les portes fermées et les clefs en dedans. Nous avons tant à dire ! Non, va, je ne te surprendrai pas, j’aurais trop de chagrin de ne pas être seul avec toi. J’ai été bien plus malade à cette rechute que la première fois. Les poisons ont cessé enfin et je sens que ma saine nature reprend ses forces primitives. Je ne veux pas brûler mes yeux ce soir, je vais tâcher de dormir. Non, il faut encore que je te demande les poèmes de moi que tu veux. De ceux que je vais te nommer lesquels connais-tu ? La Maison du Berger, La Sauvage, La Mort du loup, la Flûte, Le Mont des Oliviers, La Bouteille à la mer. Etc... Je te les lirai dans notre lit et tu me donneras un baiser pour chaque vers qui t’aura émue dans ton cœur. N’est-ce pas ?

Publié dans anthologie

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Soie

Publié le par gentle

Cette nuit j'ai du mal à dormir, j'ai beau me tourner et retourner dans mon lit, rien n'y fait même si je m'efforce de ne penser à rien, de fermer mon esprit aux pensées qui l'atteignent, aux idées qui surgissent sans crier gare. Que faire donc dans ces cas là ? Je me lève et je ne te bouscule pas... mais que dis-je, non je branche mon pc et je vais sur le net à la recherche de nouveauté littéraire qui serait susceptible de vous plaire. Et là, surprise je trouve ce petit livre qui à l'air tout à fait intéressant à lire, là aussi le titre laisse suggérer un moment d'émotion, teinté de tendresse et d'invitation au voyage dans des contrées lointains, en l'occurrence le pays du soleil levant. Soie fait penser à la légèreté, à quelque chose de toute à fait féminin par la grâce de la matière.
Armando




Soie d’Alessandro Baricco : légèreté d’une plume et fermeté du ton...

samedi 1er mai 2004.
 
Auteur tout en contraste et en nuance, Alessandro Baricco - prix Médicis étranger en 1995 pour son roman Les Châteaux de la colère - atteint avec Soie une pureté inouï dans l’art d’écrire des romans comme d’autres écrivent des partitions de musique.
Alessandro BARICCO : Soie
Alessandro BARICCO : Soie
Editions Gallimard, Folio,
Voyage au pays d’un écrivain italien hors du commun...

Soie, un petit mot qui contient pourtant tant de promesse... promesse de douceur et d’évanescence ; promesse de luxe et de froideur ; promesse de patience et de fragilité. Un petit mot qui contient un univers... tout comme le roman du même titre d’Alessandro Baricco.

Certains le connaissent sans doute par le biais de ses oeuvres : Les Châteaux de la colère ou Novecentro : Pianiste ou encore Sans Sang (critique juin 2003) mais ici nous nous intéresserons uniquement à Soie qui - en ce qui me concerne - représente la quintessence de l’oeuvre de ce romancier éclectique.

Alessandro Baricco est né à Turin en 1958. Amoureux de littérature et de musique, il fut avant tout musicien et critique musical. Son amour des lettres le poussera néanmoins à fonder en 1994 avec des amis une école d’écriture dénommée Holden.

Chatoiement d’étoffe de soie orangée

Adulé en Italie depuis la sortie de Soie en 1996, il anime désormais deux émissions de télévision, l’une sur l’opéra et l’autre sur la littérature. On ne peut donc rêver homme plus indissociable de la musique des mots ou de ces rythmes et de ces silences.

Lire un roman d’Alessandro Baricco, c’est à chaque fois plonger dans un univers fait de doutes, de pauses et de contrastes. C’est aussi plonger dans des univers totalement étrangers les uns des autres.

Soie est un petit roman, 140 pages tout au plus dans son format de poche qui renferme une histoire en apparence fort simple. C’est l’histoire d’un homme qui vit de la culture des vers à soie et qui - après la dévastation des productions contaminées par une épidémie - se rend au Japon afin d’y acheter des cocons sains.

Il s’embarque donc pour ces Iles du bout du monde et y rencontre un homme et une femme. Une femme dont le simple regard, transformera sa vie dans un chatoiement d’étoffe de soie orangée. Une soie si fine, qu’à la tenir dans la main, on ne sent rien.

L’intégralité du roman ressemble à cette soie : ténue et évanescente. Résistante et fragile, comme la vie, comme l’amour, comme la trahison, comme le doute.

Comme la calligraphie japonaise, à la fois ferme et douce. Petites touches posées sur un délicat papier de riz qui disent la lente mélopée de la vie, le retour des saisons, le temps qui passe, immuable...

Et c’est avec ses quelque mots que je vais vous laisser en compagnie de cet ouvrage, envoûtant et magique qui apportera chez vous la douceur d’un fil de soie ..

Publié dans anthologie

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La Loire et ses poètes

Publié le par gentle 13

De temps en temps apparaît sur le web des auteurs dont on n'avait jamais entendu parler, mais qui pourtant mérite de l'être, grâce à Victor VARJAC et à votre humble serviteur cela est chose faite. La poésie se trouve partout et les poètes savent la mettre en valeur par la facilité qu'ils ont à touver les mots et en faire un art tout à fait sublime. Pas la peine de s'appeler HUGO, BALZAC ou autre pour être un poète digne de ce nom. La poésie moderne a autant de valeur que celle de VERLAINE ou RAIMBAUD même si on ne peut les comparer parce que ces hommes resteront unique et à jamais graver dans nos mémoires. Mais de puis que je m'intéresse à la poésie j'ai découvert un tas de poète qui me font rêver quand je lis soit un livre soit quelque vers d'eux, comme  Henri Michaux dans "la vie dans les plis" un petit recueil de poésie tout à fait superbe à lire. D'ailleurs à se sujet je reviendrais vous en parler plus en détail la prochaine fois. Bonne lecture à vous toutes et tous qui me suivez ici où sur passionpoésie, ma porte et ouverte.
Amicalement
Armando



La Loire et ses Poètes ou La respiration d’un fleuve à travers les siècles

mercredi 15 novembre 2006.
 
Christian Pirot est un poète-éditeur profondément enraciné dans sa région, sans doute l’une des plus rêveuses de France : le Val de Loire. Mais quand on aime aussi profondément le Verbe, comment ne pas tomber amoureux d’un fleuve qui ressemble, à s’y méprendre, à un admirable et immortel poème ?
André Bourin : La Loire et ses poètes Anthologie
André Bourin : La Loire et ses poètes Anthologie
Edition Christian Pirot,
De la contemplation à l’action, il n’y avait qu’un pas et Christian Pirot le franchit sans difficulté en créant une anthologie à la mesure de sa passion.

Ainsi vient de paraître, la Loire et ses poètes préfacé par André Bourin, homme de lettres et de coeur. Vers et prose, dans cet ouvrage magnifique, nous invitent à une longue rêverie où le lecteur croise les plus grandes plumes de notre littérature. Car, ne nous y trompons pas, la Loire est bien plus qu’un fleuve, fut-ce le plus long de notre beau pays de France, il est cet artiste insupportable et merveilleux qui, entre deux bancs de sable, vient vous parler au plus intime de votre être.

La Loire exerce son pouvoir de séduction depuis toujours, offrant aux voyageurs, une diversité incroyable, un caractère hors du commun qui lui fit refuser avec force et rage, ces murs de béton que l’on appelle barrage, sous le prétexte fallacieux d’apaiser, de contenir, d’aseptiser l’humeur de cette conquérante au coeur d’or !

Face à tant de beauté, de caractère, de dons et de douceur, nos grands artistes n’ont pu retenir leurs plumes. Ainsi Honoré de Balzac, Charles d’Orléans, Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay, Gustave Flaubert, François René de Chateaubriand, Alfred de Vigny, Jean de La Fontaine pour ne citer que quelques noms au hasard des pages.

Le grand Victor Hugo rendant visite à son père nous gratifia de quelques pages à retenir. Plus près de nous, Paul fort, Julien Gracq, Jacques Lacarrière, et naturellement Maurice Genevoix dont l’oeuvre se trouve enchâssée dans ces paysages. Pour faciliter la confidence, tous ces hommes de lettres nous convient à leur table, le regard et l’âme emplis de cette respiration où le temps prolonge son existence !

J’avoue qu’il est impossible de résister à tant de joies qui sont autant d’invitations à découvrir ou redécouvrir les oeuvres de ces écrivains mais aussi de boucler sa valise et de se rendre sur place pour tutoyer la Loire.

Plus qu’un guide touristique, cette anthologie particulièrement originale vous entraînera au fil des pages, au rythme du courant, à la découverte des lieux qu’il vous tardera de connaître. Est-ce un « hasard » si en novembre 2000, l’Unesco inscrivait au patrimoine culturel de l’humanité, le Val de Loire et son fleuve indomptable et merveilleux ? Il ne me reste, cher lecteur, qu’à vous souhaiter « bon voyage » !

Maurice Bédel : "la Loire est un beau fleuve orgueilleux de soi-même, un peu paon paonnant, se prélassant et, quand il fait très chaud s’arrêtant presque dans sa marche par manière de bon ton. Nul barrage à sa molle fantaisie, nulle turbine à sa paresse. Il ne faut lui demander ni de fabriquer des électricités, ni d’animer des roues, des volants, des courroies. ‘La Loire ne sert à rien d’autre qu’à être belle’, disait un de mes amis finlandais à ses compatriotes étonnés : ces habitants d’un pays où les fleuves ne sont point des cours d’eau mais des forces motrices admettaient difficilement qu’une si grande rivière ne précipitât point ses eaux dans des usines hydroélectriques. Elle sert à être belle ; elle rappelle à l’homme qu’il a besoin de beauté plus que jamais en des temps où l’utilité l’emporte sur la fantaisie, le pratique sur le désinvolte. Il faut aller à la Loire comme à une eau de cure : on s’y guérit des atteintes de la vulgarité et de la grossièreté. Faites une cure de Loire, aimerait-on à conseiller aux surmenés de l’industrie et de la finance, aux fiévreux de la politique. Allez baigner votre jugement désaxé dans l’air tiède de cette harmonieuse vallée de France ; plongez vos mains brûlantes dans cette eau sans remous."

Eugène Bizeau : La lanterne de Rochecorbon

"Ce vieux phare aux yeux morts dominant sur la Loire
Guidait les grands bateaux chargés de lourds colis
Et les deux tonneaux ventrus taillés à la doloire,
Qui fleuraient bon le vin dont ils étaient remplis.

Sa lumière avec peine éclairait l’ombre noire,
Ainsi qu’un ver luisant sans le brouillard des nuits,
Mais les fiers mariniers, qui savaient rire et boire,
Chantaient la torche en main pour chasser leurs ennuis.

Ils chantaient plus encore en accostant la berge,
Où dansaient avec eux les filles de l’auberge,
Au pied d’un vert coteau planté de ceps tortus ;

Et d’après un luron, conteur de balivernes,
Les dames de jadis ont risqué leur vertu...
Plus d’une fois, le soir, autour de la lanterne."

Publié dans anthologie

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L'homme et la mer

Publié le par gentle

Voilà encore une découverte que je viens de faire aujourd'hui, ne serait -ce que le titre nous invite au voyage, à découvrir l'auteur et lire son livre. Le jeu de mot "vague à l'âme" nous fait il penser à quoi ? Pour cela ne faut il pas se le procurer afin d'en découvrir davantage et de se faire sa propre opinion !
Gentle 13



Vague à lames ou Les voix de l’infini

lundi 27 novembre 2006.
 
Les éditions Mélis nous proposent une anthologie consacrée à la mer dans tous ses états. Avec l’automne, jeté brutalement sur nos épaules, après une arrière-saison exceptionnelle, l’ouvrage vague à lames est le bienvenu, il prolongera nos heures estivales jusqu’au coeur de l’hiver.
Luciano Mélis : Vague à lames
Luciano Mélis : Vague à lames

Luciano Mélis a souvent « la main heureuse » et cette anthologie, véritable hommage à la mer et à leurs auteurs, n’est autre qu’un splendide chant d’amour.

Mer éternelle et sans cesse recommencée, vagues à naître et toujours expirantes, voix enchâssées dans l’espace, notre coeur n’est-il pas à l’unisson de ce rythme admirable, au centre même de la création ?

Choisir fut, sans aucun doute, le mot clé de ce recueil. La mer, l’océan incarnent depuis la nuit des temps, le voyage, l’aventure, le danger mais aussi la découverte de cette Terra

Incognita qui se cache, assurément, de l’autre côté du monde !! Dans ces conditions, comment choisir à travers les siècles, l’écrivain ou le poète qui entrera dans cet ouvrage ? Luciano Mélis décida de s’entourer d’auteurs contemporains, mais il poussa le pari bien plus loin, en retenant une majorité de poètes vivants.

Selon les habitudes de l’édition, afin de ne pas prendre de risques ou de les minimiser au maximum, le choix se porte sur des valeurs sûres, c’est-à-dire reconnues, et l’on retrouve toujours les mêmes noms et à peu près les mêmes pages ! Cette fois, le lecteur entrera dans son époque et il sera, sans aucun doute, surpris, par la qualité, l’originalité, la diversité de ce vingtième siècle ainsi que des premiers pas de notre vingt et unième.

L’encre bleue utilisée dans ce recueil nous rappelle l’élément liquide sur lequel notre regard se pose et donne au livre cette touche délicate où murmure déjà le vent du large.

Sur la première de couverture, l’illustration de Katsuhika Hokusai, nous pousse avec la force de l’élégance dans les bras de l’infini. Les voix, de cet ouvrage, consacrées à un des éléments essentiels de notre existence terrestre, ne peuvent manquer de vous entraîner hors du quotidien, au-delà de l’hiver, en des lieux où le chant des sirènes vous fera conquérant ! À lire absolument.

Jean Orizet Usure d’océans

"Combien de temps faudra-t-il à la roche
pour devenir galet ?
Combien de temps faudra-t-il au galet
pour devenir sable ?
Combien de temps faudra-t-il au corail
pour devenir squelette et poudre ?
Combien de temps faudra-t-il au bois flotté
pour n’être que souvenir ligneux ?
L’océan connaît les réponses à ces questions,
mais combien de temps faudra-t-il
pour apprendre la langue océan ?"

Publié dans anthologie

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